La fédération des professionnels d'OpenStreetMap (FPOSM)

[Open Data] FPOSM : la fédération des professionnels d’OpenStreetMap !

FPOSM : la fédération des pros d’OpenStreetMap

Walid : bonjour et bienvenue à tous sur Projets Libres, le podcast de LinuxFr.org qui parle de logiciels libres, de communs numériques et de données ouvertes. Bienvenue à tous, aujourd’hui on va parler d’OpenStreetMap une deuxième fois. Je vous invite d’ailleurs, si vous ne l’avez pas déjà écouté, à écouter le premier épisode d’introduction, l’épisode numéro 6 de la saison 3, d’introduction à OpenStreetMap. Et aujourd’hui on va parler avec mes deux invités de la Fédération des Professionnels d’OpenStreetMap [FPOSM]. Donc je suis très content parce qu’aujourd’hui j’ai deux invités : Marina Petkova qui est associée fondatrice de la société Dynartio et Florian Lainez qui est associé fondateur de la société Jungle Bus et président de la Fédération des Professionnels d’OpenStreetMap. Marina, Florian, bienvenue sur le podcast Projets Libres ! J’espère que vous allez bien en cet après-midi du 9 mars. Super,

Marina : merci beaucoup de nous accueillir, on va super.

Présentation des invités

Walid : parfait, on va commencer, je vais vous demander de commencer par vous présenter s’il vous plaît : qui vous êtes et comment vous avez découvert les communs numériques et le logiciel libre. Marina, est-ce que tu veux commencer, s’il te plaît ?

Marina : Marina Petkova, je suis gérante de l’entreprise Dynartio et je suis membre de la fédération des pros d’OpenStreetMap. Peut-être pour vous dire comment j’ai découvert les communs numériques, le logiciel libre d’OpenStreetMap : je suis fille de développeur et j’ai grandi avec le libre, mais sans vraiment me poser de questions, sans vraiment comprendre toutes les valeurs et les intérêts. Et ce n’est que beaucoup plus tard, quand j’ai fait des études de droit de la transition écologique, que cela m’a amenée naturellement vers le libre et les communs.

À vrai dire, quand on parle de planification territoriale et de transition écologique de nos territoires, on a des gros enjeux de co-construction d’une connaissance utile pour les territoires et pour les différentes parties prenantes. Et ça, c’est typiquement quelque chose qui ne peut pas être fait avec du propriétaire. On a besoin de communs, on a besoin de faire ensemble. Et bien souvent, on a besoin d’OpenStreetMap. Donc, c’est comme ça que je suis tombée dans les communs numériques et le logiciel libre.

Marina Petkova

Walid : tu as découvert OpenStreetMap quand ? Il y a longtemps ?

Marina : j’ai découvert OpenStreetMap en 2016, lors d’un cartopartie. Et pour la petite histoire, je n’ai pas du tout accroché en 2016. Ce n’était pas au mon dada à l’époque. Et ensuite c’est mon collègue et le travail qui m’a amenée à faire dans le cadre professionnel. Ce qui a commencé comme une mission pro est maintenant devenu une passion et j’en contribue tous les jours sur mon temps libre.

Walid : Super. Florian, de ton côté, qui es-tu ?

Florian : Oui, moi je suis tombé dans le libre quand j’étais petit, je suis tombé dans l’armée quand j’étais petit, j’ai toujours été libriste dans l’âme. J’ai fait un stage chez Mozilla, j’étais impliqué dans la communauté Wikimedia. J’ai un peu regardé ce qui se faisait parce que je n’ai jamais été développeur donc j’avais un peu ce syndrome de l’imposteur dans cette communauté libriste.

Et puis OpenStreetMap c’est un projet où on peut aller sur le terrain créer de la donnée géographique, créer des cartes se déplacer dans le monde et créer des données qui sont utiles à tout le monde donc ça m’a tout de suite plu et ensuite le reste ça a été un engrenage infernal où j’ai passé de plus en plus de temps dans le projet. Donc j’ai pris diverses responsabilités dans OpenStreetMap, dans pas mal de projets et là jusqu’à proposer à toutes ces entreprises de monter cette fédé des pros.

Walid : Tu as découvert en quelle année OpenStreetMap? De quelle manière?

Florian : OpenStreetMap ça a été créé en 2004 moi je crois que j’ai commencé en 2008 ou 2009 si mes souvenirs sont bons.

Walid : Très bien. Est-ce que vous voulez expliquer assez rapidement ce que vous faites au niveau professionnel ? Marina, qu’est-ce que vous faites dans la société Dynartio ?

Marina : Dans Dynartio, on s’intéresse aux questions de planification territoriale et d’économie circulaire. Globalement, nous avons trois axes de travail. On fait des études de ce qu’on appelle le métabolisme territorial, et qui veut dire qu’on s’intéresse aux flux et aux ressources qui sont mobilisées sur un territoire pour que celui-ci puisse fonctionner correctement. Donc, on va parler énergie, matière, déchets, carbone. Ensuite, on développe aussi des outils open source dédiés à cette analyse de flux et on déploie des observatoires territoriaux de co‑construction de l’information territoriale. Et puis, bien sûr, on contribue et on utilise des données OpenStreetMap en lien avec ces différents sujets.

Walid : D’accord. Et toi, Florian chez Jungle Bus ?

Florian : Côté Jungle Bus, on est une société un peu particulière parce qu’à la base on était une association on a commencé à cartographier des mobilités dans OpenStreetMap pour le fun le soir et le week‑end. Mon associé et moi‑même, nous sommes des anciens de la SNCF et on créait des données de mobilité pour le boulot. On s’est dit « non mais attends il faut vraiment qu’on cartographie le réseau de bus en détail de toute l’Île‑de‑France parce que sinon la vie serait pas drôle ». On s’est mis à faire ça et puis il y a certaines personnes qui étaient intéressées on a créé une association et puis après on s’est rendu compte qu’il y avait un vrai besoin des entreprises et des collectivités pour être accompagné et vraiment qu’il y ait une compétence, qu’il y ait une expertise qu’ils n’ont pas en interne pour cartographier des données de mobilité dans OpenStreetMap. Aujourd’hui, c’est ce qu’on fait. On fait de la mobilité au sens large. C’est des réseaux ferroviaires avec l’intérieur des gares d’Île‑de‑France, par exemple. On fait aussi de la cartographie sur les trottoirs pour l’accessibilité ou encore des réseaux.

