PVH Editions, maison d’édition de livres sous licence libre
Sommaire
- 1 PVH Editions, maison d’édition de livres sous licence libre
- 2 Présentation de Lionel et PVH Editions
- 3 La communication de PVH éditions (en particulier sur le Fediverse)
- 4 L’équipe de PVH Editions
- 5 L’utilisation de produits libres dans la maison d’édition
- 6 Les rencontres hivernales du libre
- 7 Le mot de la fin
- 8 Production de l’épisode
- 9 Licence
Walid : Aujourd’hui, c’est un épisode un peu particulier, on l’enregistre aux rencontres hivernales du libre à Saint-Cergue (voir l’épisode sur les RHL 2026), en Suisse, et j’ai avec moi Lionel de PVH Éditions, une maison d’édition sous licence libre. Hier, on a parlé pendant assez longtemps de la maison d’édition, et je me suis dit que c’était hyper intéressant de discuter avec lui, en particulier de leur utilisation du Fediverse, ainsi que les artistes en ont. Donc Lionel, bienvenue sur le podcast Projets Libres. Je suis ravi de discuter avec toi aujourd’hui et d’avoir fait ta connaissance.
Lionel : avec grand plaisir.
Présentation de Lionel et PVH Editions
Walid : la première chose, c’est est-ce que tu pourrais commencer par présenter pour les auditrices et les auditeurs du podcast Projets Libres ?

Lionel : voilà, donc je suis Lionel Jeannerat, je suis fondateur de la maison d’édition PVH Éditions, basée en Suisse et également en Franche-Comté. C’est une marque qui représente en fait deux maisons d’édition. L’activité elle est ensemble, mais c’est pratique d’être sur deux pays, notamment pour pouvoir faire des envois lorsqu’il y a des commandes sur Internet.
La maison d’édition, elle, a été fondée entre 2013 et 2014. Il y a trois ans, j’ai décidé que tout notre catalogue soit sous licence libre, mais aussi également d’assumer et de promouvoir notre démarche de publier sous licence libre des romans. La ligne éditoriale de la maison d’édition, tout d’abord, on édite de la littérature de l’imaginaire, c’est-à-dire de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique, éventuellement des contes et légendes.
Lionel Jeannerat
Ça, c’est le premier point. Le deuxième point, c’est qu’on préfère faire la qualité à la quantité. Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est deux manières différentes d’éditer des livres. C’est-à-dire qu’on les travaille aussi sur la durée. Ce n’est pas une nouveauté pendant trois mois, puis après, le livre a vécu sa vie : on pense qu’il y a un accompagnement sur la durée, c’est important. Et le dernier, c’est nos valeurs, tant dans le logiciel, mais aussi de l’art libre.
Et on a ce jour 30 et 40 titres de romans qui sont sous licence libre. On a eu la chance d’avoir un titre primé qui est Place d’âme. Et puis voilà, on vit notre petite vie de petite maison d’édition indépendante.

Walid : toi, tu as quoi comme passé avant de faire…
Lionel : à la base, je suis historien, j’ai été aussi enseignant, j’ai un peu roulé ma bosse. Et puis à côté de la maison d’édition, j’édite aussi du logiciel libre, un petit logiciel libre qui s’appelle Be-Bop, qui permet la monétisation. En fait on l’a développé dans un premier temps pour un notre site internet de PVH Éditions afin de pouvoir faire du financement participatif, pour pouvoir vendre aussi des ebooks… enfin les fonctionnalités dont on avait besoin. Donc j’ai ce côté aussi un volet un peu technique sans être moi même le technicien de l’équipe mais je suis venu… et tout cet Cet accompagnement, par exemple, on a un auteur chez PVH Éditions qui s’appelle Ploum, un Belge bien connu des libristes, et surtout son blog. Et je pense qu’une bonne partie de mon éducation sur le livre vient de ma lecture de Ploum. Et lorsqu’on a édité ce premier roman, il y a quelque chose qui se reboucle culturellement entre des convictions aussi un peu politiques autour du livre.
Walid : moi, j’ai découvert PVH à travers Ploum, justement, dont je lisais le blog régulièrement. C’est toi qui l’as contacté pour lui expliquer la démarche ?
