Interview de Alex Hoyau, fondateur de Silex
Sommaire
- 1 Interview de Alex Hoyau, fondateur de Silex
- 2 Présentation des invités
- 3 La licence de Silex
- 4 A quoi sert Silex et qui l’utilise ?
- 5 Qu’est-ce que l’éco-conception des sites internet ?
- 6 Silex et les standards du web
- 7 L’association Silex labs
- 8 On peut faire de l’argent avec le logiciel libre
- 9 La gouvernance de Silex
- 10 La communauté des utilisateurs de Silex
- 11 Les défis à venir pour Silex
- 12 Panorama des solutions pour faire des sites en 2002
- 13 Présenter Silex a une personne qui fait du No-code/Low-code
- 14 Comment présenter Silex a une personne qui n’a pas beaucoup de compétences en informatique
- 15 Les mots de la fin
- 16 Licence
Walid: bienvenue à toutes et à tous, nouvel épisode de Projets Libres!. On va reparler de No-code. Et aujourd’hui, avec mes deux invités, on va reprendre le fil d’une discussion qu’on a commencé dans l’épisode 2 de la saison 14, où on parlait de No-code et logiciels libres, on évoquait un outil qui s’appelle Silex, sur lequel on disait qu’on ne savait pas grand-chose. Et bien, ça tombe bien aujourd’hui, puisque pour en parler, j’ai Alex Hoyau, qui est le fondateur de Silex. Et pour continuer la discussion, j’ai aussi Alexis Kovalenko, que je vais laisser se représenter après. Donc tous les trois, on fait partie de la communauté No-code francophone. Voilà, et donc ça va être sympa, on va parler de Silex et on va essayer d’en savoir beaucoup plus sur cet outil qui est un outil qui existe depuis très longtemps. Eh bien, Alexis et Alex, il ne faut pas que je me trompe, j’espère que vous allez bien et bienvenue sur Projets Libres!.
Alex: salut Projets Libres !
Alexis: merci.
Présentation des invités
Walid: cool. Pour commencer, Alexis, est-ce que tu veux bien te représenter s’il te plaît rapidement pour les auditrices et les auditeurs qui n’auraient pas écouté l’épisode sur No-code et logiciels libres ?
Alexis: merci beaucoup Walid, encore une fois pour l’invitation, et j’ai hâte d’en savoir plus sur Silex et sur l’histoire. Moi je m’appelle Alexis, je suis un des cofondateurs d’une société qui s’appelle Contournement, on fait de la formation aux outils No-code, plus les outils d’ops que les outils de site web, etc. J’ai aussi cofondé la communauté No-Code France. Aujourd’hui je m’intéresse un peu plus spécifiquement à des outils d’IA, de génération de code, donc un autre volet du No-code un peu plus avancé autour du code, on va dire en quelque sorte, mais du code qui n’est pas écrit par des humains, mais plutôt par des machines, pour aider les No-codeurs et les No-codeuses à repousser justement un petit peu les limites des outils No-code. Et je suis là aussi un petit peu en tant que chroniqueur et archiviste, on va dire, du mouvement No-code. Donc très content de découvrir ce volet, parce que c’est vrai que ça fait un moment que j’ai dans mon radar et j’aimerais bien savoir l’histoire qu’il y a derrière.
Walid: moi aussi, j’aimerais bien savoir l’histoire qu’il y a derrière. Ça fait longtemps qu’on parle de Silex. Alex, je ne sais plus la première fois que je t’ai contacté, mais ça commence à faire un bail. Je te propose de commencer par te présenter, s’il te plaît.

Alex: avec plaisir. Moi, Alex Hoyau, j’ai cofondé le studio d’éco-conception Internet 2000. Et Silex aussi, il y a bien longtemps, bien avant Internet 2000. Et donc nous, ce qu’on fait actuellement, c’est qu’on utilise Silex pour faire des sites pour des clients. Donc on prend des gens en reconversion professionnelle et on les forme, ou bien des web designers plutôt designers que web, et on les forme en fait à un outil No-code qui est Silex, et puis à un autre outil No-code, un CMS, par exemple WordPress ou Strapi. Et puis on fait des sites avec pour des clients, et des sites éco-conçus. Donc, c’est le bon truc.
Walid: globalement, tu as quel profil, tu as quel bagage un peu et comment tu as découvert le libre ?
Alex: alors, moi, je suis ingénieur en informatique. Je suis développeur surtout depuis même avant d’être ingénieur en informatique, évidemment. Mais j’ai découvert le libre par hasard. En fait, j’ai toujours aimé, évidemment, SourceForge, les projets open source, etc. Mais j’ai découvert vraiment le libre avec Silex, en fait. C’est l’histoire de Silex. En 2002-2003, je faisais de la vidéo. J’étais à fond sur la détection dans les images de vidéos, de ce qui était vision numérique. Je cherchais du boulot. Je faisais aussi des filtres que j’essayais de mettre en avant, des filtres vidéo dans des logiciels d’édition vidéo que j’essayais de contacter des agences pour voir s’il n’y avait pas moyen de trouver du boulot comme ça. Et puis, pour mettre mes vidéos en ligne et les montrer aux agences, j’avais créé du petit programme en flash, parce qu’à l’époque, c’était (Adobe) Flash pour la vidéo sur Internet. Ce petit programme en flash, il me permettait de mettre mes vidéos en ligne, en fait. Et une fois, j’ai fait une démo à un gars en agence qui s’appelle Paul Goasdoué. Et Paul, il me disait, « ouais, dans ta vidéo, on n’y voit rien, elle est petite et tout ». Donc, moi, je fais clic droit, je me log in dans mon truc en flash, et puis j’agrandis la vidéo en… Un drag n drop, tu vois… je m’étais fait un petit truc pour moi, quoi. Et là, il m’arrête, il me dit « mais c’est quoi ce truc ? ». Et en fait, lui, en vrai, ce qu’il vendait, c’était des sites dans lesquels il voulait mettre de la vidéo et c’était hyper compliqué. Il faisait aussi des DVD, des trucs comme ça, des CD-ROM. Non, comment on appelait ça ? Ouais, des DVD-ROM ou des CD-ROM.
Alexis: CD-ROM, d’abord, ouais.
Alex: des CD-ROMs avec une interface et tout. Alors, c’était pour des films et des trucs à gros budget et tout. Et donc, quand il a vu ça, il a dit, « OK, bon, là, moi, ton filtre vidéo, je m’en fous. Mais par contre, essayons de faire un truc pour faire des sites ». Donc, c’était des sites en flash à l’époque. Ce n’était pas open source, rien du tout, parce qu’en fait, j’avais autre chose à foutre que de me demander ce que c’était. On essayait de vendre des sites faits avec ce truc-là qui était en ligne et tout. Puis finalement, de fil en aiguille, je me retrouve à discuter avec un mec de chez Apple et qui voit le truc et qui me dit, « mais là, il faut que tu viennes à Cupertino, tu vas nous présenter le truc, parce que pour nous, ça a du sens, la vidéo, machin ». On essaye, il y avait QuickTime qui essayait de concurrencer Flash. Moi, je ne comprends pas trop le pourquoi du comment. Je sors de là, je dis à mon pote, donc Pierre, je lui dis, écoute, Cupertino, c’est bien, ça doit être en Italie. Moi, je ne connaissais pas du tout ce monde-là. Je me dis, je vais… Je vais voir ma grand-mère dans le sud en passant, c’est bien, je prendrai le train et tout. Il me dit, « mais non, mais t’es fou, là, tu vas aux États-Unis. Là, la semaine prochaine, t’es parti aux États-Unis, t’es parti aux US, en fait ». Ah ouais, d’accord. Et donc, je me suis retrouvé avec Cupertino à faire des… Donc, le siège d’Apple, à faire des démos au développeur QuickTime. Et puis, finalement, ça monte le responsable de je ne sais pas quoi.
Je me retrouve avec le top peut-être 3 ou 4 d’Apple à faire des démos de mon truc.
Et puis, au final, je me retrouve avec le top peut-être 3 ou 4 d’Apple à faire des démos de mon truc, sans savoir pourquoi ils étaient intéressés par ce truc. Au bout d’un moment, ça devient plus financier, légal et tout, et ils me demandent : « ben bon, t’as posé un brevet là sur ton truc ? ». « Ben non, brevet, moi, ça coûte de l’argent, non, moi j’ai pas d’argent, nous on fait des sites », « en fait t’as que le copyright ? « . J’ai dit, « ben non, copyright, je sais pas, c’est quoi copyright en fait, moi je connais pas ». Et là, il me dit, « bon, alors c’est quoi ton business model ? ». Et je lui dis : « nous, on vend des sites avec ce truc. Moi, je n’en sais rien. Vous me demandez des choses ». Il me dit : « mais comment tu veux qu’on investisse de l’argent dans un machin ? Tu n’as pas de copyright. C’est déjà en ligne. Tu n’as pas de brevet. Tu n’as rien. Tu vois ? ». Moi, je lui dis : « mais vous voulez mettre de l’argent dans ce truc-là qu’on a construit ? Ah ouais, d’accord ».
Donc, je suis retourné en France. J’ai dit, « écoutez, je n’ai rien compris à ce qu’ils m’ont dit. Tout ce que je sais, c’est qu’il faut qu’on trouve une licence ou un truc un peu plus carré parce qu’on participait tous à cet outil, en fait ». On étaient tous freelance. Et soit il y en a qui faisaient des sites avec, il y en a qui faisaient de la doc, il y avait des développeurs. Je me rappelle d’Ariel, qui développait avec moi des trucs. Il y avait Pascal, qui faisait du design. Enfin, on était une bonne dizaine ou une quinzaine. Et puis, on a mis le truc en… On s’est réunis comme on faisait quand même pas mal de pognon avec ces sites en Flash, en fait, et avec cet outil qu’on avait tous développé en commun. On a mis une partie de l’argent dans le fait d’avoir des locaux et puis de mettre le truc en open source. On a lancé une petite annonce, et puis là, il y a des développeurs allemands qui sont venus. Il y avait vraiment un truc qui se passait. Et on a été élu projet du mois sur SourceForge. Alors, SourceForge, c’est un peu mort aujourd’hui, mais à l’époque, c’était vraiment le truc. Du coup, on a eu des millions de downloads. Enfin bref, c’est parti dans l’open source, vraiment. Et là, il y a eu évidemment des histoires de, est-ce qu’on lève des fonds ? Est-ce qu’on fait tout ça ? Moi, je n’étais pas chaud, on avait tous nos activités. Donc finalement, ce qu’on a fait, c’est qu’on a monté une assos (NDRL : association) et c’est devenu un logiciel libre, en fait. Et là, j’ai commencé à découvrir, à me poser la question, mais tu vois, c’est quoi notre truc en fait ?
