Retour du FOSDEM 2026 par des personnes proches du podcast
Sommaire
Walid : Aujourd’hui, c’est un épisode un petit peu particulier, beaucoup plus court, dont le but est de vous faire un retour sur le FOSDEM.

Donc le FOSDEM, c’est le grand salon de développeurs de logiciels libres qui se tient à Bruxelles tous les ans. Cette année, c’était les 31 janvier et 1ᵉʳ février. C’est le gros salon de notre écosystème où il y a entre 8 000 et 9 000 personnes. Et donc aujourd’hui, j’ai demandé à quelques personnes autour de moi de me faire un petit retour rapide de leurs impressions du FOSDEM pour vous donner une idée de comment ça s’est passé et aussi de quel type de public on rencontre.
Pour commencer, premier retour, celui de Virginie Dewulf, qui est membre de l’OCA (l’Odoo Community Association). J’ai fait un épisode, si vous voulez, là-dessus : saison 2, épisode 21.
Virginie : bonjour tout le monde, moi c’est Virginie. je travaille comme consultante open source, mais aussi maintenant comme comptable en utilisant des logiciels libres. Je suis très active dans la communauté de l’OCA, Odoo Community Association. Si vous voulez en savoir plus, il y a un très bon épisode que Walid a fait il y a deux ans sur notre projet open source. Cette année, je suis allée au FOSDEM, un peu comme, pas chaque année, mais presque chaque année depuis bientôt 18 ans. J’habite à Bruxelles, donc c’est très facile pour moi de m’y rendre.
Ce que j’adore avec le FOSDEM, c’est de voir comment la ville foisonne de geeks et aussi de gens pas si geeks que ça et qui se rassemblent pour se retrouver à l’université de Bruxelles. Les trams, les bus sont complètement remplis les jours avant, les deux jours de week-end aussi. Et donc, c’est très rigolo de passer dans les cafés qui sont dans les quartiers autour de l’université et de dire : « tiens, est-ce que vous allez au FOSDEM ? ». Et évidemment, on les repère tout de suite, les gens qui vont au FOSDEM : ils ont des super t-shirts, ils ont des super pulls. Bon, après, c’est un peu cliché, mais il y a aussi de tout. Il y a vraiment de tout et de plus en plus de femmes d’une année à l’autre, je trouve, personnellement.
Ce que j’aime avec le FOSDEM c’est qu’il n’y a pas que des discussions techniques, donc il y a des salles de discussion qui organisent des conférences tout au long de la journée. Il y en adont je ne comprends même pas le nom mais il y en a d’autres où c’est beaucoup plus accessible pour les gens qui ne sont pas des développeurs ou des développeuses. Et donc moi ce que j’aime beaucoup aller écouter c’est la salle la community dev room qui parle de comment animer des communautés open source, qui parle de « On parle des problèmes dans les communautés open source » avec pas mal de témoignages. Cette année, il y avait des discussions sur que faire dans le cas de contributeurs qui essayent d’amener des contributions sur base d’intelligence artificielle générative. Et donc, c’était assez intéressant de voir qu’il n’y a pas que dans notre communauté qu’on se pose ce genre de questions, qu’il y a des choses qui existent. Donc, ça permet aussi de s’inspirer pour les projets dans lesquels on est actif. il y a aussi souvent la salle sur « comment financer l’open source ? » qui m’intéresse pas mal, mais cette année, je n’ai pas pu y aller.
Un autre aspect très cool du FOSDEM, je trouve, c’est le fait qu’il y a plein de stands. Et donc, tous les projets open source qui ont pu obtenir un stand sont présents partout dans les auditoires, autour des salles de conférences. Et là, c’est aussi fou de voir la masse de gens qui circulent et qui essayent d’atteindre certains stands qui sont très courus. je pense qu’il y a des gens qui font des espèces de collections de stickers et qui passent partout pour les choper. Mais donc moi-même, j’ai fait quelques tours de stands et c’est très marrant d’entendre les gens présenter leurs projets, de se rendre compte que ça va dans toutes les directions. Moi, j’ai été voir tous les stands sur tout le côté open hardware que je ne connais pas tellement et de voir que je pourrais connecter mes vannes thermostatiques de mes radiateurs à du logiciel libre, évidemment, ça m’intéresse. Même si ça me paraît encore très éloigné, mais je pense qu’il y aura moyen grâce à plein d’outils qui sont créés par les différentes communautés.