Logo de la fédération des professionnels d'OpenStreetMap avec slogan

Présentation de la FPOSM

Walid : très bien. Je ne vais surtout pas commencer à parler de ça. Ce n’est pas le sujet du jour, même si ce n’est pas l’envie qui manque. Alors, passons à la première grande partie. On a parlé de la fédération des pros d’OSM. J’en ai parlé en introduction. C’est le sujet de l’épisode du jour. Est-ce que vous pouvez commencer par expliquer qu’est-ce que c’est que la fédération des professionnels d’OpenStreetMap ? Florian, est-ce que tu veux commencer ?

Florian :

la FPOSM, la Fédé des pros, c’est un groupe d’entreprises qui partage des mêmes valeurs et qui utilise OSM dans leurs projets. Ça, c’est le sous-titre de notre fédé. En fait, on est parti du principe que pour faire grandir et soutenir le commun numérique qu’est OpenStreetMap, c’était intéressant d’avoir des entreprises qui partagent les mêmes valeurs, qui vraiment aient ce sens du commun. Et ce n’est pas vraiment le cas pour toutes les entreprises. On a des entreprises qui ne jouent pas le jeu du commun.

Florian Lainez

Et nous, on s’est dit, on se rassemble entre entreprises qui jouent le jeu, qui souhaitent faire grandir le projet OpenStreetMap et on essaye de s’organiser pour faire grossir tout ce groupement d’entreprises. À la base, on était moins de 10. Et maintenant, 4 ans plus tard, on est 26 entreprises.

Walid : comment ça a commencé ? Je veux dire, quel est un peu le facteur déclencheur qui fait que vous avez commencé à réfléchir à cette fédération ?

Florian : alors, il y avait des réflexions assez anciennes sur le fait de grouper les réponses aux personnes qui nous font des demandes professionnelles. Puisque du côté de l’association OpenStreetMap France, qui est l’association à but non lucratif, qui rassemble uniquement des personnes individuelles, il y avait déjà ce parti pris depuis de nombreuses années de ne jamais répondre par des prestations. Donc l’association OpenStreetMap France ne fait aucune prestation et ils avaient beaucoup de demandes entrantes pour être accompagnés professionnellement. Et donc, il y avait vraiment un marché et quelque chose qui était intéressant à gérer de ce côté-là. On était très déçus dans la communauté OpenStreetMap de devoir répondre à quelqu’un qui vient demander une prestation : « Vous n’avez qu’à lire le wiki, ne vous inquiétez pas, il y a la documentation, tout va bien se passer. » Non, non, non, les collectivités, les entreprises, elles attendent vraiment bien plus que ça. Et c’est de cette réflexion qu’est née la Fed.

Walid : donc première question, à quel moment commencent ces réflexions ? Et deuxième question, à cette époque-là, si je suis une collectivité et que je veux avoir une prestation autour d’OpenStreetMap, quel choix j’avais ?

Florian : oui, alors déjà, les collectivités, ça fait longtemps, ça fait de très nombreuses années qu’elles travaillent avec des sociétés de services en logiciel qui ont une expertise open source et d’autres qui ont des expertises en open data. Donc, il y avait quand même des solutions qui existaient déjà et puis chacune des entreprises, de notre côté on apportait des réponses à nos clients sur nos propres secteurs avec Jungle Bus pour la mobilité et puis les autres entreprises, chacun un peu dans son secteur d’activité. Donc, c’était déjà existant.

Vraiment, la fédération, ça permet de grouper nos efforts et donc, il y a eu des réflexions, notamment lors des State of the Map France. Le State of the Map, c’est l’événement annuel qui rassemble les contributeurs et les contributrices OpenStreetMap pendant un week-end, pour des ateliers, des démonstrations, des conférences. Et c’est durant ce State of the Map France qu’on a consolidé, année après année, cette réflexion pour créer la fédération.

Walid : ça a mis plusieurs années. L’association a été créée en quelle année ? Et vous avez commencé à discuter pas mal les années précédentes à chaque fois que vous vous voyez.

Florian : oui, alors là, on est en 2026. Les statuts de la fédération ont été déposés en 2022, donc elle fête ses quatre ans, mais ça faisait peut-être six, sept ans, peut-être même huit ans qu’on réfléchit à ce projet.

Walid : ah oui, c’est un long processus.

Florian : c’est un long processus parce que dans la communauté OpenStreetMap, il y a des branches divergentes d’opinion sur ce qui doit être fait.

On avait beaucoup de projets techniques de collaborations techniques ou de création de données. Là, le fait de s’organiser en filière, c’est vraiment quelque chose qui est nouveau, qui est novateur et qui n’existe pas à travers le monde. En France, on est le seul pays à avoir une fédération des pros qui est reconnue officiellement par la Fondation OpenStreetMap qui est encore une troisième entité. J’espère que je ne jargonne pas beaucoup, mais il y a la fondation OpenStreetMap qui est mondiale et qui organise le projet. Il y a l’association OpenStreetMap France qui gère un peu les bénévoles sur le territoire français et qui est reconnue comme chapter, donc comme organisation officielle par la Fondation. Et puis, il y a la Fédé des pros qui est la seule entité dont les membres sont des professionnels et qui est reconnue aussi par la Fondation. Et ça, c’est quelque chose qui est totalement inédit dans le monde entier.

Florian Lainez

Walid : Marina, toi, t’entends parler de la Fédération à partir de quand ? Vous n’étiez pas dans les membres fondateurs, c’est ça ?

Marina : non, mais de ce que je me souviens, on en avait entendu parler au moment de la création et ce sont des membres fondateurs qui nous ont permis de rejoindre la fédération. Et nous, à ce moment-là, on était plutôt jeunes dans notre réflexion autour d’OpenStreetMap. On en faisait, mais ce n’était pas notre cœur de métier. Et ce qui est drôle, c’est qu’aujourd’hui, c’est aussi grâce à la fédération et grâce aux différents collègues qu’on a pu rencontrer, qu’OpenStreetMap prend une place de plus en plus grande dans notre activité professionnelle.