La licence de Silex
Walid: attends, il faut qu’on reparte un peu avant. Tu reviens des États-Unis et là, vous dites, « OK, il faut qu’on fasse un truc avec, il faut qu’on choisisse une licence ». Ouais. Et là, à ce moment-là, vos réflexions, c’est tout de suite, comment vous tombez sur un peu les licences libres ? Quelle licence vous choisissez ? Qu’est-ce que vous faites à ce moment-là ?
Alexis: le sujet préféré de Walid. Tu as voulu passer trop vite sur le sujet préféré de Walid.
Walid: on ne me la fait pas sur les licences, les amis.
Alex: franchement, il n’y avait aucun spécialiste là-dedans. À l’époque, mon logiciel… mes exemples de bons logiciels, tu avais VLC, tu avais déjà un gars que j’aimais bien qui faisait Piwik, qui est devenu Matomo.
Walid: oui, tout à fait. Mathieu Aubry il n’y a pas très longtemps sur le podcast (NLDR : cet épisode sur Matomo).
Alex: bah oui, je sais bien, ouais. Et d’ailleurs, à l’époque, nous, on avait donc été élus projet du mois et donc on avait proposé Piwik qui est devenu aussi projet du mois après nous. Bon, bah, donc, du coup, on a fait un peu comme tout le monde. Mais moi, mon but, c’était surtout que ça ne se reproduise pas cette embrouille là de… Mais tu vois, on peut vous le voler. Nous, on ne veut pas mettre d’argent dedans. Mais de toute façon, moi, je ne veux pas qu’ils mettent de l’argent dedans. Enfin, bon. Après, je n’aurais pas dit non contre l’argent d’Apple à l’époque. Vraiment, ce n’était pas mon truc. Moi, les startups et tout ça, je n’y connaissais rien. Par la suite, j’ai beaucoup bossé avec les startups, mais à l’époque, je n’avais pas compris.
Alexis: si vous choisissiez une licence open source, du coup, tu ne nous as pas dit quelle licence, mais de toute façon, Apple n’allait pas vous donner d’argent, non, j’imagine. Enfin, ce n’est pas un mic, mais j’imagine que par rapport aux questions qu’ils posaient, le fait de protéger, etc., leur idée n’était pas forcément que vous alliez vers de l’open source, non ?
Alex: ah ouais, non, pour eux, c’était même pas envisageable, ouais. Mais en fait, ils étaient gênés par le fait que d’autres gens l’utilisaient, parce que je l’avais mis en ligne comme ça, et puis voilà. Et ça, ça les avait vraiment fait buguer, quoi. Et donc, du coup, moi aussi, je m’étais dit, mais alors, ça se trouve, il faut encadrer ça, qu’est-ce qu’on est ? Et là, je m’étais renseigné, puis il y avait une traction qui se faisait sur le truc, quoi. Et donc, on a choisi la GPL, évidemment, parce que c’est la plus cool. Et aujourd’hui, j’ai tout passé il y a un certain temps, parce qu’on a tout fait. tout recommencer trois fois, c’est la V3 de Silex, à chaque fois on reprend à zéro. Quand Flash est mort, par exemple. Ce qui est finalement une très bonne chose pour moi, parce que j’aime beaucoup le JavaScript, ce qu’il est devenu, mais à l’époque, c’était quand même un gros truc, donc on a tout repris à zéro, et là je l’ai passé en AGPL. Puisque c’est en ligne, c’est en mode SaaS, ça a du sens.
Walid: on a un peu abordé, la présentation de ce que fait l’outil. Le but de l’outil, c’est de faire des sites, en fait, à la base, historiquement.
Alex: exactement.

A quoi sert Silex et qui l’utilise ?
Walid: est-ce que c’est toujours le cas ? Est-ce qu’on peut expliquer aux auditrices et aux auditeurs un peu l’étendue de ce que fait Silex maintenant ? Et quel type de personnes va utiliser, quel type d’entreprise ou d’associations, de collectifs vont utiliser Silex ?
Alex: oui, avec plaisir. En fait, il y a eu plusieurs phases. Il y a eu cette phase où on créait des sites, donc on formait des gens. Il était hors de question d’aller prendre des ingénieurs. Déjà, c’était pas trop notre truc, moi même si je suis ingénieur, mais voilà, ce qui nous intéressait, c’était d’être avec nos potes qui sont des designers ou même pas. Moi, à l’époque, on travaillait avec une personne qui était couturière, elle faisait de la couture, mais elle était geek comme nous, donc finalement, il a bien fallu qu’elle se mette à faire des sites. C’est né de là et on était tous freelance, un peu freestyle, tous un petit peu barrés. Voilà, et on a monté une assos en même temps pour s’occuper, pour avoir le copyright justement, tout ce qu’on n’avait pas avant. Donc on a tout mis au carré. Et puis après, au bout d’un moment, ça a bien marché notre activité. On a fait des gros sites pour, par exemple, Vodafone, pour, je ne sais plus, il y avait France Télévisions, des gros machins. Et on a fait bien de l’argent et tout. Mais au bout d’un moment, tout le monde est passé un peu à autre chose. Moi, je me suis fait embaucher dans une grosse boîte. Tout le monde a fait ses trucs. Et Silex est resté là. On a continué. Alors, certains étaient moins investis, tout ça. Mais c’est devenu vraiment la chose de l’association. Et l’association est devenue, donc Silex Labs, est devenue une association qui aidait les gens de quartiers sensibles à comprendre c’est quoi le web design, c’est quoi les métiers du numérique. Et puis finalement, à peut-être se trouver un boulot autre que cariste ou manutentionnaire. Et là, c’est devenu une autre dimension. Donc Silex, c’est vraiment bien aussi pour ça, pour apprendre, pour se former au web design. Et pour comprendre c’est quoi un site internet ? pourquoi c’est compliqué de faire un site internet ? Et qu’est-ce que ça implique comme métier ?
Donc ça, c’était le gros changement, mais qui reste dans l’ADN de Silex. Et puis au bout d’un moment, au bout d’une dizaine d’années que ça marchait comme ça, on a aidé pas mal de gens à avoir des métiers plus sympas avec une perspective. Et puis dans le numérique, c’est quand même cool de ne pas se péter le dos à faire des trucs. Bon, même si on finit quand même par se péter le dos… et donc voilà et au bout d’un moment moi j’ai monté une boîte qui s’appelle Internet 2000 et puis on s’est demandé nous on voulait faire des sites éco-conçus parce que c’était pour nous un peu évident. Et puis on a tout testé on s’est dit finalement pourquoi pas aller vers du propriétaire on n’a pas les moyens on est une petite agence on commence c’est nos fonds propres on ne veut pas voilà c’est vraiment on est indépendant c’est peut-être plus raisonnable de faire comme tout le monde d’aller soit vers du WordPress vers du SaaS vers je ne sais pas du Webflow Et on a testé. Et en fait, déjà, au niveau éco-conception, les sites sont lourds, ils sont complètement bloqués.
Qu’est-ce que l’éco-conception des sites internet ?
Walid: tu peux rappeler ce que c’est que l’éco-conception, s’il te plaît, pour les gens qui ne sauraient pas ?
Alex: tout à fait. En fait, Internet et le fait d’avoir beaucoup d’apps et de sites Internet qu’on utilise tout le temps pour de plus en plus de choses, ça a un impact écologique de plus en plus grand. Il n’est pas encore énorme, mais il grossit sérieusement. Et on peut très bien y faire quelque chose. Il y a plein de solutions. Par exemple, une solution, ça peut être ne pas mettre une vidéo HD sur la home page de ton site en autoplay (NDLR : lecture automatique) et que personne ne veut voir. Les gens vont juste scroller, ils ne la verront même pas alors qu’elle consomme beaucoup de bande passante. Il y a la partie de ce que tu charges qui consomme de l’énergie. Il y a la partie de ce que tu affiches. Un site avec beaucoup de divs les unes dans les autres, avec un DOM hyper compliqué inutilement, ça va consommer plus qu’un site hyper simple et propre. Voilà, et il y a ce qui se passe sur le serveur, pour l’instant on a encore beaucoup de mal à mesurer, mais par exemple WordPress c’est une catastrophe au niveau de la consommation serveur. Webflow, c’est une catastrophe au niveau de la consommation sur le client, de combien il charge. Il charge jQuery, il y va franchement. Il charge plein de trucs. Et puis, il affiche des… Voilà, le code est dégueulasse côté client. Donc, l’éco-conception, c’est ça. C’est faire un truc propre, simple, le plus, en fait, comme tout ce qui est éco, le plus sobre possible.
Alexis: peut-être qu’on pourra revenir là-dessus. Ça serait intéressant peut-être que tu donnes des conseils justement pour les gens qui font des sites et tout, parce que là, tu as évoqué certains des problèmes. Il y a aussi la partie fonctionnelle. Moi, j’aime bien, il y a un mot que, je ne sais pas si tu connais, il y a un ancien formateur de chez Simplon, qui s’appelle Laurent Devernay, qui est aussi sur les sujets d’éco-conception, et il m’avait parlé de sobriété fonctionnelle. Et moi, j’avais trouvé ça hyper intéressant, c’est-à-dire, il y a la partie technique des choses que tu as évoquées, puis il y a aussi même juste se poser la question que, est-ce que dans ton application, tu as besoin de telle ou telle fonctionnalité ? Parce qu’en fait, si tu les enlèves, pas forcément, tu enlèves de la consommation de ressources d’une manière ou d’une autre, que ce soit du processing, serveur, client, n’importe, mais… se poser les bonnes questions. J’aime bien la sobriété en général, mais aussi dans les projets.