Donc voilà, moi je trouve que c’est quelque chose à voir au moins une fois dans sa vie. c’est plein de gens, plein de bonne humeur, plein d’énergie vraiment. Et donc c’est aussi pour les femmes, c’est aussi pour les personnes qui ne sont pas hyper techniques. Et alors c’est aussi l’occasion de se croiser, d’aller boire un verre. il y a moyen de faire des rencontres et de bien s’amuser en toute simplicité donc je vous invite à venir voir le FOSDEM par vos propres yeux.
Walid : Deuxième retour c’est Alex Hoyau qui est fondateur de Silex. Silex si vous voulez en savoir plus écoutez l’épisode 12 de la saison 3.
Alex : salut, Alex Hoyau de Silex. j’ai été au FOSDEM récemment. Et j’y étais un peu par hasard. j’étais pas très loin. je me suis dit « Bon, c’est l’occasion ». Et j’ai proposé une conférence, du coup, qui a été acceptée sous forme d’un atelier. Donc j’ai reçu des gens dans ce qu’ils appellent une BOF, une « unconference ». c’est un concept assez marrant. Donc j’ai été en voir d’autres, d’ailleurs. Et c’est à chaque fois très sympa, parce qu’on s’attend à ce que tout le monde parle. c’est pas vraiment un expert devant des gens qui l’écoutent, c’est plutôt des échanges. Donc c’était très sympa, cette partie-là. Du coup, on se retrouve à parler à des gens. c’est plus facile pour prendre contact que d’aller sinon dans une conf.
Et puis quoi d’autre ? il y a des choses qui m’ont frappé. Les gens sont tous très différents. il y a vraiment beaucoup de styles de gens différents. Ça, c’est assez agréable. On parle beaucoup de sujets non techniques, mais avec une approche très technique, en tout cas très terre-à-terre. Et donc, ça va de la communauté, la gouvernance, le business model, les licences, tout plein de choses qui tournent autour de ce qu’on fait. c’est à l’air d’être les sujets préférés de tout le monde, mais d’une approche très pragmatique. il n’y a personne qui essaye de vendre ou d’imposer son point de vue. c’est vraiment plus dans l’échange. Chacun essaye de prendre les avis des autres plus que d’imposer les siens.
Et voilà, c’est un peu ça qui m’a frappé. En tout cas, les confs que j’ai vues, il y avait des slides qui étaient quand même très fournis. c’est-à-dire que ça ne respecte pas du tout les standards d’une présentation normale. Les gens parlaient un peu dans leur barbe et tout, ça se sentait le truc… Mais tout le monde était content avec ça. Les gens n’étaient pas forcément nerveux. Ce sont des gens qui ont l’habitude de parler en public et tout. Mais ça se voit que c’est brut, quoi. Voilà. Prends-moi comme je suis et c’est tout. Donc c’est un peu ça, l’esprit de la conf. Et c’est renforcé par ce côté un peu un intello de la fac, où on est dans une grande fac avec des bâtiments un peu old school et tout. c’était très sympa. Et puis Bruxelles, c’est génial. Les transports, tout était facile, tout était simple et gratuit. il y avait de la bouffe sur place. il y avait des tas d’endroits où on peut se poser. j’ai même vu des gens qui regardaient les confs de leur ordi dans une salle alors qu’il y avait de la place et qu’on pouvait y aller en live, mais ils préféraient le regarder en vidéo. Et voilà, plein de gens qui font des petits projets aussi, qui se mettent à programmer sur le côté. Donc je recommande, voilà.
Walid : Troisième retour, c’est celui de Raphaël Semeteys, qui est co-animateur du podcast.
Raphaël : je suis Raphaël Semeteys. je suis allé au FOSDEM parce que c’est vraiment un événement où on sent le tout, le cœur de l’auto-source en Europe et dans le monde. C’est vraiment un collectif collaboratif, j’adore ça faisait longtemps que je n’y étais pas allé et là je pense que je vais refaire régulièrement.