Lionel : alors, en fait, lorsqu’il a édité les premiers livres, on n’était pas encore sous licence libre. C’est ça qui est amusant. C’est que pour l’histoire de Printers, parce que c’est le premier roman, on avait fait un crowdfunding sur une plateforme je me souviens et puis il y avait cette idée, comme le propos du livre parle de forme d’impression en fait de toute chose peut être créé avec des coûts dérisoires mais et qu’est ce que ça chamboule on s’est dit ben arrivé à un certain niveau de financement ben en fait le livre peut être… c’est là qu’on a inventé un format qui était le print at home à imprimer à la maison donc tu pouvais imprimer ton printers à la maison on ne l’avait pas fait tout de suite sous licence libre il y avait le NC c’était le partage c’était la clause non commerciale et puis c’est là, c’est en expérimentant sur des petits trucs comme ça et au bout d’un moment j’ai dit à Ploum… il y a même aussi son premier recueil de nouvelles ça je ne me souviens plus exactement enfin bref, il y avait toute une démarche ou de réflexion par rapport à quelle implication, etc.

Et puis, c’est aussi un petit peu à cette période — je vais te faire la transition — c’est-à-dire dans cette période où on réfléchissait, qu’est-ce que ça implique aussi de publier sous le sens libre ? Est-ce que c’est une application sur notre manière de travailler ou de communiquer ? Donc on essaye petit à petit de se passer de logiciels propriétaires dans le fonctionnement de la maison d’édition. C’est en cours, c’est quelque chose, c’est délicat, c’est changer des habitudes, c’est trouver aussi des bons outils qui puissent remplacer les outils propriétaires qu’on aurait pu utiliser avant. Et au niveau de la communication, moi j’avais commencé à communiquer à titre personnel avec un compte privé sur Mastodon parce que je ne voulais plus foutre les pieds sur Twitter il y a bien de temps, quand ça a été acheté par Elon Musk. Et je me suis dit, c’est évident que la maison d’édition doit communiquer sur aussi des réseaux communs, libres.
La communication de PVH éditions (en particulier sur le Fediverse)
Walid : parce que la communication à l’heure actuelle, elle se fait sur… Enfin, historiquement, tu communiques sur quels réseaux ?
Lionel : alors, historiquement, il y avait beaucoup de bouches à oreilles. C’est-à-dire que moi, je n’ai jamais été trop réseau sociaux. Donc j’ai pas de compte Facebook, j’ai plus de compte LinkedIn, enfin j’ai jamais eu un truc Facebook, mais il y avait une réalité du terrain, notamment sur Instagram, où il y a beaucoup de libraires, c’est là qu’il y a aussi des critiques littéraires.
Donc, dès qu’on a eu un peu de moyens humains dans la maison d’édition pour pouvoir communiquer sur Instagram, on a dû le faire. Moi, de mon côté, j’étais sur Mastodon, je me suis dit, on commence à communiquer sur Mastodon. L’énorme chance qu’on a eue, c’est qu’en fait, on avait Ploum comme auteur, il repartageait, il a invité les gens à s’abonner à notre compte PVH Éditions sur Mastodon, ce qui, assez rapidement, a fait qu’on a eu plus de gens qui nous suivaient sur Mastodon que sur Instagram. Voilà, donc ça rendait les choses pertinentes.
Lionel Jeannerat
Puis après, j’ai vu le succès aussi qu’on avait un petit peu en communiquant sur Mastodon, où je réalisais qu’il y avait de l’interaction, etc. et puis aussi parfois quand on faisait des publications tout d’un coup il y a une volée de vente sur notre site.