Alex: dans tout ce qu’on fait, ça devrait être évident pour tout le monde. Ça l’est quand même de plus en plus, mais chez les développeurs, ce n’est pas trop ça. Après, c’est peut-être une autre sobriété. C’est peut-être la sobriété de ne pas se prendre la tête avec un algorithme alors qu’il suffit de rajouter un deuxième CPU à ton serveur. En fait, c’est mon associé. qui est Moly Richez qui est aussi ma cousine on a monté cette boîte, elle s’est formée, elle est à fond dans tout ce qui est, dans toute l’éco-conception techniquement mais aussi la sobriété. Elle parle aussi souvent d’obsolescence, bon alors elles ont des tas de termes comme ça hyper intéressants mais moi je me spécialise vraiment dans l’optimisation et le fait d’avoir un site très propre côté client, qui ne charge pas grand-chose. Et côté serveur, rien du tout. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de PHP. Moi, je ne veux pas de PHP, je ne veux pas de base de données, je ne veux rien côté serveur. Ce sont des sites statiques. Donc évidemment, au début, Webflow, du coup, ce n’était pas possible. WordPress non plus. Alors, on s’est dit qu’on va tout développer, on va se mettre au code, on va être beaucoup plus technique, etc. Mais ce n’était pas satisfaisant. Ça coûtait trop cher, en fait, et ce n’était pas viable. Et du coup, évidemment, au bout d’un moment, on a dit, bon, il y a Silex. Donc, on a repris la version qui était en cours dans l’association et qui marchait. Voilà, j’ai développé un petit plugin ou deux pour faire en sorte qu’on puisse avoir branché en fait un CMS dessus. Parce que nous, nos clients, ils ont besoin quand même d’une interface. Ils ne vont pas commencer à aller écrire ça dans des fichiers textes. Donc, voilà, on a branché sur Silex un CMS. Et puis finalement, ça a commencé à bien marcher. Et puis en fait, Silex ne convenait plus parce que c’était quand même une version qui avait plus de 10 ans. Donc là, maintenant, les navigateurs étaient tous compatibles avec les CSS, etc. Donc finalement, on est reparti sur une V3 et on a tout financé nous-mêmes.
C’est-à-dire que moi, mon temps, en gros, c’est un tiers ou la moitié de mon temps passé sur Silex et le reste sur des clients ou sur les trucs de la boîte. Mais même comme ça, on s’est rendu compte que c’est devenu un prototype, cette boîte, pour prouver que finalement, le logiciel libre, c’est rentable en vrai. Ce n’est pas juste un truc qui est cool ou qui est génial pour les utilisateurs, parce que le logiciel libre, avant tout, c’est génial pour les utilisateurs. Mais en fait, c’est aussi bien pour nous qui faisons du business avec. Vu que le logiciel est hyper adapté à ce qu’on fait, on le connaît vraiment bien, il est vraiment modulaire. Avec Silex, tu peux publier sur un FTP, tu peux aller sur du Git, tu peux faire vraiment tout ce que tu veux. Et à la fin, ça donne des sites qui nous… on est satisfait. On peut former des gens donc il y a un côté aussi un peu peut-être pas social mais un peu qui fait venir des gens on bosse avec Jonas qui est un ancien prof, il s’est reformé il a fait une formation de 6 mois et puis après il s’est formé avec Silex et maintenant il fait même du code, il se met au Javascript donc c’est un peu un tremplin ce truc là aussi et ça c’est vraiment cool, la boîte qu’on fait là, on veut vraiment que ce soit positif, que ce soit un vrai truc positif dans tous les domaines.
Walid: avant de revenir un peu après sur la structure que vous avez mise en place. Donc là, actuellement, Silex, le but, c’est quoi ? C’est toujours de faire des sites statiques ?
Alex : ouais.
Walid : qu’est-ce que tu fais à l’heure actuelle avec Silex depuis que vous l’avez écrit pour la troisième fois ?
Alex: alors, on fait toujours la même chose, mais plus vite et de manière plus moderne. L’interface graphique, en fait, tout simplement. Mais on fait exactement la même chose. C’est-à-dire qu’on fait des sites statiques avec des données dynamiques et ça, dans le navigateur, en visuel. Et il y a aussi le côté, on forme des gens au webdesign parce que tout ce que tu apprends dans Silex, si tu te mets au code après, c’est les mêmes concepts, c’est les mêmes noms, tu vois, c’est très proche des standards en fait. Pourquoi réinventer des standards ? Nous, on n’a pas besoin de locker (NDLR : verrouiller) les gens, de les bloquer dans notre truc, donc s’ils ont envie de se mettre au code après, c’est très bien quoi.
Silex et les standards du web
Alexis: je suis allé voir Silex tout à l’heure. J’avoue, en fait, moi, je me souvenais, j’ai été assez surpris parce que j’avais regardé il y a longtemps et comme tu disais, je n’ai pas halluciné. Parce qu’en fait, déjà, à l’époque où je bossais à Simplon, on gérait une petite agence web, on avait vu Silex. Donc là, on était déjà dans les années 2015, un truc comme ça. Mais c’est vrai que c’était très différent. Et ce que j’ai trouvé intéressant dans ce que j’ai vu, c’est qu’effectivement… Bon, désolé pour la comparaison, mais bon, ça ressemble un peu à Webflow. Et ce que j’aime bien, et ce qui est aussi une des limites, c’est que c’est… ça respecte vraiment, comme tu dis, les standards du web, etc. C’est-à-dire que si je fais un glissé-déposé d’un élément, il ne va pas rester là où je l’ai mis. Parce que ce n’est pas comme ça que le web fonctionne. C’est-à-dire que si je mets une div, le texte, il va venir se caler en haut, à gauche. C’est normal, c’est le comportement normal du box-model. Et donc, c’est intéressant que tu précises qu’effectivement, ça, ça vient aussi avec de la formation, en quelque sorte. En tout cas, dans ce que vous faites. Parce que moi, c’est ce que je dis tout le temps aux gens qui entendent tout le temps dans la communauté No-code, Webflow, etc. En fait, Webflow, si tu ne sais pas le HTML / CSS, tu ne peux pas vraiment t’en servir. Et ce n’est pas un problème. Moi, je trouve que c’est bien que les gens apprennent ces choses-là. Mais sinon, il faut utiliser Wix et compagnie, ce genre d’autres outils No-code qui ont plein d’inconvénients. C’est pour placer aussi un peu sur le level d’accessibilité, etc. Mais moi, je pense qu’il faut respecter justement la manière dont fonctionne le web.
Alex: ouais, je suis carrément d’accord. Alors, ça a plein d’inconvénients aussi, mais c’est vrai. En fait, la comparaison avec Webflow, j’adore, parce que pour moi, Webflow, c’est un outil qui est génial. Mais il y a quand même des couches d’abstraction, des sortes de composants, tu ne sais pas trop ce que c’est. Là, dans Silex, tu veux te faire une navbar, vas-y, tu poses des divs, tu mets tes liens, tes trucs. Tu fais tout vraiment comme si tu le faisais en code, mais en visuel.
Walid: là, tu as évoqué le fait que vous avez créé une association. À l’époque, quand vous avez créé l’association, ça vous semblait la meilleure forme ou vous avez hésité avec d’autres formes ?
L’association Silex labs
Alex: vu qu’on avait tous nos business models (NDLR : modèles économiques), même si on ne mettait peut-être pas les noms vraiment comme ça, mais on était tous indépendants. Je me rappelle, il y avait une des personnes qui vendait du copywriting. Elle écrivait des trucs et elle nous aidait avec la documentation. Ça semblait évident qu’on ne pouvait pas monter une boîte, qu’une personne n’avait trop envie. Déjà, on aurait galéré pour définir ce que c’était et ce n’était pas logique. L’association, c’était vraiment le bon truc pour pouvoir… En fait, le but, ce qui est écrit dans les statuts, c’est que ça fait la promotion de logiciels libres et ça tient les droits sur Silex et sur le logiciel libre.

Walid: la marque Silex, elle est détenue par l’association ?
Alex: voilà, le copyright, je crois, parce qu’on n’a pas vraiment de marque. Après, on n’a pas été super loin non plus, mais on a monté cette association. Et voilà, et c’est devenu en fait, au bout d’un moment, on faisait la promotion d’autres logiciels libres, comme Haxe par exemple, le langage de programmation. On animait en fait, on faisait la promotion de Haxe en fait. Et puis d’autres trucs, il y avait d’autres logiciels libres à d’autres époques.
Mais en fait, rapidement, au bout d’un moment, c’est devenu vraiment de l’inclusion.
Mais en fait, rapidement, au bout d’un moment, c’est devenu vraiment de l’inclusion. On a été à Trappes, on a été à Argenteuil beaucoup beaucoup, on a été un peu partout dans la banlieue. Et en fait, on avait des budgets, on avait trois employés quand même à un moment sur Silex Labs. Et on faisait plusieurs ateliers, genre je crois un atelier par semaine où on allait. Alors, c’était pas mal de boulot. Les bénévoles étaient très sollicités, mais il y avait beaucoup de bénévoles et on allait dans les banlieues. Alors, du coup, c’était des développeurs qui allaient dans les banlieues pour montrer un peu c’est quoi le web design et tout ça. Et c’est vrai que d’ailleurs, c’était marrant parce que les ingénieurs, ils n’étaient pas toujours à l’aise.
Alexis: mais c’est bien aussi pour la mixité, justement, d’amener des développeurs et des gens qui ont moins l’habitude dans le banlieue. Ça peut faire partie du projet, quelque sorte, dans l’autre sens.