Walid : OK. On va y revenir dans une partie après. La fédération, quel est son statut légal ?

Florian : c’est une association, loi 1901, sans but lucratif.

Walid : est-ce que c’était une évidence pour tout le monde qu’il fallait faire une association ou est-ce que vous avez discuté des différents statuts possibles pour cette fédération ?

Florian : on a discuté de pas mal d’options, notamment des coopératives. Et finalement, c’est l’association qui a émergé. Cette réflexion est vraiment quelque chose qui est toujours d’actualité dans la fédération, de réfléchir au statut et de comment on s’organise, pas uniquement dans la fédération, mais aussi quelles entreprises en font partie et comment on s’organise entre nous. La gouvernance dans l’open source, c’est un sujet qui n’est jamais clos.

Walid : les auditrices et les auditeurs en entendent parler dans presque tous les épisodes… OK, donc association loi 1901. Quelles sont les valeurs dont vous faites la promotion à travers l’association ?

Florian : l’association vise à défendre le projet OpenStreetMap avec ses bases, ses valeurs telles quelles. Donc, c’est l’open source, l’open data et le fonctionnement communautaire. Alors, je vais revenir un peu sur ces trois points. C’est vraiment les trois piliers d’OpenStreetMap et donc de la fédération.

L’open source, c’est le fait d’utiliser des logiciels qui sont ouverts et qui sont utilisables par tous et par toutes. C’est quelque chose dans la communauté OpenStreetMap qui est largement partagé : tous les logiciels ne sont pas open source pour faire de l’OpenStreetMap, mais néanmoins il y a quand même un écosystème technique qui est extrêmement large et qui permet de se partager du code.

L’open data, c’est tout à fait évident : toutes les données qui sont dans OpenStreetMap sont en open data, chacun·e peut utiliser très librement les données d’OpenStreetMap sous licence open data.

Le fonctionnement communautaire, ça, c’est aussi quelque chose qui n’est pas évident dans le monde du business et que pour nous, associations, entreprises qui faisons partie de la Fédération des pros, ce mode d’organisation nous convient bien. On essaye de le promouvoir, la collaboration des entreprises en tant que telles pour créer une communauté, pour faire partie de la communauté OpenStreetMap, mais pour être une sous-communauté d’entreprises qui fait vivre ce commun. Pour nous, ça, c’est vraiment important.

Walid : en tant qu’association, vous avez une charte ?

Florian : oui, la charte éthique, c’est le document qui était le plus important et qu’on a élaboré au début. On l’a fait avant de créer nos statuts, c’était la chose qui nous paraissait le plus important pour se distinguer justement de toutes ces entreprises qui font de l’OSM parce que c’est écrit dans les appels d’offres, parce que c’est à la mode ou pour des raisons qui peuvent être tout à fait valables. Mais nous, on va au-delà, on se dit, il faut que les actions des entreprises renforcent le commun, renforcent l’open source.

Walid : pour terminer sur cette partie de présentation, là on voit que déjà tous les deux autour du micro vous travaillez dans des domaines qui sont différents, les membres de la fédération ils travaillent sur des domaines vraiment très distincts, ce sont des profils différents, qu’est-ce qu’on va retrouver un peu comme société professionnelle ? Dans quel domaine ?

Marina : c’est ça aussi qui est la valeur, la force de la fédération, c’est que nos membres ont un large, large spectre de compétences et de domaines d’activité.

On voit un peu tout type d’activité qu’on peut avoir autour d’OpenStreetMap et je vais vous en citer quelques-uns. Il y a des membres qui font de l’animation et de la médiation, organisation de cartoparties par exemple, de formation de contributeurs bénévoles ou professionnels ou des agents dans les collectivités. Photocartographie et cartographie par drone, qu’on va ensuite utiliser dans OpenStreetMap. On a des membres qui ont des activités en géomatique et en système d’information géographique. Et puis, des membres aussi qui vont faire du développement de logiciels ou du conseil autour des logiciels libres. On a aussi des bureaux d’études qui vont travailler sur différents sujets de la transition écologique et de la place de la donnée dans la transition écologique. Et puis, tout ce qui est logistique, mobilité, mobilité active, accessibilité, calcul d’itinéraire. Là aussi, on a des membres qui font ça. Et puis, bien sûr, service cartographique et création de cartes. Donc, vraiment, de A à Z, on a des compétences de nos membres qui vont balayer largement les différentes applications d’OpenStreetMap.

Marina Petkova

Walid : on y reviendra, mais on voit que déjà, effectivement, ça peut faire des synergies pour répondre à des appels d’offres entre les différents membres de la fédération. Si l’on rentre un peu plus en détail dans l’histoire de la fédération, donc là, ce que tu disais, Florian, c’est que c’est des années de discussion pour s’organiser, pour arriver à créer cette fédération. Ce que j’aimerais comprendre, c’est l’état d’esprit et par où vous êtes passé en termes de discussion avec les différents membres pour arriver à ce format-là.

Florian : alors, au début, il y a cette idée déjà de mieux collaborer ensemble. Les entreprises qui travaillent dans OpenStreetMap, comment on fait pour mieux collaborer ? C’est vraiment très simple. Je dirais presque égoïste. C’est vraiment comment on peut faire plus de business et le faire mieux. Donc, en effet, il y a répondre ensemble à des appels d’offres plus gros, répondre aux besoins des entités externes, donc privées ou publiques, qui viennent nous demander des prestations. Et ces prestations, elles étaient de plus en plus grosses.

On voit qu’aujourd’hui, les plus grandes villes de France utilisent allègrement OpenStreetMap dans leur création de cartes et de services numériques. Ce n’était pas le cas il y a 10 ans. Donc, c’est monté un peu progressivement. Et puis, il y avait aussi un mouvement qu’on a regardé un peu de loin avec une certaine méfiance et aussi un espoir.