Walid : tu peux corréler quoi
Lionel : il y a une corrélation qui peut être assez évidente alors que quand on faisait des publications sur Instagram il n’y avait pas forcément le même répondant. Il y avait peut-être plus de gens qui écoutent des choses comme ça parce que si il y a plus de monde mais ça valait la peine en fait de communiquer sur Mastodon j’ai dit aux auteurs mais venez sur Mastodon et là aussi parce qu’en fait souvent ce qui peut être décourageant sur Mastodon c’est que tu commences
Walid : y’a personne…
Lionel :
c’est à dire oui… tu vas suivre des gens donc tu vas avoir un fil et puis le truc c’est que pourquoi tu publies s’il n’y a personne qui te suit. Parce qu’en fait si personne te suit il n’y a personne pour te lire et pour te partager. Oui tu seras sur le fil local de ton instance instances, mais en fait, dans les faits, quand j’en parle un peu avec les gens, c’est pas forcément le fil… alors peut-être le fil local, ça va encore, si vous êtes sur une petite instance, mais le le fil global, personne ne le consulte, donc il est important en fait d’avoir des gens qui te suivent, rien que déjà pour te motiver pas créé dans le vide.
Lionel Jeannerat
Là de nouveau il y a eu un super accueil de Mastodon PVH Éditions quand ils créent leur compte ont tout de suite invités les gens et Ploum aussi de nouveau qui avec son public important a construit au fil des années on a un certain nombre d’auteurs et d’autrices maintenant qui communiquent volontiers sur Mastodon. Je pense à Allius, Sara Schneider, qui, elle, est très active sur Instagram, qui a certainement une bonne partie de son public plutôt sur Instagram, mais qui communique aussi sur Mastodon. Et puis, Stéphane Paccaud, Aquilegia Nox, on leur a un peu fait découvrir Mastodon.

Walid : ok, et donc, en fait… Ce que je comprends, c’est que peut-être tu as plus d’engagement, ou tu as plus de répondants sur Mastodon ?
Lionel : ce n’est pas le même public.
Walid : quel public tu vas trouver sur Mastodon ?
Lionel : Il y a deux choses. Avant tout, un public libriste, je pense. Mais dans les libristes, il y a beaucoup de lecteurs du type de littérature qu’on fait. Mais on est allé un peu plus loin dans le fait divers. On faisait nos publications sur Instagram. ben pourquoi pas les faire sur PixelFed donc on a aussi un compte PixelFed qui reprend en fait les publications qu’on a sur sur Instagram là on a moins d’abonnés c’est moins il y a moins de répondants. Mais en ce qui que je pense intéresserait des libristes ou des gens qui ont une pensée critique aussi par rapport à l’édition des choses comme ça on les repartage avec le comte Mastodon qui est un peu central on a aussi une petite chaîne Peertube pour le moment on n’a pas beaucoup de contenu celle lorsqu’on organisait les assises francophones de l’art libre il y a eu un débat qui avait été filmé avec des gens qui défendait en fait l’art propriétaire et puis c’est un beau débat.
J’ai demandé car c’était le Neuchâtel international fantastique film festival qui en fait l’avait enregistré. Je leur ai dit « est-ce qu’elle est sous licence libre ?« . Ils m’ont dit « ok c’est sous licence libre« , donc on l’a on l’a pris sur notre chaîne pour le partager sur Peertube. Dans mon souvenir, il est possible que quand on avait fait les assises francophones du Libre, on avait utilisé Mobilizon. Mais c’était ponctuel.
Walid : vous n’avez pas essayé Bookwyrm pour faire des critiques de livres ?
Lionel : celui-là, je dois encore… Ce n’est pas notre rôle de faire de la critique.
Walid : ou inciter les gens à aller dessus pour faire des critiques.
Lionel : oui, alors je dois encore un peu analyser comment ça fonctionne. Pour le moment, non, mais ça a du sens. Mais ce n’est pas tant à nous, en fait.
Walid : c’est pour la communauté, en fait.
Lionel : oui, il faut voir comment elle se cristallise. Nous, clairement, s’il y a des critiques Bookwyrm, je crois qu’il y en a déjà une ou deux qu’on a repartagées, mais il n’y a pas d’intérêt pour nous d’avoir un compte Bookwyrm, c’est ça ? C’est plus lecteur. Donc, nous, si ces critiques sont partagées sur Bookwyrm, on va les relayer, surtout si elles sont positives (rires). Non mais c’est intéressant parce que ça permettrait d’avoir un équivalent de ce qu’il pourrait y avoir sur Instagram les gens attendent des retours de lecture pour savoir, se faire son avis et faire son choix d’achat de l’ile c’est différent.