Alex: c’était génial, ouais. D’ailleurs, on était beaucoup chez Simplon aussi à un moment. On était à Montreuil. On avait nos locaux à Montreuil, alors l’association. On était en face de chez Simplon.
Alexis: je me disais forcément avec l’activité, mais on ne s’est pas croisé à l’époque. Mais peut-être que c’était au début.
Alex: non, mais après, on a animé des trucs, mais à un moment, chez Simplon. Effectivement, on ne s’est pas croisés. Mais c’est le même… Oui, je pense qu’on a un peu, toi et moi, la même mission, peut-être un peu, dans la vie, d’ouvrir des portes, en fait, un petit peu, tout simplement.
On peut faire de l’argent avec le logiciel libre
Walid: tu as dit, « le modèle qu’on a, il permet de montrer qu’on peut faire de l’argent avec du logiciel libre ». C’est très intéressant, parce qu’il n’y a pas très longtemps, j’ai regardé une conférence du fondateur de Nextcloud au Fosdem (en 2018), où il expliquait toute l’histoire de Nextcloud avec le fork de ownCloud et tout, et comment, en fait, il arrive à faire du business avec un modèle qui n’est pas un modèle open-core (NDLR : voir l’épisode sur les modèles économiques du logiciel libre), avec un modèle où le code est libre, 100% du code est libre, quoi. Et j’ai trouvé ça hyper intéressant, donc j’aimerais que tu développes un peu là-dessus, parce que, justement, en fait, actuellement, pour énormément de gens… La voie à suivre, c’est l’open-core. Pour les gens qui ne voient pas l’open-core, c’est : le cœur de l’application, le cœur du logiciel, il est libre, sous une licence libre. Et après, à côté, il y a une version qui est propriétaire, avec des parties du code qui sont propriétaires et qu’en général, on peut avoir à travers une souscription. Donc, finalement, on se retrouve à utiliser un logiciel propriétaire et les sociétés qui font ça sont toujours tiraillées, entre d’un côté, il faut qu’il y ait des choses dans le cœur de l’application pour que les gens puissent… utiliser quoi mais d’un autre côté les fonctionnalités importantes faut pas les mettre dans la partie open source et il faut que les gens ils prennent des licences. Et donc est ce que tu pourrais un peu juste un peu détailler là dessus ce que tu disais tout à l’heure là sur le fait de dire on peut faire du l’argent avec logiciel libre et en vivre.
Alex: ouais et c’est même, moi j’en ai toujours été persuadé, mais c’est même je pense, le meilleur moyen c’est à dire que c’est le plus logique en vrai. Regarde, nous notre business model c’est de vendre des sites Internet qui sont éco-conçus, il y a tout un truc un peu social, un peu éco et tout ça. Mais on vend des sites Internet, c’est notre business. À côté de ça, on pourrait utiliser des outils payants qui ne seraient pas forcément adaptés complètement à ce qu’on fait. On mettrait de l’argent dedans et l’argent, il irait dans 80% de marketing et 20% dedans, il y a un peu de RH (NDLR : ressources humaines) et puis il y a quelques développeurs. Et surtout, on ne maîtriserait pas l’argent qu’on met dans une souscription. On ne peut pas dire, cet argent-là, moi, je veux qu’il aille dans corriger tel et tel bug qui me rendent la vie impossible. Je veux qu’il aille dans tel et tel feature (NDLR : fonctionnalité). Et je n’ai pas envie que vous alliez développer un nouveau marché sur un truc qui ne m’intéresse pas et dans lequel vous allez mettre tout mon argent. Évidemment, le logiciel libre, ça veut dire plusieurs entreprises ou indépendants ou même particuliers qui ont un besoin commun et qui vont investir leur argent pour faire exactement ce dont ils ont besoin. Donc, c’est les utilisateurs qui développent. Ça paraît évident.
Alexis: est-ce que, juste pour clarifier le modèle, on peut dire que vous vendez du service, donc vous faites un site web, une agence, vous vendez du service en utilisant Silex. Mais Silex ne vous rapporte jamais d’argent directement puisque c’est gratuit, c’est utilisable, tout le monde peut le télécharger, etc. de ce que j’ai vu. Donc, vous ne vendez jamais le logiciel, vous n’avez pas de souscription, de choses comme ça. Donc, c’est vraiment, vous développez… quelque part la partie service, sponsorise en quelque sorte le développement du logiciel, mais comme vous, vous utilisez le logiciel, c’est cohérent, ça fait une boucle.

Alex: la seule autre solution que je vois, ça aurait été qu’on développe nous le logiciel, on le laisse propriétaire et que pour nous. Déjà d’une, ce n’est pas très rassurant pour nos clients parce qu’on est quand même une petite boîte. Mais surtout, là, ce que j’espère, il y a une personne qui contribue beaucoup. Et puis, il y en a d’autres qui contribuent un tout petit peu, pas beaucoup. On n’a pas assez de contributions pour l’instant. Mais ce que j’espère dans le futur, c’est qu’il y a d’autres boîtes comme la nôtre qui feront peut-être des sites éco-conçus même, ou des sites autrement, ou même autre chose, mais qui utiliseront, ou des indépendants qui utilisent. Il y a déjà des indépendants qui utilisent Silex. Donc, si tout le monde commence à utiliser ça vraiment de manière professionnelle, on va tous avoir des besoins qui se précisent, des choses plus, peut-être aussi des besoins qui aient moins de bugs, de choses plus carrées, de process. Voilà, mon espoir, c’est qu’il y ait d’autres gens qui s’en emparent. Moi, je m’en fous d’avoir la main mise dessus, évidemment. Moi, ce qui compte, c’est qu’on ne soit pas les seuls à maintenir ce code, parce que là, pour l’instant, même comme ça, c’est quand même rentable, mais c’est beaucoup moins rentable que si on était 10 boîtes et que chacun mettait une journée de développeur par mois, par exemple. C’est ce qui se passe, par exemple, pour Blender en 3D. C’est génial ce qui se passe pour Blender.
Alexis: est-ce que vous êtes prêts ? C’est une question.. vraiment je pose la question par curiosité, mais est-ce que vous seriez prêt si demain, il y avait 10, 15 personnes qui veulent contribuer ? Quand je dis prêt, c’est dans le sens où il y a des questions de documentation, il y a des questions d’animation, animer un projet libre, c’est aussi tout un sujet. Est-ce que… Voilà.
Alex: pas vraiment, mais on est beaucoup plus prêtd qu’il y a 6 mois. Et je pense qu’on sera bientôt plus prêts encore. Parce qu’à chaque fois qu’il y a un nouveau développeur qui arrive, évidemment, à chaque fois, il tombe dans le trou. Là, tu sais qu’on n’avait pas… Le truc où on avait mis un petit tas de feuilles au-dessus pour le maquiller, en fait, il tombe dedans. Et donc, à chaque fois, on rebouche les trous, on modifie. Et il y a un truc qui est intéressant aussi que je n’ai pas dit, c’est que Silex fait des sites statiques, mais en vrai, comme dans le logiciel libre toujours, on essaye toujours de faire un petit bout. Le reste, on compose avec d’autres choses. Donc là, en fait, ce que fait Silex, en vrai, on branche un CMS dessus si on veut. Et lui, il produit des sites qui sont des sites Eleventy. c’est Eleventy en vrai qui fait en sorte de build le site de le construire pour qu’il soit statique à la fin c’est un générateur de site.
Alexis : ouais moi je connais pas Eleventy
Alex : ouais c’est c’est un super projet. C’est un projet libre d’un mec, Zach (Leatherman), qui est vraiment cool, avec qui on a eu quelques discussions sur les réseaux sociaux pour dire « En fait, nous, nos projets, on ne veut pas qu’ils soient dépendants d’investisseurs ou dépendants d’une boîte. » Non, parce que ça casse tout, en fait. Moi, si je contribue à ce projet-là, je n’ai pas envie que derrière, il y ait une boîte qui se fasse du pognon là-dessus, qui va l’échanger. Alors, qu’il se fasse du pognon avec, pas de problème, mais qu’il se fasse du pognon sur mon dos, non, là je suis pas d’accord, voilà. Et donc ce projet est libre aussi, Eleventy, donc les projets upstream (NDLR : voir cet épisode pour la définition) de Silex, c’est principalement Eleventy, il y a un autre truc qui s’appelle Greps.js donc qui est un dev…
Walid: Eleventy, t’as pas expliqué ce que c’était, ce que ça faisait en fait ?
Alex: donc c’est un Static Site Generator (NDLR : générateur de sites statiques), donc ça prend des templates HTML, donc des fichiers HTML, ça prend du contenu qui peut venir d’un CMS, d’une API, de fichiers, de ce que tu veux. Et ça le transforme en un site HTML, CSS que tu peux mettre en ligne n’importe où, sans base de données, sans rien. C’est ce qu’on appelle la Jamstack, en fait. C’est dans une famille. Mais il y a beaucoup de projets dans cette Jamstack qui sont à moitié libres, qui sont open-core, ou des grosses boîtes où on a la main mise dessus. Voilà. Et par contre, moi, je fais vraiment attention à ça. C’est-à-dire que Silex, il dépend de projets qui sont libres, qui sont indépendants, à part une chose. A part un seul projet pour l’instant, mais qu’on pourra dégager quand on pourra, c’est GitLab. Il n’est pas entièrement dépendant de GitLab, mais la version en ligne qu’on file gratuitement et qui est hébergée par l’association d’ailleurs, donc sur v3.silex.me, là-dessus, c’est GitLab qui nous permet d’avoir, de ne pas héberger. C’est GitLab qui se charge d’héberger les sites, qui se charge aussi d’avoir les fichiers. Dès qu’on fait save, ça va sauver sur ton compte GitLab. Donc nous, Silex, on n’a rien. C’est l’utilisateur sur son compte GitLab qui a tout. Et d’ailleurs, on voit tout. Tu as tout le versionning et tout. C’est assez génial ce côté… en fait, Silex, il est vraiment à l’intersection de plein de trucs hyper intéressants. Donc, le web statique, la Jamstack, etc, l’open source, la formation, tu vois, le côté un peu social. Enfin, voilà, c’est ça. Je ne sais pas exactement où je voulais en venir, mais…
Alexis: moi, j’étais un peu surpris, à vrai dire, c’est un petit feedback utilisateur, j’étais un peu surpris d’être obligé de me connecter via GitLab à Silex, quand j’ai voulu tester. Maintenant, je comprends mieux, mais c’est vrai que ça mériterait d’être un petit peu expliqué.