C’est celui des grandes entreprises, notamment américaines, qui ont énormément contribué à OpenStreetMap, plus ou moins bon escient. On avait certaines craintes. Il y a beaucoup d’acteurs, dont Microsoft, Meta, AWS (donc c’est Amazon), Apple, Mapbox, donc en fait, c’est toutes les GAFAM, moins Google. Ils se sont un peu ligués, justement, contre Google, Google qui a une avance considérable avec son Google Maps, pour faire une fondation qui s’appelle Overture Maps, qui est basée sur différentes sources de données, mais notamment et principalement, premièrement, OpenStreetMap, et dont ils ne partagent pas la gouvernance. Donc ils sont sortis d’OpenStreetMap par le haut, c’est-à-dire, on prend les données et on s’émancipe de la gouvernance, on s’émancipe de la communauté, et on fait un peu ce qu’on veut.

Florian Lainez

Alors, c’est à double tranchant. La communauté est très partagée sur Overture Maps. Nous, on a vu ça comme un danger et c’est arrivé au moment où on commençait à structurer notre réflexion et on s’est dit : « il faudrait qu’il y ait des entreprises qui partent de la communauté et qui vont vers OpenStreetMap plutôt que l’inverse ». Et c’est vraiment ce qu’on a cherché à faire et ce qu’on cherche à faire aujourd’hui.

Walid : je reviens sur les collectivités qui passent des appels d’offres. Est-ce que tu peux donner des exemples pour les gens comme moi qui ne sont pas professionnels du secteur ? Qu’est-ce qu’on va retrouver comme type d’appel d’offres ? Tu parlais de gros appels d’offres, ça peut prendre quelle forme en fait ? Ça serait pour faire quoi ?

Florian : alors c’est extrêmement varié. Moi je peux parler déjà de mon domaine d’activité personnellement, celui que je connais, donc c’est sur la mobilité, donc nous on est des anciens de la SNCF, donc il y a toujours un travail en cours avec SNCF Transilien pour cartographier et maintenir à jour la cartographie sur les 380 gares d’Île-de-France, ça concerne aussi les 6 grandes gares parisiennes, ça ça veut dire cartographier très précisément toutes les salles, toutes les pièces en intérieur de toutes ces gares. Donc, c’est vraiment un boulot monstre. Et puis, il y a d’autres appels d’offres qui concernent la réalisation d’un PAV, par exemple, le plan d’aménagement de la voirie. Donc, c’est déterminer où les personnes en situation de handicap peuvent ou ne peuvent pas passer, ce à quoi ils peuvent accéder ou non.

Avec le ministère en charge des Transports, il y a beaucoup d’appels d’offres sur ce sujet-là. Ça peut être aussi le travail qu’on effectue pour Île-de-France Mobilités (qui est l’autorité organisatrice des transports en Île-de-France. Avant, ça s’appelait le STIF), c’est eux qui organisent vraiment les 60 transporteurs d’Île-de-France, qui organisent tout le réseau bus notamment. Et donc avec eux, on travaille sur la donnée, sur la data pour créer notamment les plans de proximité, les 40 000 plans de proximité que chacun·e peut voir dans la rue sur les Abribus, directement sur les points d’arrêt. Donc la réponse à comment est-ce qu’on crée 40 000 plans de proximité ? En fait on utilise les données notamment dans OpenStreetMap parce que ça fonctionne et avant tout parce que c’est vraiment une solution technique qui est très adaptée à ce genre de problème.

Walid : Marina, est-ce que tu veux aussi mettre en avant un ou deux exemples ?

Marina : les marchés que moi j’ai vu portaient beaucoup sur les infrastructures cyclables par exemple ou les infrastructures marchables. J’ai vu plusieurs grands marchés pour l’évaluation du schéma directeur cyclable à l’échelle d’un département ou à l’échelle d’une région où on voyait très clairement OpenStreetMap dans le cahier des charges techniques. Cela étant dit, dans les marchés que moi je fais le plus souvent, ce n’est pas toujours sur la thématique mobilité, mais par exemple sur la thématique alimentation ou déchets, on ne parle pas d’OpenStreetMap dans le cahier des charges technique. Généralement, c’est nous, quand on répond à ce marché, qui va ramener OpenStreetMap et qui va argumenter de pourquoi c’est le bon choix pour récupérer, par exemple, les points d’intérêt.

Quand on parle d’alimentation, on va s’intéresser à tous les… Où sont situés nos agriculteurs ? Où sont les ventes à la ferme ? Les marchés ? Voilà. Nous, comme on travaille sur des flux, on va forcément d’abord s’intéresser : c’est où sont les acteurs pour qu’on puisse modéliser les flux entre acteurs. Et pour cela, presque toujours, notre première étape de travail, c’est OpenStreetMap. Et ce qui est intéressant et un peu triste, c’est que dans les marchés, on ne le voit pas. Les donneurs d’ordre, en fait, ils ne vont pas parler nécessairement d’OpenStreetMap, alors que pour nous, c’est vraiment la base du début de travail.

Walid : une des idées qui mène à la création de la fédération, c’est ce schéma assez habituel des GAFAM de prendre quelque chose, d’essayer de prendre un commun ou quelque chose qu’il y a, d’essayer de s’en extraire pour en faire ensuite un peu ce qu’ils veulent. Tout à l’heure, Florian, tu as parlé des sociétés de service, des sociétés qui faisaient assez grosses, qui faisaient du service aussi. Je pense qu’il y en avait déjà à l’époque qui faisaient de la prestation.

Florian : oui, dans nos membres, il y en a certains. On peut citer notamment Makina Corpus qui travaille dans le libre et l’open data depuis de très nombreuses années, Latitude Cartagène, qui font des plans de proximité et qui sont basés à Lyon. Il y a beaucoup de membres dans la Fédé qui existent depuis longtemps et qui existaient avant OpenStreetMap.

Les étapes de la création effective de l’association

Walid : donc vous discutez et vous arrivez sur le format de la création de l’association. Quelles sont les étapes qui mènent à la création effective de l’association ? En premier lieu, d’abord, actuellement, cette discussion, elle est plutôt, si je comprends, franco-française. Est-ce qu’au moment où vous faites ces réflexions, vous avez déjà commencé à échanger avec la Fondation OpenStreetMap ? Quelles sont les relations que vous avez avec le projet OpenStreetMap en lui-même et pas seulement l’association française ?