Après aussi c’est les formats C’est-à-dire qu’Instagram, c’est très sur l’image, etc. Alors que Mastodon, c’est du micro-blogging, donc c’est plus proche de ce que fût Twitter à une époque, si on veut, sans l’algorithme.
Mais c’est un peu ce que je peux dire et j’ai quand même un constat globalement, moi je trouve que le Fediverse, surtout Mastodon, c’est très actif en fait, il se passe des choses on s’ennuie pas et c’est juste qu’effectivement, le public c’est souvent quand même des gens un peu plus engagés parce que faire la démarche d’intégrer un réseau social fédéré ça change des habitudes donc en fait il y a un petit travail ou effort à faire en plus pour y accéder et en fait on se retrouve avec des gens qui étaient prêts à faire cet effort donc forcément la communication qu’on fait… nous par exemple sur une publication Instagram on va mettre en avant l’aspect du texte d’essayer de faire un peu rêver les gens alors que sur une publication sur Mastodon on va le faire aussi mais on va on va aussi mettre en valeur le côté militant qui sous-tend la démarche éditoriale et créative sous licence libre.
Lionel Jeannerat
Walid : finalement, c’est assez complémentaire.
Lionel : oui, oui, tout à fait.
Walid : ça permet de toucher des publics qui sont…
Lionel : oui, oui, mais ce qui serait idéal, c’est tout le problème du propriétaire, c’est qu’en fait, ça communique mal. Je vais commencer à communiquer aussi sur un autre réseau libre qui s’appelle Nostr. Puis là, je viens de remarquer qu’en fait, il y a des ponts où toutes nos publications sur Mastodon sont publiées sur Nostr, je suis en tant de me dire…
Walid : n’y a rien à faire quoi.
Lionel : oui ça c’est l’avantage du libre c’est-à-dire qu’on a deux réseaux qui fonctionnent avec des protocoles différents et qui communiquent très bien entre eux, ce qu’on ne peut pas faire avec des réseaux propriétaires tu ne peux pas automatiser ça aussi simplement.
Il y a aussi toutes ces questions de droit d’auteur sur les plateformes. Je regardais YouTube parce qu’une fois je me suis dit mais c’est que les gens ils partagent ça ils mettent ça sous quelle licence puis ils mettent tout ça sous une licence qui s’appelle licence YouTube qui est…
Walid : propriétaire
Lionel : ouais alors qu’ils pourraient le mettre sous licence libre.
Walid : même sur YouTube ouais
Lionel : ou même s’ils mettent un NC s’ils le souhaitent ce qui n’est pas une garantie ou quoi que ce soit. Enfin bref voilà et ben en fait il y a aussi si on poste sur Facebook est-ce qu’on possède toujours la propriété intellectuelle de son propre chat en fait ? c’est bizarre à dire mais l’aventure éditoriale de PVH Éditions d’une manière générale c’est une expérience en live et l’expérience sur les réseaux sociaux de communiquer sur les réseaux sociaux notamment en libre, même si c’est encore propriétaire, parce qu’en fait, on a la démarche aussi d’en parler un petit peu sur Instagram.
Notre public non-libriste a entendu dire qu’on est un petit peu bizarre (rires). Non, pas bizarre, mais qu’on publie sous licence libre, que c’est particulier. De plus en plus de libraires aussi nous le disent. C’est quelque chose qui a une vraie différenciation identitaire, c’est dans l’identité maintenant de la maison d’édition. Et les libraires ils sont curieux, ils posent parfois des questions ils ne sont pas tous au même niveau de curiosité mais il y a aussi dans le fonctionnement même depuis PVH Éditions, il y a une forme d’horizontalité qui a toujours qui était là depuis le départ c’est-à-dire qu’on prend un texte et puis l’auteur le verra à la fin qu’il soit
content ou pas on s’en fiche mais mais avec une interaction entre l’éditeur et l’auteur, de son avis pour la couverture, ses envies. On est très transparents aussi avec eux pour leur parler de nos chiffres, de vente ou d’impact. Donc, disons que ce n’est pas sorti nulle part. Il y avait une philosophie qui sous-tendait le tout.
L’équipe de PVH Editions
Walid : vous êtes combien dans la maison d’édition ? À travailler ?