Les conférences qui m’ont le plus intéressé c’était dans la partie social web, notamment une sur Mastodon où il y avait des gens de Mastodon qui expliquaient ce qu’ils étaient en train de faire et pourquoi ils prenaient du temps pour bien le faire et qu’il fallait qu’on soit patient. J’aime bien aimer le fait qu’ils disent on est conscient qu’on ne peut pas devenir un point central du Fediverse, c’est qu’on favorisait l’émergence de nœuds et le maillage. Donc c’était intéressant de voir cette vision-là, comment ils s’organisaient pour le faire.
Et puis bon, plein de discussions avec plein de gens et en fait, c’est vraiment pour ça que pour moi le FOSDEM est unique, c’est vraiment les rencontres, les discussions. Certes, il y a des conférences, ce sont vraiment les gens qui font l’open source et avec qui on peut discuter. On a plein d’idées, plein de nouvelles rencontres, plein de nouvelles d’idées et c’est extraordinaire c’est une ambiance je sais pas combien de personnes dans le FOSDEM, c’est beaucoup personne c’est je crois entre neuf et dix mille personnes. Un événement de cette taille qui se passe aussi bien tranquille tout est sauf tout le monde est cool enfin vraiment j’adore vraiment. Un événement que je recommande fortement et si vous avez peur de la foule c’est pas grave il y a toujours moyen de trouver des endroits s’il ya des conférences improbables dans lesquelles je me suis retrouvé en me laissant guider juste comme ça, par le flow. Et on apprend des trucs complètement dingues. il y a des gens qui sont en train de faire des choses extraordinaires juste par hasard. Et ça aussi, c’est la force du FOSDEM.
Walid : Quatrième retour, celui d’Alex Bourreau, qui est contributeur à OpenFoodFacts. OpenFoodFacts, on en a parlé dans la saison 2, dans les épisodes 14 et 16.
Alex : salut, moi c’est Alex. Cette année, je suis allé au FOSDEM pour deux raisons principales. Rencontrer et voir un petit peu ce qui se faisait de côté de la Dev Room Transport et présenter un projet auquel je contribue qui s’appelle OpenPrices, dans la galaxie OpenFoodFacts. Paradoxalement, la conférence qui m’a le plus marqué, elle n’était pas dans ces milieux-là, elle était dans la DevRoom Community. c’était une conférence présentée par une chercheuse qui s’appelle Miranda Heath et qui parlait du burn-out dans l’open source. elle était, au-delà du sujet, qui est un sujet important, la manière dont elle présentait était comme une histoire qui était racontée, donc c’était vraiment super.
Dans l’ensemble la conf est quand même assez particulière quand on compare à d’autres conférences ou d’autres rendez-vous autour de la programmation par exemple ou de l’open source, c’est assez singulier. On est dans un écosystème qui se connaît quand même assez bien, qui partage un petit peu les bases, donc il n’y a pas besoin un de rappeler les concepts initiaux de pourquoi est-ce qu’on fait ça, qu’est-ce que l’open source, etc. Tout le monde est déjà un peu expert et convaincu de ces sujets collaboratifs, tech mais d’un autre côté et ce qui est encore plus flagrant c’est qu’il y a peu d’invidualité dans cette conférence on parle vraiment des projets, on parle pas des personnes personne ne porte un badge par exemple c’est un peu l’image de l’open source en fait, c’est anonyme c’est en ligne chacun a son pseudo et on est plutôt là pour parler des projets donc verdict au FOSDEM quand on rencontre quelqu’un, on lui parle de sa passion de choses comme ça et puis on termine pas avec un scan d’un QR code qui va vers un LinkedIn ou quelque chose comme ça. Il n’y a pas de contact finalement qui sont vraiment pris en fin de conversation je pense que c’est lié au fait que les gens se fassent confiance sur le fait que si le projet est intéressant et qu’il est bien identifié on saura retrouver assez facilement où est-ce qu’il était via le GitHub etc puisque les choses sont finalement assez standardisées dans l’open source c’est assez facile de retrouver les personnes même si on n’a pas leur nom. Je pense que dans l’ensemble c’est quand même assez lié au type de public qui est là-bas, ça reste des développeurs introvertis qui n’ont pas forcément toujours les codes sociaux un peu classiques du type de conférence habituelle mais je pense que c’est ce qu’on aime au FOSDEM.