Florian : oui, alors la fondation, ils avaient déjà cette vision des problématique avec les grosses entreprises de l’IT qui est un peu à double tranchant. Je ne vais pas les mettre en dehors de la communauté parce qu’il y en a certaines d’entre elles qui ont apporté beaucoup à la communauté. Le projet Map with AI de Meta (à Facebook), Bing Maps, c’est la cartographie de Microsoft, elle utilise OpenStreetMap. Donc, je n’ai pas envie de les diaboliser, pas du tout. C’est des grosses entreprises qui font et qui utilisent OpenStreetMap parce qu’elles en ont besoin. Mais nous, on avait vraiment envie de faire autre chose, de partir de la communauté. Donc, j’ai oublié la question.

Walid : ma question, c’était à partir de quand vous commencez à en parler avec la fondation OpenStreetMap ?

Florian : on en a parlé avec la fondation dès le début, très rapidement, quand on a eu l’idée, on s’est dit : « c’est très important que la Fondation nous reconnaisse officiellement ». On a écrit les statuts, on les a envoyés, et ça a pris un peu de temps, mais ils ont accepté le fait de nous reconnaître comme chapter officiels. Donc, c’est très inédit. En France, il y a deux chapters qui sont officiellement reconnus : l’Association OpenStreetMap France et la Fédération des pros. Et donc, pour nous, c’était important de pousser le fait qu’il y a un nouveau statut qui existe, en fait, auprès de la Fondation, avec des entreprises uniquement comme membres. Et donc, depuis lors, ils ont renouvelé à chaque fois leur confiance. Ils nous autorisent officiellement à utiliser la marque OpenStreetMap.

Walid : OK. Et donc, l’association, elle est créée en 2022, c’est ça ?

Florian : c’est ça. Elle est créée en 2022 après une réflexion. C’était en 2017 qu’on a commencé la réflexion. Quand on faisait un State of the Map France (c’était à Nantes en 2022), on a créé les statuts. Et puis, depuis lors, on mène nos activités. Et on est ouvert à de nouvelles adhésions. Ce sont des entreprises qui nous rejoignent parce qu’elles partagent nos valeurs et nos objets.

Walid : au moment de cette réflexion, est-ce que vous vous êtes inspiré d’autres associations professionnelles, soit dans le domaine des communs, enfin, pas forcément dans le domaine de la carto, mais est-ce que vous aviez eu des sources d’inspiration au moment de la création de la fédération ?

Florian : alors, dans le libre, il y a beaucoup de modèles qu’on peut regarder. Il y a WordPress.com (c’est pas WordPress.org, c’est une entreprise qui fournit des services basés sur le logiciel libre WordPress). Par exemple, on a Mozilla Corp qui est en parallèle avec la Mozilla Foundation. Et puis sur Wikimedia, on avait aussi une relation difficile avec les entreprises qui souvent sont des sociétés qui vont essayer d’influencer des articles sur Wikipédia. Donc une relation très difficile côté Wikimedia où il n’y a pas vraiment de choses qui soient similaires. On s’est inspiré un peu de tous ces exemples, d’autres exemples, et on a créé notre propre voie. C’est vraiment un chapter reconnu par la Fondation qui regroupe des entreprises. À ma connaissance, dans les grands communs numériques, ce n’est pas vraiment quelque chose qui se fait de manière directe. Donc, on a dû créer à partir de ça.

Walid : est-ce que toutes ces discussions se font de manière ouverte, par exemple sur le forum, etc., ou quelle a été l’organisation par rapport à la communauté ? Est-ce que c’est quelque chose qui était bien vu ou pas ? Est-ce que vous avez eu des réticences ? Comment ça s’est passé à l’époque ?

Florian : donc,

OpenStreetMap est ouvert aux contributions, notamment des entreprises, depuis le début, depuis toujours. Néanmoins, il y a quand même une branche qui est très conservatrice, j’ai envie de dire, dans OpenStreetMap, de personnes qui doutaient un peu de l’impact positif des entreprises d’une manière générale dans OpenStreetMap. Créer la Fédé, c’était aussi déjà un message qui disait : « non, non, c’est possible, on est des entreprises, on a un but lucratif et on est une force positive pour OpenStreetMap ». Donc ça, c’était important pour nous de le proclamer. Ensuite, avec l’association OpenStreetMap France, on leur a fait relire nos statuts et on a quand même, dès le début, bien bossé sur ce sujet-là. Et puis, il faut le dire, sur les membres fondateurs, en fait, la majorité faisait partie d’OpenStreetMap France, de son conseil d’administration.

Florian Lainez

Donc, c’est vraiment quelque chose. Nous, on est des membres de la communauté bénévole au départ et on a créé cette structure par-dessus. Donc, c’est vraiment quelque chose qu’on a fait en discutant sans cesse avec la communauté, avec son accord. Maintenant, ceci étant dit, nous, on a un principe dans la Fédé des pros, c’est qu’on a un forum, mais il est interne, il n’est pas ouvert au public, il est vraiment réservé à ses membres. Comme ça, ça suscite aussi l’adhésion de nouvelles entreprises pour venir discuter de nos appels d’offres, de nos actualités, de nos problématiques qu’on a en interne. C’est aussi un moyen pour protéger le droit des affaires, parce que pour nous, quand on discute de nos contrats, c’est vraiment important qu’on ait une confiance dans la discussion quand on échange entre nous. Et puis, c’est un endroit où on prépare des réponses publiques, des documents publics, des prises de position et puis des réponses à des appels d’offres avant de les faire en public.

Walid : quand vous annoncez la fédération des pros d’OSM, est-ce qu’il y a d’autres gens dans d’autres pays qui trouvent l’initiative intéressante, qui vous posent des questions et tout ?