Lionel : alors, à travailler, il y a moi qui consacre 50 % de mon temps professionnel à la maison d’édition, mais sans être payé. On a une salariée en Suisse, dans la structure suisse, à 80 %, je crois. Je n’ai plus les chiffres exacts en tête. Dans la structure française, on a aussi un éditeur, David, qui doit être à 80 %. 80 ou 100, je ne sais plus. Pour le coup, c’est lui qui gère la structure en France. En plus, là, je n’ai pas beaucoup de visibilité… rnfin, je pourrais l’avoir, mais je fais confiance. Et puis, en Suisse, on a toujours un peu un ou une stagiaire à temps partiel. Le but, c’est d’avoir des stagiaires en formation.
En Suisse, il n’existe pas de formation pour devenir éditeur. Il n’existe pas de filière. Donc, en fait, tu apprends sur le tas. Moi, j’ai appris complètement sur le tas. Et puis, là, c’est donner l’occasion à quelqu’un. Donc on fait des stages de longue durée, mais à temps partiel, parce que comme le temps éditorial est un temps long, cela lui permet peut-être de suivre un livre depuis le moment où on le sélectionne jusqu’au moment où on le finalise et où on le sort.
Walid : ça permet aussi de former à l’art libre et aux licences et de s’instabiliser….
Lionel : oui, alors là, le stagiaire actuel, on l’était déjà…
Walid : Il était déjà convaincu avant ?
Lionel : il utilisait déjà du logiciel libre, et puis c’était la démarche qui l’intéressait aussi, donc on lui apprend… C’est peut-être aussi pour ça qu’on l’a choisi, parce qu’en fait, on s’est dit, surtout sur un stage, si en plus le travail a du sens, c’est d’autant mieux pour la personne. Voilà. Et à côté de ça, on a une personne qui est très légèrement à temps partiel, Natalia, qui, du côté suisse, s’occupe un peu de tout ce qui est administratif, d’aide-comptable à la préparation, le calcul des royalties, des choses comme ça.
L’utilisation de produits libres dans la maison d’édition
Walid : tu évoquais en début d’interview le fait que vous êtes en train de migrer, pour ce qui est possible, vers des logiciels libres.
Lionel : oui.
Walid : quel type de logiciel libre vous pouvez utiliser ou vous utilisez déjà ?
Lionel : alors, de base, les ordinateurs de la maison d’édition, ils sont sous Linux, c’est ce que j’utilisais. Et puis, en fait, on utilise LibreOffice. En interne, on a Nextcloud, enfin voilà. Ce qui est le plus compliqué, en fait, c’est le logiciel de mise en page. Surtout qu’en fait, parce que là, je parle des gens qui travaillent, qui sont, disons, réguliers. Mais à côté de ça, on a un graphiste, Dimitri, qui est un grand professionnel du livre, qui a un certain nombre de prix, qui a designé une bonne partie de nos livres, mais lui, il travaille sous Adobe. Et voilà, un graphiste qui maitrise parfaitement.
Walid : tu vas te demander de le rapprendre une autre fois.
Lionel : mais on a cette envie de rapatrier notamment la mise en page intérieure des livres parce qu’avant en fait c’est lui qui mettait en page l’intérieur des livres et puis on retravaillait dessus et là on devait avoir InCopy donc c’est une licence limitée d’Adobe qui permet juste de faire de la relecture donc c’est a priori qui est moins cher qu’une licence. Mais le problème c’est qu’à Adobe ça fonctionne même d’une copie, ça ne fonctionne pas sous Linux. On était obligé d’avoir au moins un ordinateur qui boote sous Windows, c’est de moins en moins possible. Donc on a fait une formation en interne à Scribus.
Donc David et Lorraine sont maintenant formés à Scribus, mais il va falloir que les templates de mise en forme qui étaient sous Adobe, il faut les refaire dans Scribus et puis ça voilà c’est du temps c’est à dire qu’on n’a pas forcément mais qu’on va prendre le temps de peut-être en 2026 de mettre en place. Et si on peut se passer d’Adobe en fait on peut réellement être 100 % Linux et après voir un petit peu logiciel.