Alex: oui, c’est vrai, c’est vrai. Et puis aussi, à un moment, j’aimerais bien, moi, dégager GitLab et le remplacer par Forgejo, par exemple, qui est un vrai outil libre de forge, un peu comme GitLab. Le problème, c’est que là, actuellement, sur la V3, ça doit faire six mois qu’elle est vraiment sortie ou un peu moins d’un an. Et il y a déjà 30 000 comptes qui sont créés dessus ou 40 000 maintenant, peut-être. Et du coup, si on ramenait tout ça sur un Forgejo, les pauvres, que tout est maintenu vraiment par des bénévoles, etc., qui n’ont pas toujours le business model qui va derrière d’ailleurs. Là, je ne voulais pas leur faire ça. Ça aurait été vraiment un coup dur. Donc, il faut attendre de pouvoir nous-mêmes avoir les moyens… justement, d’avoir des contributions. Par exemple, une boîte qui pourra héberger un Forgejo et du coup, on n’aura plus besoin de cet hébergement gratuit que file GitLab. Le problème de GitLab, c’est très bien GitLab. Le problème, c’est que c’est open-core. Donc, pour nous, ce qu’on en fait, on n’utilise que la partie open source. À aucun moment, on n’utilise les trucs qui nécessitent une licence. Mais quand même. Pour illustrer ça, chez Internet 2000, pour faire nos sites, nous, on n’utilise pas la version en ligne, la v3.silex.me. On utilise notre version parce qu’on l’auto-héberge. On a besoin d’être sûr que ça ne tombe jamais. Quand on met une mise à jour, c’est tout un process, etc. On a quand même des gens à plein temps qui bossent dessus. Si jamais je fais exploser le truc, c’est problématique. Et donc, on héberge notre GitLab, on héberge notre Silex, on héberge un serveur qui fait tourner l’Eleventy. Et puis, on héberge nos WordPress ou nos Strapi.
Walid: donc, soit tu utilises la version hébergée par vous, soit tu t’installes ta propre stack qui comprend tous les éléments logiciels dont on vient de parler. Oui. C’est bien ça ?
Alex: oui. Tout est dockerisé. Si on veut l’héberger, ce n’est quand même pas très compliqué. Par exemple, pour CapRover, il y a quelqu’un qui a fait l’intégration. Donc, CapRover, c’est une sorte de Yunohost voilà, un truc où on peut installer des apps sur son serveur. Voilà, donc tu as tous ces trucs-là, tous ces briques, elles sont déjà là.
Alexis: j’ai vu qu’on peut télécharger une version locale, mais juste une application desktop. J’imagine que ça, ça n’embarque pas tout. Ça, c’est que le builder, en quelque sorte,
Alex: c’est ça, alors la version Silex Desktop, elle est encore sur la V2, donc la version d’avant.
Alexis: ah, OK, d’accord.
Alex: mais qui marche pareil. Mais elle embarque effectivement… En fait, elle embarque un bout de Node.js, donc du front et du back. Ça se comporte comme un logiciel normal. Tu l’installes et quand tu publies, ça publie dans un dossier. Par contre, pour faire ça, on a utilisé aussi un truc qui s’appelle Electron, je crois, qui permet de faire des apps de bureau, mais qui génère des applications hyper lourdes. Donc là, déjà, au niveau écolo, ce n’est pas bon. Enfin, il y a plein de trucs à changer. Donc, on ne la recommande plus, cette version-là. Encore une fois, là, ça a moins d’un an, la V3. Donc, j’espère que ça va prendre aussi dans ce sens-là. C’est-à-dire qu’il y a des gens qui vont remettre à jour la partie desktop. Parce que c’est cool. Quand tu es en local, tu publies, c’est instantané. Tu peux bosser quand tu es dans le train, même si tu n’as pas de connexion. Le SaaS, c’est bien, mais c’est un peu plus lent. C’est un peu plus galère, moi, je trouve.
Alexis: ça reste le plus accessible pour la plupart des gens. Comme tu dis, 30 000 personnes qui sont inscrites, ça montre qu’il y a une appétence. Pour ne pas que les gens aient peur, je dis ça parce que s’il y a des gens qui écoutent qui se disent « j’aimerais bien utiliser Silex », mais alors on commence à parler de Docker et tout, ça fait flipper. Non, franchement, c’est hyper simple d’utiliser votre version en ligne. Franchement, ça m’a pris trois minutes de me retrouver dans un… dans un site en train de construire.
Alex: merci de préciser, c’est vrai. Oui, carrément. Juste, tu t’inscris, c’est comme un outil de webdesign normal en ligne.
La gouvernance de Silex
Walid: si on regarde un peu la gouvernance à l’heure actuelle, ce que je comprends, c’est que vous avez réécrit l’outil et vous le faites évoluer en fonction de vos propres besoins. Et que potentiellement, vous commencez à avoir des personnes externes qui viennent et qui contribuent. Comment ça se passe pour prendre des décisions ? Ou est-ce que… Si quelqu’un vient avec un besoin, il code son truc, vous l’intégrez. Moi, je suis un développeur, par exemple, j’arrive, j’ai un besoin. Déjà, comment je vous contacte ? Et puis ensuite, après, derrière, comment je discute avec vous de la bonne manière de faire, etc.
Alex: c’est une très bonne question, d’autant qu’on a des sponsors en plus. Il y a des boîtes qui sponsorisent Silex. Et l’argent, du coup, en vrai, la réponse à ta question, c’est les décisions, on ne les prend pas pour l’instant parce que c’est moi tout seul qui a les droits. Je te dis, il y a un autre développeur qui est peut-être un tiers temps ou un mi-temps. Et puis, deux autres développeurs qui ont contribué à la V3. Malheureusement, pour l’instant, il n’y a pas suffisamment de gens pour que ça devienne intéressant. Là, on en discute sur les forums. Donc, on a un chat et un forum. Et voilà, on en discute et on intègre les demandes. Mais les gens qui utilisent Silex pour l’instant, c’est surtout des… À part le studio, là, c’est surtout des freelances. Et du coup, leurs besoins, ils sont en fait hyper basique parce que là, ils en sont à découvrir la V3.
Alexis: c’est quel profil ? Est-ce que c’est des devs ou c’est plutôt des no-codeurs, no-codeuses ?
Alex: c’est très bizarre. C’est plutôt des… soit c’est des gens qui se trompent et qui viennent en pensant que c’est Wix et qu’ils n’auront rien à apprendre et qu’ils veulent faire leur site parce que historiquement, c’était un peu ça. Il y avait beaucoup de DJs, on avait une vraie communauté de gens. Il y avait des assos, des trucs comme ça, mais ils faisaient un site. Mais aujourd’hui, Silex ce n’est pas intéressant pour faire un site, sauf si on connaît déjà HTML, CSS, mais sinon, il faut se former. Donc, il y a une partie, c’est ça : eux, au bout d’un moment, en général, soit ils font un site vraiment chelou, soit ils abandonnent. Et l’autre, ceux qui prennent bien, donc les freelancers qu’on voit là, c’est plutôt des designers un peu techniques. C’est marrant, mais c’est un peu les anciens flashers. C’est-à-dire, c’est des gens, ils aimaient bien bidouiller des trucs, que ça ait quand même un peu de la gueule comme ils ont envie, vraiment, ils n’ont pas envie de partir d’une template, ou s’ils partent d’une template, ils ont envie de pouvoir la démolir complètement. Et voilà, c’est ce profil de gens un peu bidouilleurs, un peu, voilà. Et alors, il y a des gens aussi du logiciel libre, mais en général, eux, ils sont hyper geeks, et souvent, c’est plus mon profil à moi. Donc moi, par exemple, je ne me sers jamais de Silex, je ne fais pas de site, quoi, je n’ai pas vraiment de vocation à faire des sites, ça ne m’intéresse pas trop, même s’il y a des tas de parties intéressantes, mais… Bon, ce n’est pas mon truc. Donc ceux pour qui ça marche bien, c’est des designers techniques, un peu les sortes de webmasters ou des presque webdesigners.
Walid: donc actuellement, il n’y a que toi qui le développe. Il y a potentiellement des gens qui arrivent qui pourraient avoir des besoins. Donc pour l’instant, tu n’as pas encore trop ces problématiques de collaboration, de mettre des règles, etc., de mettre des process et tout. Mais potentiellement, ça pourrait arriver si effectivement, il y a plus de gens qui arrivent.
Alex: oui, en fait, ça arrive progressivement. Donc là, déjà, on a tout un truc avec les branches, comment on merge, etc. Puisque pour les quelques contributeurs, il a fallu mettre ça au carré. Alors, on a quand même un truc, c’est la roadmap. Il y a des gens qui font des feature requests sur la roadmap. Donc, on a roadmap.silex.me. Et là, moi, je maintiens à jour. Untel est en train de bosser là-dessus. Moi, je suis en train de bosser là-dessus. Donc, ça, c’est à jour. Il y a moyen de voter pour les éléments. Puis à un moment, il y a cet argent de sponsor qu’il faudra distribuer. Donc moi, ce que j’ai annoncé sur la roadmap, c’est quand on arrive à 10 votes pour un truc, on va mettre l’argent des sponsors, on va le mettre sur une récompense à la personne qui développe ça.
Walid: les sponsors, ils vous donnent de l’argent pour faire vivre le projet ou ils vous donnent de l’argent pour développer des choses ? De ce que l’on comprend, c’est une manière juste de faire vivre le projet.