Florian : la principale réaction qu’on a eue, c’est celle de la fondation. Sur le forum international, on en a parlé, on a eu peu de réactions. La fondation était très favorable à ce qu’on soit créé. Ça nous a vraiment donné un coup de boost. Ils nous ont dit : « venez, il faut absolument que vous fassiez ça ». Jusqu’à présent, c’est un peu quelque chose qu’on n’a pas réussi à développer jusqu’au bout. Répliquer ce modèle dans les autres pays… Pour l’instant, il n’y a pas vraiment d’autres pays qui ont paru intéressés.

La gouvernance dans d’autres pays est très différente qu’en France. Je pense notamment aussi en France que le chapter OpenStreetMap France, l’association à but non lucratif, dès le début, ils ont dit qu’on ne fait pas de prestations. Il y a de nombreux endroits dans le monde où ce n’est pas le cas, où le chapter est un peu dans une position où il gère des bénévoles, ils font des projets bénévoles et parfois ils font des prestations. Je trouve qu’on a une chance incroyable qu’en France, cette gouvernance ait été précisée dès le début avec des choix bien marqués et qu’on ait pu bien séparer les deux mondes. Je pense que c’est plutôt une chance que ça se soit passé comme ça. J’espère que ça servira un peu d’exemple dans le reste du monde.

Florian Lainez

Walid : j’étais étonné de penser que ça n’existait pas ailleurs. Ça me semblait assez naturel de se dire que des entreprises qui veulent contribuer au commun, elles se regroupent pour faire ça. C’est pour ça que j’étais super étonné et intéressé de vous avoir sur le podcast parce que j’ai vraiment découvert ça.

Florian : je pense qu’il y a quand même une situation qui paraît parfois implicite à certains, mais qu’il faut quand même rappeler. Il y a une structuration quand même du logiciel et du monde de l’informatique, de l’IT d’une manière générale où les États-Unis ont quand même une situation quasi monopole, franchement, sur de très nombreux marchés. Ils sont vraiment en avance sur de nombreux sujets. Donc, aux États-Unis, en fait, la question ne se posait pas. Eux, ils avaient déjà OpenStreetMap. Ils l’utilisent de manière extrêmement intensive dans leurs services pour créer des services qui existent déjà. Et ensuite, dans des pays qui sont bien moins avancés, à un manque de compréhension des grands enjeux, je pense, qui fait que c’est plutôt un peu le monde de la débrouille dans les local chapters. Parfois, l’association n’est même pas reconnue par la fondation OpenStreetMap, ce qui n’est pas un problème en tant que tel. Entre les deux, entre les États-Unis et un peu le reste du monde, je pense qu’il y a une place à jouer, notamment en Europe, sur le fait de créer quelque chose qui soit différent.

Le fait que ça arrive en France, ça ne m’étonne pas parce qu’on est un peuple de réactionnaires. On est aussi des créateurs, donc dès qu’on voit une faille, une possibilité de faire mieux, on fonce. Donc je ne suis pas du tout étonné que ça soit arrivé en France. Dans OpenStreetMap, les trois pays dans lesquels il y a le plus de contributeurs, c’est depuis 20 ans, par ordre décroissant, il y a les États-Unis, l’Allemagne et la France, c’est vraiment ça les trois principaux pays. On est quand même une petite population, moi je trouve, dans le monde pour être les troisièmes contributeurs au monde. Donc ça montre bien à quel point la communauté et OpenStreetMap est hyper active en France. C’est vraiment, on a un réseau de bénévoles, d’universitaires, d’entreprises qui est très dense, qui est très qualifié et qui est extrêmement motivé sur le sujet.

L’impact de la la loi pour une république numérique sur l’open data

Walid : question complémentaire là-dessus, est-ce que le fait qu’on ait, il y a quelques années, eu des lois qui encouragent très fortement l’open data a certainement joué là-dedans, non ?

Florian : alors, la loi, il y a eu pas mal de lois, il y a 10 ans, c’était 10 ans à peine.

Walid : c’était quoi… la loi pour la République numérique ? C’était laquelle ?

Florian : exactement. La loi pour la République numérique faite, c’est 10 ans. Et à l’époque, notre principale revendication, alors quand je dis nous, c’est les supporters de l’open data, donc la publication des données, c’était publier les données brutes, maintenant. Publish the raw data now. C’était l’appel de Sir Tim Berners-Lee auprès de la Reine d’Angleterre, c’était, je pense, il y a 10 ans ou 11 ans.

Donc, il y a eu des lois qui, très rapidement, ont pris ça comme état de fait. Je pense que ça faisait consensus dans la classe politique, pas seulement en France, mais dans une grande partie des pays développés, publier les données des administrations : ça ne pourra qu’améliorer leur efficacité.

Donc, tout le monde étant d’accord, ils ont voté les lois, et puis après, ils ont oublié de voter les budgets qui vont avec. Donc, ça fait 10 ans qu’on rame, que les administrations se forment juridiquement, techniquement, qu’ils publient des données, qu’ils rechignent à le faire parce qu’il n’y a pas le budget. On est un peu dans une situation un peu paradoxale où l’open data est un peu un frein. Maintenant, si le but c’est de publier les données, c’est vraiment une occasion manquée de faire bien mieux que ça.

Florian Lainez

Dans OpenStreetMap, on a les données ouvertes, et comme je le disais, l’open data, et on a aussi l’open source, le logiciel libre, et puis le fonctionnement communautaire. L’open data n’a pas amené le fonctionnement communautaire. Et ça, c’est vraiment quelque chose sur lequel on bute aujourd’hui, où de nombreuses administrations publient leurs données et puis ne font rien pour qu’il y ait des retours. Citoyens, d’entreprises qui corrigent les données des administrations, ou alors mieux, que ces administrations prennent part à la création de véritables communs numériques dont ils n’ont pas la gouvernance exclusive, mais qui co-construisent avec ça. Et on arrive un peu à ce niveau de maturité sur certaines administrations, sur certains projets, mais c’est encore très timide.

Marina :

pour moi, il y a également une question de commun et du statut juridique des communs. Il me semble qu’il avait une proposition de loi en 2021 qui visait à inscrire un statut juridique de données, un statut juridique au bien commun numérique, mais pas que. Je ne vous surprends pas si je vous dis que cette proposition de loi n’a jamais été votée et adoptée. Enfin, n’a jamais été adoptée, surtout.