Le truc c’est que beaucoup de nos employés ont aussi travaillé sur leur ordinateur personnel donc en fait il y a un peu de Mac, Windows je ne crois pas mais enfin bref… l’infrastructure informatique ce n’est pas le coeur de notre métier donc on le fait par petites touches. En fait il faut bien imaginer une petite maison d’édition indépendante comme j’ai dit moi je ne me salarie pas.
J’ai la chance, par ailleurs, par d’autres activités, de pouvoir en vivre. Mais il y a quand même des salaires à verser. Il y a un enjeu là-dessus. Et en fait, on n’a pas des moyens extra qui permettraient d’engager quelqu’un, par exemple, pour avoir l’infrastructure, aussi la sécurité. Tous les hackers, ne nous attaquez pas.
Non, mais ce que je veux dire, c’est qu’il y a un côté encore un peu bricolage. Souvent, les gens, dans leur imaginaire, une maison d’édition, il y a du chiffre d’affaires, mais il y a beaucoup de frais. Donc, en fait, tout le secteur éditorial indépendant, qu’il soit libre ou pas, en fait, il survit plus qu’il ne vit. Et en fait chaque achat de livres de maisons indépendantes renforce en fait concrètement la diversité du choix éditorial dont le public peut avoir accès.
Lionel Jeannerat
Donc voilà, mais je pense qu’il y a une vraie envie. Les employés de PVH Éditions n’étaient pas forcément libristes à la base, et puis en fait il y a du temps aussi pour qu’il s’approprie la philosophie, et là, c’est vraiment le cas, tout comme les auteurs et les autrices aussi.
Les rencontres hivernales du libre
Walid : avant qu’on se quitte, j’aimerais que tu nous dises un mot pour les rencontres hivernales du Libre. Moi, c’est la première fois que je viens ici, et j’aime vraiment beaucoup, je trouve ça hyper convivial. Toi, ça fait combien de temps que tu soutiens l’événement alors ?
Lionel : je la je pense c’est quoi la troisième quatrième fois que je suis je viens ici. Mais je crois que j’étais venu quand j’étais dans la démarche… donc c’est un peu dans cette période où j’avais dans l’idée de libérer la maison d’édition à côté de ça aussi ça commence à mûrir dans ma tête Be-Bop puis je suis venu aussi un peu voir les gens du coin, parce que je suis Suisse aussi c’est pas très loin, qui font du libre et puis va cela aussi que j’ai présenté la première fois la démarche derrière cette libération de la collection du domaine à une conférence qui effectivement c’est convivial mais comme la plupart des évènements libristes que j’ai que j’ai fait. Je ne suis pas allé au FOSDEM pour le moment, qui je pensais est très différent.
Walid : là c’est pas convivial.
Lionel : voilà mais je sais pas moi les journées du logiciel libre à Lyon c’est une ambiance comparable un peu plus de monde, mais ici il y a ce côté c’est le lieu aussi qui crée le fait que ce soit en hiver…
Walid : vous pouvez pas voir mais autour de nous tout est enneigé voilà donc c’est très beau. Il en est encore tombé cette nuit, c’est très beau, ça donne une ambiance particulière.

des RHL à Saint-Cergue (crédit : Walid Nouh)
Lionel : et puis, il y a ce côté un peu, on est dans ce grand bâtiment, entre nous, il y a de l’espace, tout se passe au même endroit, on dort dans les abris atomiques, pour ceux qui dorment sur place. Et ça crée vraiment un petit huis clos le temps d’un week-end. C’était la première fois que je dormais ici, ici. Généralement, je ne venais que le samedi, là, comme ils ont un petit peu étendu le programme. Voilà. Et ouais, c’est sympathique, prix libre, bonne nourriture. Tu ne connais pas encore, mais il y a la traditionnelle fondue au fromage (rires).
Walid : On va goûter ça dans quelques minutes.
Lionel : voilà. Parfait.
Le mot de la fin
Walid : on va se quitter. Je voulais te laisser un mot de la fin. Est-ce que tu veux faire passer un mot aux auditrices, aux auditeurs du podcast Projets Libres ?
Lionel : ben oui, là on vient de lancer un concours. Un concours de création PVH Éditions.