Walid : Et pour finir le retour de Laurent Destailleur qui est mainteneur Dolibarr ERP CRM. Laurent a été le premier invité du podcast.
Laurent : salut Walid, alors pourquoi avoir participé au FOSDEM ? Pour deux raisons principales. La première, présenter le logiciel open source de gestion d’entreprise Dolibarr à un public autre que le public francophone, puisque le FOSDEM est un salon qui est très fréquenté par des non francophones, donc anglais, hollandais, allemands également. Donc ça permet de cibler un public auprès duquel le projet Dolibarr est un peu moins populaire. Et puis l’autre raison, c’est de rencontrer les autres acteurs des projets majeurs open source. Même si, pour être honnête, il y a tellement de monde qui sont passés sur le stand que je n’ai pas eu beaucoup le temps de me balader, mais c’est partie remise pour l’année prochaine.
Sinon, pour l’anecdote, parmi tous les visiteurs qui sont passés sur le stand de Dolibarr, il y en avait un peu particulier qui m’a longtemps interrogé sur Dolibarr. Et les questions allaient un peu au-delà des questions habituelles qui sont : est-ce que Dolibarr est prêt pour la facturation électronique ? Oui, est-ce que Dolibarr peut s’interfacer avec le réseau Peppol ? [Voir l’épisode sur la facturation électronique]. Oui, etc. Mais c’était plutôt des questions sur la gouvernance du projet, le fonctionnement, les méandres internes, etc. Et la conversation a duré vraiment un peu plus longtemps qu’avec un autre visiteur. Et à l’issue de cet échange, il s’avère que je partageais le stand avec l’OCA, donc l’Odoo Community Association, et là, Hugues [Damry] me dit, qui lui représentait l’Odoo Community Association, il me dit « Tu sais à qui tu viens de parler là ? » je dis « Non. » Et il me dit « En fait, tu viens de parler pendant plus d’un quart d’heure avec le CTO de Odoo. » Voilà, donc c’est marrant parce que c’est le genre de choses qu’il n’y a que dans le FOSDEM que tu peux vivre ce genre d’aventure.
Walid : Petit retour du FOSDEM de mon côté. Je retiens que c’est une bonne édition. J’ai l’impression qu’il y avait autant de monde que d’habitude, c’était très sympa de revoir des gens, certains qu’on ne voit qu’au FOSDEM, d’autres qu’on peut croiser régulièrement, de prendre du temps aussi avec certains invités qu’on a pu croiser et discuter assez longuement.
Les choses marquantes, je retiens deux choses. La première, c’est que sur place, il y a une conférence qui m’a beaucoup intéressé dans la dev room transport sur l’état de l’open data dans les transports en République tchèque. C’était super intéressant de voir que la personne a vraiment galéré, qu’elle a dû passer par la cour tchèque, puis après par la cour européenne pour récupérer des données et que même à travers ça, les données qu’elle a récupérées sont incomplètes. Et à distance, parce que j’ai regardé beaucoup de conférences depuis le FOSDEM, Je retiens surtout la conférence sur PostMarketOS, tout le système de testing matériel qu’ils ont mis en place pour pouvoir tester PostmarketOS, donc OS mobile Linux, sur des téléphones physiques. Je trouve que c’est vraiment hyper intéressant de voir ce qu’ils ont été capables de faire et ce qu’ils présentaient sur leur stand au FOSDEM.
C’est tout pour ces retours, on espère que ça vous a plu n’hésitez pas à faire tourner, en parler autour de vous et si ça vous a plu peut-être qu’on en refera d’autres sur d’autres salons qui sait, à bientôt.
Production de l’épisode
- Enregistrement à distance séparé pour chaque invité
- Montage : Walid Nouh
- Transcription : Walid Nouh
Licence
Ce podcast est publié sous la licence CC BY-SA 4.0 ou ultérieur