Marina Petkova

Mais, en fait, ce qui fait que, peu importe si on parle d’OpenStreetMap, qui est quand même un commun colossal, ou de petits communs qui sont en train de se monter, justement, pour faciliter l’intégration de données, le partage de données, la structuration de données, etc. Les thématiques de la gouvernance, de la gestion, de quelle place dans notre contexte juridique et économique, les questions sont toujours les mêmes. Et malheureusement, on n’a pas une réponse universelle. À chaque fois, on est amené quelque part à batailler et à faire selon les projets. Donc, ce qu’on visait aussi avec la fédération, c’est de clarifier un peu la gestion des activités professionnelles autour du commun numérique et OpenStreetMap sans pour autant léser les intérêts des contributeurs bénévoles.

La gouvernance de l’association

Walid : justement, parlons maintenant de la fédération aujourd’hui. Tout à l’heure, Florian, tu as dit que maintenant vous êtes 24 membres.

Florian : on est 26 maintenant, oui. 26, ça change tous les mois. Je ne t’en veux pas.

Walid : Il y a un certain engouement.

Florian : il y a un certain engouement, tout à fait.

Walid : c’est une association. Donc tu as expliqué tout à l’heure que vous aviez des discussions avec un forum interne, etc. La gouvernance, elle est faite de manière partagée au sein de l’association ?

Florian : oui, on a eu beaucoup de discussions au début pour établir les statuts. Bon, ils sont publics, ils sont publiés sur notre site Internet. Donc, vous pouvez aller les voir. Ils n’ont pas une grande utilité à ce jour. On s’organise très, très bien de manière informelle. On fait une réunion mensuelle par mois. Ça dure une heure, ce n’est pas long. Et puis, une réunion annuelle, une journée entière où on travaille ensemble entre nous. Et puis, il y a le forum sur lequel on discute au jour le jour de nos sujets. Et ça, ça fonctionne bien mieux que n’importe quel statut qu’on a pu écrire par ailleurs.

Marina : on a aussi des groupes de travail qui se forment selon les différents sujets d’actualité et qui nous permettent aussi d’avancer sur différents projets en commun au nom de la fédération, mais aussi pour les membres.

Les actions de la fédération

Walid : et à l’heure actuelle, quelles sont les différentes actions que l’association fait autour de la promotion d’OpenStreetMap ?

Marina : je peux peut-être commencer avec un sujet d’actualité qui est l’organisation en 2026 de la rencontre OpenStreetMap et Territoire. En 2026, le 24 mars 2026, nous allons tenir une conférence, une journée qui s’appelle la rencontre OpenStreetMap et Territoire et qui aura lieu à Brest.

Le but de cette rencontre est, comme vous pouvez le déduire du titre, de porter la bonne parole et de montrer comment OpenStreetMap est utilisé dans les territoires auprès des collectivités et de différentes structures publiques locales. L’objectif, c’est à la fois de discuter avec et de faire discuter les collectivités entre elles, surtout celles qui ont déjà fait recours à OpenStreetMap. C’est également, on l’espère, de motiver d’autres collectivités à intégrer OpenStreetMap dans leurs projets de territoire.

Donc évidemment, il ne faut pas être géomaticien pour participer à cet événement, ou d’ailleurs pour s’intéresser à OpenStreetMap. Cette rencontre, on l’a pensée pour qu’elle soit composée de témoignages et d’ateliers pratiques qui vont parler autant aux géomaticiens, certes, mais aussi aux décideurs politiques, aux directeurs et directrices de services, aux chargés de mission, etc.

Et vraiment, nous avons prévu un large spectre de thématiques autour d’OpenStreetMap et de comment OpenStreetMap est et peut être aussi mis en œuvre dans les territoires, sur des sujets comme l’alimentation, la création de cartes, la carto humanitaire, la licence ODbL, l’écosystème des outils de contribution et d’utilisation d’OpenStreetMap, la qualité des données, etc.

Donc, on a prévu cet événement le 24 mars à Brest. Et pour information, il est adossé aux journées des utilisateurs francophones de QGIS et donc organisé en partenariat avec l’OSGeo-fr, avec l’Université de Bretagne Occidentale et avec l’UMR Littoral, Environnement, Télédétection et Géomatique. Merci beaucoup à eux.

Voilà, au moment de la diffusion de cet épisode de podcast, j’imagine que l’événement aura déjà eu lieu, mais aujourd’hui, au moment où je vous parle, je ne vous cache pas que j’ai très hâte et j’espère aussi que ce sera le début d’une série d’événements et de rencontres que nous allons pouvoir organiser.

Walid : pour les auditrices et auditeurs qui ne connaissent pas QGIS, est-ce que tu peux expliquer en deux mots ce qu’est QGIS et l’OSGeo ?

Florian : QGIS, c’est le logiciel libre qui est utilisé par les géomaticiens, donc les personnes qui font des cartes et des bases de données cartographiques. C’est un logiciel qui a eu des débuts un peu difficiles et qui aujourd’hui est très largement utilisé dans l’industrie, par les collectivités. Donc, c’est un logiciel métier qui permet notamment d’utiliser des données OpenStreetMap, mais toutes les données cartographiques. Et donc, le fait qu’on s’adosse aux personnes qui développent et qui maintiennent ce projet QGIS, pour nous, c’était assez important parce qu’il y a vraiment des connexions qui sont ultra fortes.

Walid : et l’OSGeo, ce n’est pas une fondation ?

Florian : c’est la fondation qui est derrière QGIS, je pense. Moi, je les vois d’un peu loin. Il y en a d’autres personnes plus expertes dans le métier qui sont bien plus proches que moi de ces projets-là. Mais globalement, dans le géospatial, l’open source et l’open data prend beaucoup d’ampleur. Il y a des projets un peu sœurs, frères, qui font des activités un peu parallèles.

Walid : merci. Revenons sur, après ma petite parenthèse, revenons sur les différentes actions. Est-ce qu’il y a d’autres actions que vous voulez mettre en avant ?