Alex: alors, il y en a, je ne me rappelle plus quelle boîte exactement, mais je sais qu’il y a une boîte, c’était plus pour de la visibilité sur le site, je crois. Enfin, je n’ai pas trop compris. C’est une boîte de développeurs, là. C’est BairseDev, je crois. C’est une sorte de SS2I, en fait, de ESN. Mais… américaine. Je ne sais pas exactement pourquoi ils donnent, franchement. Et l’autre boîte, c’est Puter. C’est un OS libre et open source dans le navigateur. Et là, le gars du projet, il aime Silex. On a interagi. Il n’attendait rien de particulier. Mais ce que j’ai fait, c’est que j’ai développé quand même… En fait, c’est hyper simple mais j’ai mis un Silex dans Puter. Maintenant, Silex, c’est l’éditeur officiel de site de Puter l’OS et ça se marie très bien.
Walid : comment ils donnent de l’argent par quels moyens ?
Alex : sur Open… euh
Walid : Open Collective ?
Alex : comment tu as dit open collective ?
Walid : oui Open Collective ?
Alex : ouais c’est ça. Ouais tu vois comment moi je suis pas du tout… il y a même des gens qui ont donné un peu de pognon donc c’est bien c’est cool. Maintenant moi je me sens pas de dire : ok on va le mettre là dessus où… tu vois. Voilà, donc je ne sais pas combien il doit y avoir, il y a moins de 10 000 euros, il doit y avoir 5 000 euros ou un truc comme ça. Et donc à un moment, quand ça prendra, quand il y aura du monde, moi je serai pour que chacun donne son avis, tous les gens qui participent et qu’on s’organise pour que les décisions soient prises de manière commune. On peut se servir de l’association, moi je suis président de l’association, l’association elle fait plus du social, et encore en ce moment on n’a plus de salariés, depuis le Covid il n’y a presque plus rien qui se passe. Mais voilà, on peut se servir de ça. Il n’y a pas beaucoup de décisions à prendre pour l’instant. Donc, j’ai hâte de voir ce que ça va donner, Moi, mon idéal, ce serait une sorte de Blender. Vous voyez comment marche Blender.
Alexis: juste, je crois qu’on… Je ne sais pas si tu l’as dit, mais il ne me semble pas… c’est codé en quel langage ? Si jamais il y a des devs…
Alex: c’est du JavaScript TypeScript. Voilà, client et serveur.
La communauté des utilisateurs de Silex
Walid: j’avais une question. La communauté des gens qui utilisent Silex, qu’est-ce que tu en sais ? Est-ce que tu sais un peu s’il y a des endroits plus que d’autres qui l’utilisent ? Les 30 000 comptes, par exemple, qu’est-ce que tu en sais ?
Alex: alors, historiquement, Silex, c’est utilisé principalement par des Indiens et des Américains. Parce que je pense qu’on ne l’a jamais traduit en français, en fait. Mais là, on commence à le traduire en français. Donc, j’ai fait un truc où on peut traduire la majorité en français, enfin un bout en tout cas en français. Le site, il est en anglais et en français. Et là, on voit les Français qui arrivent. Moi, c’est parce que aussi pour la boîte, pour moi, j’ai intérêt à ce que ce soit en français. Maintenant, si quelqu’un d’autre le traduisait dans autre chose, on le traduirait dans autre chose. Et je ne traque pas les utilisateurs. En plus, de toute façon, je sais qu’il y en a qui l’utilisent sur leur serveur. Donc, c’est très difficile, ça a toujours été difficile pour Silex de savoir. Mais récemment, j’ai fait un truc sur l’instance v3.silex.me. J’ai fait un truc où les gens, quand ils se créent un compte avec GitLab, donc ils se créent un compte, en fait, moi, je récupère leur adresse e-mail, et je leur envoie trois emails d’onboarding, donc d’accueil, quoi. En leur disant, bon, c’est important de me faire des retours parce que je n’ai jamais de retour, en fait. Sauf quand ça bug, évidemment, mais ce qui est bien. Mais il y a plein de gens qui abandonnent, en fait, qui commencent et qui abandonnent, et je ne sais pas pourquoi. Et donc, du coup, là, je leur dis bien ça, je leur explique. Donc, j’espère, ça fait un mois que c’est en place. Donc, j’espère que là, je vais avoir des retours de gens qui vont m’expliquer, quoi. J’en ai déjà eu, d’ailleurs, il y a quelques… Voilà. Quelques personnes m’ont dit que ce n’est pas toujours très pertinent, donc il faut que je filtre un petit peu. Mais j’espère améliorer l’outil comme ça.
Alexis: tu as un canal sur le Slack de NoCodeFrance, si je ne dis pas de bêtises. Et tu fais des lives aussi maintenant. Oui. Je me posais la question de savoir si ça… Parce que nous, ce n’est pas un projet libre malheureusement, mais il y a Didier de Zylio qui documente l’évolution de son produit depuis trois ans, je pense quasiment. Moi, je trouve ça hyper cool. Je suis comme ça de loin, je l’avais interviewé aussi. Et c’est vrai que je n’ai pas eu le temps de trop regarder comment ça se passe côté Silex. Mais moi, je trouve qu’en tout cas, c’est un des trucs que je trouve hyper cool, c’est que la communauté No-Code France puisse permettre ça aussi, de connecter les utilisateurs et les éditeurs, surtout les éditeurs français, et encore plus Open Source.
Alex: ah ouais, mais No-Code France, franchement. Puis il y a le NoCodeForGood aussi, que moi, je trouve génial. Ils ont fait un live tout à l’heure. Ouais, alors en plus, ce qui est marrant, c’est que… Donc, le live là sur le Twitch de No-Code France, on le fait avec mon pote d’enfance, Brice, et qui suit Silex (NDLR : retrouvez tous les lives de Silex ici). Il est, lui, designer. Donc, il est devenu web designer avec le temps. Et voilà, on fait ça ensemble, donc c’est un plaisir. Et effectivement, en fait, ce qu’on fait, c’est qu’on accueille des gens qui ne connaissent pas bien Silex, mais qui connaissent un autre outil, par exemple WordPress ou Webflow ou des trucs comme ça. Du coup, on essaie de voir quand est-ce que ce serait bien d’utiliser Silex, quand est-ce que c’est mieux d’utiliser leur workflow habituel, et puis qu’ils posent toutes les questions que tout le monde se pose et auxquelles nous, on ne répond jamais parce qu’on connaît. Et du coup, il y a ça, effectivement, les lives sont cools. On n’a pas de channel vraiment dans le Slack No-Code France. On a, nous, notre Mattermost, un autre truc à côté. Puis, j’aimerais bien, moi, passer sur Matrix, mais… Bref, on a un chat et un forum. J’essaie vraiment de faire en sorte que là, Silex aille vers un… J’essaie de faire en sorte qu’on n’utilise que du libre. C’est difficile, mais c’est vraiment un truc important pour moi. C’est pour ça que sur No-Code France, le Slack, je suis personnellement impliqué et j’aime bien. Il y a un channel open source, donc à fond. Mais c’est vrai que pour Silex, je fais attention à ce qu’on n’utilise que de l’open source et on ne fasse la promotion que des trucs libres.
Alexis: ok, donc ce n’est pas la peine qu’on demande à créer un channel Silex. Oui.
Alex: j’y ai pensé, mais en plus, je ne sais pas s’il y aurait du monde, tu vois. Je ne sais pas trop, mais bon.
Alexis: non, mais je dis ça après, ce n’est pas pour forcer, mais c’est vrai que ça mériterait en tout cas, parce que vraiment, vous faites un outil No-code. En plus, open source, il n’y en a quand même pas tant. Je pense que ça peut permettre aux gens qui se posent des questions là-bas de trouver peut-être un peu plus facilement. Même si on cherche Silex, on trouve toi. C’est vrai.
Alex: mais tu as raison. Tu mets le doigt quand même sur un truc. La communication, ce n’est pas mon truc.
Walid: c’est un peu une de mes questions après. Comment tu vas faire la promo ? Parce que finalement, de tout ce que tu nous dis, c’est quand même assez loin, en termes de philosophie de tous les outils qu’on peut trouver à l’heure actuelle, qui sont plutôt on fait un outil, on lève de l’argent, on fait plein de communication, et puis il faut être le plus fort du monde le plus vite possible, ce qui n’est pas exactement ce que tu fais toi. Et donc, en fait, la question, c’était plutôt comment tu peux te faire connaître ?
Alex: honnêtement, je compte sur tout le monde. Je compte sur les autres. Ce n’est aussi pas d’une qualité exceptionnelle. C’est du logiciel libre. Donc, en fait, les fonctionnalités que moi, j’utilise, je les développe. Les fonctionnalités que quelqu’un d’autre utilise, il va les développer. Mais par exemple, l’interface graphique, il n’y a personne qui se prend trop la tête à faire des belles choses. Donc, c’est du logiciel libre. Donc, c’est pour ça que ça ne décolle pas aussi. Là, je vois, il y a d’autres outils open source, open-core qui font un peu la même chose. Et évidemment, il y a des investisseurs, il y a des trucs. Donc, la com, elle est au carré et ça prend. Les gens, ils adorent ça. Moi, j’ai du mal à comprendre ça parce que ce n’est pas dans leur intérêt, en fait, évidemment. Moi, quand je vois un truc hyper léché avec une super pub sur Facebook, je sais que cette pub sur Facebook, c’est moi qui la paye si jamais j’utilise le logiciel. Donc c’est pour ça que j’ai du mal à saisir, mais la communication dans Silex a jamais été… Il n’y a personne qui n’a jamais communiqué dessus. Voilà. Donc je compte sur vous.