Jusqu’à maintenant, en fait, on a fait le premier étage de la fusée libriste de PVH Éditions, c’est-à-dire que nos œuvres sont sous licence libre. Mais la licence libre, elle prend vraiment tout son sens et révèle son potentiel à partir du moment où il y a collaboration, où les œuvres se répondent, où se réinterprètent, où se partagent. Tout ça, c’est du même. Et ça c’est quelque chose qui manque encore et puis on a sorti un roman en novembre dernier qui s’appelle Le Bastion des Dégradés qui est déjà un ouvrage collectif, il y a 5 auteurs et autrices qui ont écrit ce roman ensemble, mais ce n’est pas des nouvelles différentes, c’est vraiment un roman cohérent qui a été fait de manière collaborative donc aussi toujours en cohérence avec la démarche du libre.
Et puis, on a obtenu un petit peu plus de financement que d’habitude pour la sortie d’un livre. Et on aimerait vraiment prolonger l’expérience licence libre liée à ce roman. Et on a lancé, il y a une semaine, deux choses. Il y a un wiki de l’univers où tout un chacun peut venir l’enrichir, éventuellement même inventer des volets de cet univers de son histoire, de je ne sais pas enfin bref, c’est un outil qui est là et qui invite à la collaboration si on veut.
Et l’autre c’est que on a lancé un concours de création, quand on parle de création ça peut être de l’écriture ça peut être de la musique, ça peut être n’importe quoi, qui prend son inspiration et respecte le lore c’est-à-dire l’univers posé dans le roman en question, Le Bastion des Dégradés, pour aider, les contraintes aident à la créativité. Il y a cinq illustrations dans le roman qu’on a mis en couleur, que vous trouvez sur notre site internet. Et puis, à partir d’une de ces illustrations, imaginez une musique, un texte, une nouvelle, une bande dessinée, n’importe quoi. Amusez-vous ! Et puis le prix a lieu jusqu’au début juillet je n’ai plus la date exactement en tête mais donc on laisse du temps aux gens de faire des choses. Si vous faites une création sous licence libre qui reprend, respecte ça on va faire un jury et puis il y a un prix de 1500 francs Suisse. L’idée c’est aussi de pouvoir récompenser les personnes qui ont contribué, et puis après on décidera de toute façon, le « canon » de l’univers va être discuté avec les auteurs et les autrices, et puis les œuvres qui nous plairont ou qui s’intègrent, ou simplement qui s’intègrent bien dans l’univers, en fait, on les rajoutera dans le lore, et on travaillera activement à faire la promotion, suivant, c’est de la musique, peut-être trouver un label, je n’en sais rien, on verra. L’idée vraiment, c’est de lancer quelque chose qui soit un univers de fantaisie contributive sous licence libre.
Lionel Jeannerat
Si vous avez des idées, si vous avez des envies, quelle que soit la qualité des œuvres, si vous n’avez jamais écrit et que ça vous donne envie, allez-y, envoyez-nous, on va le lire et puis on sera heureux d’avoir des contributions. Comme c’est sous licence libre donc on n’empêche pas les gens de les publier donc même si c’est des créations qu’on lui a avant la date fatidique puis qu’il a déjà partagé et bien en fait on va l’aider à être visible puis peut-être que ça inspirera d’autres enfin voilà c’est un petit peu une expérience on verra si ça fonctionne ou pas moi je suis très excité à cette idée.
Walid : super ben merci beaucoup Lionel bonne continuation puis qui sait on se reparlera peut-être sur le podcast à une autre occasion pour avoir les conclusions de ce concours.
Lionel : ouais il y a ça et puis un volontier aussi pour te parler de Be-Bop
Walid ;: avec grand plaisir tout à fait
Lionel : et puis il y aura d’autres occasions.
Walid : ça marche merci beaucoup bye bye.
Production de l’épisode
- Enregistrement en présentiel lors des Rencontres Hivernales du libre à Saint-Cergue (VD) en Suisse le 25 janiver 2026
- Montage : Walid Nouh
- Transcription : Walid Nouh
Licence
Ce podcast est publié sous la licence CC BY-SA 4.0 ou ultérieur