Alexis: déjà, en faisant ce podcast, c’est une occasion. Moi, en tout cas, je trouve que la V3, de ce que j’ai vu, et franchement, j’ai vraiment pas eu le temps, malheureusement, de tester plus que ça. Mais je trouve que ça vaut le coup, parce que moi, je sais qu’il y a beaucoup de gens, souvent, c’est une question qu’on nous pose dans la communauté. Oui, comment faire pour utiliser des outils open source, des choses qu’on héberge, notamment des gens qui travaillent avec des assos. Enfin, il y a cet enjeu. Et je trouve que là, la V3, en tout cas, de ce que j’ai vu, vraiment répond à ce sujet avec, effectivement, une petite courbe d’apprentissage, mais qui est assumée et qui, pour des gens qui veulent faire des choses un peu poussées, et il y en a plein dans la communauté de No-Code France, qui ont des bases qui sont assez solides pour les amener à utiliser des outils comme Silex, je trouve que ça vaut le coup.
Alex: oui, merci. Et puis, mon but étant qu’on ne soit pas les seuls à développer Silex, en fait, je passe quand même pas mal de temps à faire du support. Et là, notamment sur No-Code France, il y a une personne qui m’a contacté en me disant « Je galère un peu avec Silex, j’ai fait un truc pour un client, mais je ne sais pas trop. » Je l’ai vu en visio. On s’est vu, moi, je prends le temps. Franchement, j’adore faire ça, en vrai. C’est pour ça aussi. J’adore interagir avec les gens.
Alexis: est-ce que tu as des petits contenus de formation, des choses comme ça ? J’ai vu sur le site qu’il y a un petit onboarding. Oui. Mais est-ce que c’est des choses ? Est-ce qu’il y a une Silex Academy ?
Alex: non, pas du tout, mais ce serait vraiment cool. Il y a pas mal de docs. Il y a ces émissions qu’on fait une fois par mois. Je m’étais quand même pris la tête à faire… Non, ce n’était pas une prise de tête. On avait fait des ateliers comme ça. On faisait un atelier par mois et du coup, sur un thème précis à chaque fois. Et ça fait une documentation vidéo. Il y a aussi la documentation texte. Là, récemment, il y a un freelance, Emmanuel, il m’a contacté, il m’a dit « Ouais, j’ai une question. » Et j’ai vu que, juste avec la doc, sans avoir demandé rien à personne, il a quand même réussi à faire un site. Et franchement, avec un CMS et tout, il a branché le CMS, tout ça, juste en lisant la doc. Il est un peu doué, je pense, mais ça se fait. Mais sinon, tu demandes sur les forums.
Les défis à venir pour Silex
Walid: l’heure passe, il y a une dernière question que je voudrais te poser, importante. Quels sont un peu tes défis, les challenges que tu vois pour les mois et années à venir ?
Alex: je pense que vraiment le seuil critique du nombre de boîtes qu’ils utilisent pour leur activité principale, soit des freelances, des PME ou des agences. Le jour où on a atteint un seuil critique, ça va permettre de développer Silex beaucoup plus vite. Et c’est important quand même d’arriver là à un moment parce qu’il y a des challenges du style, à la fois sur la rapidité à laquelle tu fais un site, le fait de progresser plus vite au début, etc. Il y a quand même du boulot là-dessus. Puis il y a l’intelligence artificielle. Là, il y a des trucs de ouf à faire. Ce serait trop bien d’avoir un… Alors, il y a WeWeb, ils font un super truc. Il y a plein de gens. En plus, c’est très bien de ne pas être les premiers parce qu’en fait, il y en a plein qui ont fait des trucs qui sont un peu moyen. Mais du coup, en prenant un peu de partout, on aurait moyen de faire un truc de fou et du coup, de générer peut-être ou de se débrouiller pour avoir plein de templates parce que les gens adorent les templates. Et puis, même, c’est marrant. Donc, en fait, moi, mon objectif, ce serait que tu te balades sur le web. Il y a un site qui est fait avec Silex. tu puisses le forker, tout simple, si la personne l’autorise, tu puisses le forker dans ton Silex, que les templates, ce soit juste les sites de tout le monde. Essayez de revenir un peu à ce web où on est tous dedans. Finalement, ça ne me dérange pas que quelqu’un prenne mon site, il change les couleurs. Pourquoi ? Quel est le problème ? Donc, ce serait ça. En fait, c’est réussir.
Il y a le web 3 aussi qui est marrant avec tout ce qui est distribué. J’ai hâte qu’on sorte de cette phase où je maintiens le truc un peu tout seul. Heureusement, il y a Olivier qui m’aide, qui a mi-temps là-dessus. Mais on n’est pas nombreux. Et le moment où ça va pouvoir évoluer plus vite, ça va être plus marrant parce qu’on va faire de l’innovation. Et Silex, à la base, c’est de l’innovation. C’était avant Wix, on faisait des trucs déjà de drag and drop dans le navigateur. Je pense qu’il y a moyen d’innover, de faire chacun d’avoir son business model et de faire de l’argent, et d’avoir notre logiciel qui nous correspond et qui correspond exactement à ce dont on a besoin. On ne fout pas du pognon dans le marketing, s’il vous plaît. Et puis voilà, quoi.
Panorama des solutions pour faire des sites en 2002
Walid: je m’aperçois, je vais te poser une question. Quand tu as commencé, c’était 2002, 2003, un truc comme ça ?
Alex: ouais, ouais.
Walid: qu’est-ce qu’il y avait comme outil à l’époque pour faire des sites ?
Alex: il y avait un début de WordPress. Il n’y avait pas YouTube. Voilà, il n’y avait pas Wix, il n’y avait rien de… Dans le navigateur, il était hors de question d’avoir du drag and drop ou du visuel, en fait. Donc, il n’y avait rien. En fait, la première version de Wix, c’était une sorte de clone quasiment, celle avec laquelle ils ont levé des fonds, pas celle qui a vraiment cartonné par la suite, mais c’était inspiré de Silex, la première version de Wix.
Walid: oui, à l’époque de Dreamweaver, à l’époque du Netscape Composer ou un truc comme ça. Comment ça s’appelait, là ?
Alexis: Microsoft Front Page. C’était des logiciels lourds qu’il fallait installer. C’était pas dans le navigateur, comme tu dis.
Alex: ouais, puis il n’y avait pas ce truc qui est sympa dans le No-code, quoi, qui est… Tu manipules des choses complexes, mais tu essaies quand même de faire en sorte que ce soit sympa, que ce soit simple. Les Front Page et tout, là, c’était du code, quoi. Mais c’était des éditeurs de code, mais tu avais une preview, quoi. Mais c’était avant le No-code, mais j’ai toujours regretté de ne pas être plus visionnaires ou de ne pas avoir été plus nombreux à donner leur avis parce que finalement, le no-code, quand le no-code est arrivé, je me suis dit, c’est ça qu’on fait, c’est ça qu’il faut faire. Et voilà.
Présenter Silex a une personne qui fait du No-code/Low-code
Walid: ça tombe bien. Pour finir, je vais te poser deux questions. La première, c’est qu’est-ce que tu dirais à une personne qui fait du No-code ou du Low-code pour présenter Silex ?
Alex: Je dirais que si la personne veut faire des sites performants, qui peuvent se déployer partout, où il n’y a pas de problème de sécurité, et avec le CMS de son choix, il faut y aller, il faut contribuer, il faut faire en sorte que Silex réponde à ses besoins.
Comment présenter Silex a une personne qui n’a pas beaucoup de compétences en informatique
Walid: et qu’est-ce que tu dirais à une personne qui n’a pas de grandes compétences en informatique, mais qui quand même veut faire un site et qui découvre Silex ?
Alex: malheureusement, souvent je dois décevoir un peu les gens en disant « si tu ne dois faire qu’un seul site il faut pas te mettre à Silex si tu dois en faire trois quatre alors là oui il faut te mettre à Silex ». Ou alors « si tu as même pas de site à faire mais que tu veux te former au web design au CSS au code ou au web design et ben là par contre c’est ouais c’est un très bon choix quoi ».
Alexis: je pense que Silex peut être un super outil pédagogique. Moi, c’est des discussions que j’ai déjà eues avec… J’ai travaillé dans une école de code et je regrette vraiment que tous les bootcamps de code n’utilisent pas des outils type Silex ou des outils No-code pour proposer cette abstraction. Parce qu’au début, quand on part de zéro, apprendre le code, c’est dur. Et donc, en fait, juste apprendre les concepts, le HTML, le CSS, mais les implémenter dans un outil visuel, c’est génial. Et là, en l’occurrence, vraiment, je trouve que ce qui est bien avec l’interface de Silex, c’est que quelque part, elle est quand même épurée puisque vous n’avez pas non plus implémenté plein de choses qui ne sont pas forcément très utiles, et que c’est aussi par rapport aux moyens que vous avez. Mais du coup, ça fait qu’elle est très brute et pure en même temps. Alors que Webflow, c’est un peu devenu… Il y a trop de choses dedans. Et comme tu dis, ce n’est pas exactement le même niveau d’abstraction, même si les deux sont proches du code. Mais vraiment, comprendre des divs dans des divs, le box-model, des choses comme ça, je trouve que c’est vachement mieux avec des outils visuels qu’en tapant du code, au début en tout cas. Bon, les écoles de code ne sont pas d’accord avec moi, a priori, parce qu’aucune n’a choisi ce parti pris. Tant pis pour eux, mais en tout cas, je trouve que ça peut être un super outil pédagogique.
Alex: je l’ai fait beaucoup, ça, initier des gens qui sont vraiment loin, des gens pour qui Internet, c’est Facebook, en fait. Ou TikTok, maintenant, sans doute, j’en sais rien. Mais, tu vois, ça marche bien, parce qu’effectivement, en fait, ils posent un truc, ils changent la couleur, et « ah bah ouais ! ». Ah ouais, et là, tu leur montres, tu le mets en ligne, ah bah tu peux y aller sur ton téléphone, Ah ouais, là, ça change tout. Alors donc, n’importe qui peut mettre des trucs sur Internet, en fait. Bah ouais. Et là, ça ouvre des portes. Effectivement, après, le box model et tout ça. Bon, alors là, une fois qu’ils sont là-dedans, en général, ça se passe très, très bien. Ouais, je suis assez fan aussi.
Les mots de la fin
Walid: on arrive à la fin, là. En guise de conclusion, je voulais vous laisser à tous les deux un mot de la fin. Voilà, si vous avez quelque chose à dire. Alexis, est-ce que tu veux commencer ? Quelles sont tes impressions ? Est-ce que tu veux faire passer un message à propos de ce que tu as entendu et de ce que tu as vu sur Silex ?
Alexis: c’était super intéressant et je suis content parce que du coup, ça me donne l’occasion maintenant. À partir de maintenant, j’ai pu faire une mise à jour et donc pouvoir suivre un peu l’histoire à partir de là. J’irais demander la création d’un petit canal, je ne te laisserai pas le choix sur le Slack de No-Code France pour suivre. Non, mais moi, j’aime bien vraiment pouvoir suivre, je n’ai pas le temps et je ne fais pas beaucoup de sites web.
Mais mon mot de la fin, ce serait peut-être que moi, je me suis repris de passion à faire des sites statiques depuis un an, grâce au LLM, en réalité. Parce que je n’ai plus le temps ni le courage de coder les choses moi-même. Donc, j’ai eu une grosse phase No-code où j’utilisais des outils No-code. Mais le meilleur des deux mondes, tu l’as évoqué tout à l’heure, je pense que c’est un outil qui permet de commencer en mode conversationnel, mais ensuite de pouvoir modifier ce qui a été généré en mode visuel. WeWeb, au début de ça, c’est vrai que c’est assez impressionnant. Alors Copilot, si vous arrivez à faire un truc comme ça, j’imagine que c’est compliqué techniquement, mais là, c’est vrai que je pense qu’il y a un truc très chouette à faire. Et voilà, on mélange le meilleur des deux mondes, on abstrait un peu, tout en donnant aux gens la possibilité de faire des choses intéressantes.
Walid: Alex ?
Alex: on partage vraiment la même vision, parce que moi, ça me paraît être l’évidence. Ce n’est pas compliqué à faire. C’est vraiment pas compliqué à faire un outil comme ça hybride qui permette vraiment d’aller dans le détail de ce qu’a généré l’IA, de pouvoir la modifier après enfin bref et de pouvoir faire des templates faire des trucs ça va être super marrant. On va y arriver la question c’est quand. Donc moi le message que j’aurais à passer c’est : il faut.. enfin je veux dire, Internet c’est de la contribution quoi Internet, il n’y a pas photo, c’est de la contribution. On l’a fait tous ensemble, on ne l’a pas fait en concurrence, on l’a fait tous ensemble, donc il faut continuer. Voilà, il n’y a pas mieux pour un utilisateur que de maîtriser ses outils et de choisir où va le temps et l’argent qu’il met dans un outil. Je veux dire, c’est la liberté de base. Donc, logiciel libre à fond, méfiez-vous des trucs bizarres qui se passent en ce moment avec des licences bizarres qui vous limitent dans certains cas, etc. Il n’y a aucune concession à faire, il suffit de faire nous-mêmes nos outils. L’argent que vous mettez dans un outil SaaS, mettez-le dans un outil libre et puis utilisez l’outil libre. Ou même, ne mettez pas d’argent, mais mettez-y du temps, c’est encore mieux. Si vous l’avez, c’est vrai que c’est difficile.
Alexis: j’ai une dernière question, est-ce que je peux, Walid ? Parce qu’en fait, ça me fait penser à un truc, c’est-à-dire que, comme tu dis, je pense que c’est hyper important d’avoir des alternatives libres. Et sur pas mal de segments des outils No-code, ça commence à se développer. Sur les outils de base de données, par exemple, il y a plusieurs… Bon, après, modulo les questions de licence, etc. Mais il y a un secteur où il n’y a vraiment aucune alternative pour l’instant, c’est celui des applications. Quand je dis applications web, c’est-à-dire des sites web, mais avec un peu d’intelligence, un peu dans le segment de Softr, de WeWeb ou des choses comme ça. Est-ce que ça, c’est un truc vers lequel vous pourriez aller, tu penses ? Ou toi, ta vision, quand même, c’est les sites web et vous n’avez pas envie d’avoir des boutons et de faire de la programmation ? qu’on puisse construire des choses un peu plus intelligentes avec Silex.
Alex: pour l’instant, je ne pense pas, mais évidemment, on a des demandes clients, évidemment, on a des envies et tout. Par exemple, dans Silex, c’est hyper simple aujourd’hui de construire du Vue.js. Donc, le dashboard de Silex, il est créé avec Silex et c’est du Vue.js. Mais il y a moyen en clics simplement. Donc, il y a quelques trucs encore. Tu vois, en tout cas, il y a des choses à faire. Il y a des choses à faire. Après, si ce que tu veux, c’est vraiment une application métier moche, mais qui marche, il y a des trucs comme…
Walid : AppSmith.
Alex : AppSmith, par exemple, que j’aime beaucoup. Ouais, ça, c’est top.
Alexis: ouais, mais AppSmith, c’est pas très accessible. C’est très Low-code, quand même, de ce que j’ai vu.
Walid: ouais, tout à fait. Ouais,
Alex: c’est un peu violent.
Alexis: si je devais le caricaturer, moi, je dirais, je rêverais, entre guillemets, c’est pas très sympa pour eux, peut-être, mais d’un Softr open source, quoi. Parce que Softr, je trouve que c’est vraiment le bon niveau d’accessibilité. C’est très, je parle pour les no-codeurs et no-codeuses, enfin, pas n’importe qui, toujours. un peu de formation, mais peut construire des petites applications simples. Mais voilà.
Alex: moi, j’aimerais bien en tout cas mettre du Vue.js et que ce soit vraiment les composants. En fait, les web components natifs dans les navigateurs devraient faire partie de Silex puisque ça fait partie des standards. Donc, ça devrait être supporté par Silex. Ça, c’est un truc. Faire des trucs genre à la Vue.js avec.
Et puis après, il y a quand même ce truc où c’est des sites statiques qui sont buildés par GitLab. Et à cet endroit-là, on peut insérer beaucoup de choses. Par exemple, du NocoDB. Dès que tu as une API GraphQL, si ça doit changer en temps réel, que chaque utilisateur a un écran différent, c’est du dynamique. Mais il y a énormément de choses qui peuvent être faites en statique. Par exemple, un système de commentaires, ça peut être fait en statique sans problème, parce que le site met une seconde à être rebuild. Et donc, dès que tu as quelqu’un qui laisse un commentaire, ça rebuild le site. Et donc, il y a beaucoup de choses, je pense, qu’on pourrait déjà faire. Moi, en fait, la vraie limite, ce serait peut-être le statique. C’est là où je me tâte. C’est que je ne suis pas chaud pour faire vraiment du dynamique. Mais avec du statique, même si tu as des apps un peu intelligentes sur le front, on peut aller super loin, je pense. Je suis chaud, moi, pour expérimenter, de toute façon.
Alexis: cette vision sur le statique, moi, je trouve que… Enfin, je pense que pour les gens qui ne sont pas techniques, c’est peut-être un peu difficile à appréhender, mais je trouve ça hyper efficace. Moi, il y a un truc vraiment de… Je trouve ça très beau, le fait que tout soit… Mais bon, bref, on va rentrer là-dedans. on pourra en reparler.
Walid: je pense que cette discussion est très intéressante et que vous allez la continuer à un moment ou à un autre. Mais malheureusement, il va falloir qu’on arrête. Ça fait déjà 1h10 qu’on parle.
Alex : ohhh
Walid : moi, mon mot de la fin, c’est que à chaque fois, quand je regarde les outils No-code, tous les outils open source ou à peu près open source, c’est tous des outils commerciaux en mode open-core ou un truc comme ça. Et à chaque fois, je râle parce que et bien en fait, on n’a pas d’outils communautaires. Tu vois, si tu veux un ERP, un ERP open source, tu peux prendre un ERP open-core type Odoo, mais tu as des ERP genre Dolibarr. Et Dolibarr, c’est un ERP cool, il est communautaire, il a un fonctionnement complètement différent et tout. Et en fait, dans les outils No-code ou Low-code open source, ils sont open source. Il n’y a pas de truc communautaire. C’est un peu le truc que j’aimerais avoir. J’aimerais avoir des outils un peu chouettes où il n’y a pas forcément une boîte derrière et puis il n’y a pas un truc… un truc tout bizarre. Je suis assez content qu’on ait pu en parler. C’est cool. Je voulais savoir s’il y a des gens qui sont motivés par te contacter, Alex, où est-ce qu’on te contacte ?
Alex: soit sur le chat de Silex. Sur le site Silex, tu as des liens. Il y a un formulaire de contact dans le site Silex. Et puis, il va y avoir un channel sur No-Code France, probablement sur le Slack de No-Code France à un moment. Et voilà.
Walid: on peut te contacter par Mastodon aussi, non ?
Alex: Mastodon aussi, carrément. Et il ne faut pas hésiter à me contacter, parce que c’est mon bébé, on l’utilise aussi professionnellement. Il faut qu’il y ait plus de gens qui l’utilisent, et il faut qu’il y ait plus de gens qui contribuent. Donc voilà.
Walid: je mettrai les infos dans la transcription et les show notes de l’épisode.
Alex: voilà.
Walid: merci à tous les deux, Alexis, Alex, merci pour cette discussion. Ça fait longtemps qu’on discutait de faire un épisode. C’était vraiment très intéressant. On est revenus aux racines Internet et c’est très cool. Donc, comme d’habitude, pour les auditrices et les auditeurs de Projets Libres!, n’hésitez pas à partager cet épisode et à faire des commentaires pour dire si vous allez ou vous utilisez Silex ou si ça vous a donné envie de l’utiliser. Merci beaucoup. À bientôt pour des nouvelles aventures autour du No-code et du logiciel libre. et puis Alex j’espère qu’on se croisera un jour en vrai dans la vraie vie et Alexis à bientôt.
Alex: c’est trop fort, j’adore ton podcast en plus donc ça me fait bien plaisir cool.
Walid: et bien bonne soirée, à bientôt merci beaucoup,
Alexis: à bientôt À bientôt !
Cet épisode a été enregistré le 7 janvier 2025
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