Marina : je voulais aussi parler juste du livret OpenStreetMap et Territoire que nous venons tout juste de publier, de diffuser. L’idée à l’origine de ce livret était de disposer d’un support qui montre de manière très concrète la richesse des usages OpenStreetMap dans les collectivités.

Au début, on voulait faire une infographie d’une page, sauf qu’au moment où on s’est mis à travailler dessus avec les autres membres de la Fédé, on avait tellement de sujets à traiter et qu’on voulait mettre en avant que c’est devenu un livret de 12 pages. Et donc, pour cette première édition de ce livret, et j’espère qu’il y en aura d’autres aussi, nous avons sélectionné six sujets en particulier, des sites rapidement : alimentation et commerce, mobilité, tourisme et attractivité, participation citoyenne, voirie et urbanisme, et SIG, système d’information géographique.

Et nous présentons ces sujets à travers d’entretiens et des témoignages de personnes qui travaillent dans les collectivités et dans les structures publiques. Par exemple, ça peut être des parcs naturels régionaux, des offices de tourisme, ça peut être des autorités organisatrices de mobilité, des communautés de communes, etc. Et je trouve que, pour le coup, le résultat est super parce que, bien évidemment, ce sont les personnes qui sont sur le terrain, les personnes qui bossent dans les territoires, qui parlent d’OSM le mieux et qui vont expliquer très clairement pourquoi ils ont fait le choix d’OpenStreetMap, quel était leur contexte, leurs considérations, qu’est-ce que cela a donné. Et donc je vous cite par exemple le Parc naturel régional du Haut-Jura qui a témoigné sur l’organisation de cartoparties sur son territoire et la formation des agents, le Pays de Lorient qui a mis en avant la filière alimentaire locale sur OpenStreetMap, et puis il y a d’autres témoignages de Montpellier, de Sénart, d’Île-de-France Mobilités, etc. Et donc, je ne vais pas vous spoiler plus, mais c’est un petit livret de 12 pages. Il est sous licence CC BY-SA, évidemment, et il est désormais disponible sur notre site web. Et ça me permet aussi de faire le lien. C’est notre deuxième guide pratique qu’on publie. Le premier a traité le sujet de la licence ODbL, la licence d’OpenStreetMap. Et il a été publié par la Fédé en septembre 2024. Et je pense que Florian, il a hâte d’en parler plus.

Guide de la fédération des pros d'OSM : tout savoir sur la licence ODBL

Florian : oui, je peux parler de ce livret, cette explication, cette démocratisation du sujet de la licence. La licence juridique, c’est toujours compliqué, c’est du droit.

Mais OpenStreetMap, en gros, plus qu’une carte, c’est une base de données cartographique. Donc, c’est des données qu’on peut mettre dans une base de données et qu’on peut utiliser pour faire des cartes, pour faire des calculateurs d’itinéraires, pour faire du papier peint. Vraiment, les exemples sont très nombreux. On peut faire un peu ce qu’on veut avec une base de données cartographique et donc c’est régi en fait par une licence Open Data comme Wikipédia est régi par les Creative Commons et bien OpenStreetMap c’est l’ODbL (Open Database License) qui stipule à peu près les mêmes choses mais plutôt sur le droit de la base de données parce que les Creative Commons ça a plutôt rapport au droit d’auteur. Donc il fallait une licence qui était dédiée et cette licence ODbL elle est expliquée dans ce livret : ce sont les droits et les devoirs de chacun sur la réutilisation des données. Et c’est intéressant de voir que comme Wikipédia, le choix qui a été fait, c’est l’utilisation commerciale des données et par défaut, autorisée. Donc, les entreprises sont les bienvenues en tant que contributeurs, mais aussi comme réutilisateurs des données OpenStreetMap. Il suffit juste de ne pas faire n’importe quoi.

Florian Lainez

Il y a des devoirs. Et les devoirs, c’est citer le fait que les données viennent d’OpenStreetMap. Donc, si vous êtes dans la rue, je vous invite à regarder en bas des cartes que vous voyez sur les abribus ou sur le matériel sur le mobilier urbain que vous voyez dans votre propre ville, regardez en bas des cartes, en bas à droite, il y a des petites mentions légales et parfois, il y a marqué OpenStreetMap et c’est de plus en plus courant. Donc ça, c’est citer la source, c’est une obligation légale de la licence ODbL, il faut citer que les données viennent d’OpenStreetMap. Et puis, la deuxième, c’est de reverser au projet OpenStreetMap ou de republier en Open Data sous la même licence les données si elles sont modifiées de manière significative et dans ce livret on détaille juridiquement ce que ça veut dire de manière significative il y a de nombreuses exceptions les entreprises et n’importe quel réutilisateur peut utiliser très largement les données OpenStreetMap. Les contraintes sont assez limitées mais c’est intéressant cette obligation de republication de repartage pour nous, c’est quelque chose de très important intéressant de voir que si gratuitement chacun peut se saisir des données si vous les modifiez et c’est la moindre des choses de les repartager.

Walid : je mettrai tous les liens dans la transcription de l’épisode dans tous les cas. Autre question, donc là on a parlé tout à l’heure du forum, je me demandais quels outils numériques vous utilisez pour vous organiser en plus du forum. Qu’est-ce que vous utilisez comme outil ? Ça peut donner des idées à d’autres, par exemple ?

Florian : on n’a pas d’outils en commun. Chaque entreprise est libre de son système d’information. Nous, on se fait des visios tous les mois, on a un drive en commun, on a un forum en commun. C’est assez limité, en fait, ce qu’on utilise. On a un site internet qui tourne sous WordPress.

Walid : je reformule, quel logiciel vous utilisez significatif pour vous organiser et pour collaborer en commun ? Je parlais plutôt des logiciels, c’est ça qui m’intéresse, pour voir s’il y a des choses qui sont communes ou qui peuvent donner des idées à d’autres personnes.

Florian : alors il y a deux logiciels qui me viennent en tête. Le premier, c’est le logiciel historique de la communauté OpenStreetMap qui est JOSM (Java OpenStreetMap Editor), qui est développé en Java, qui est multiplateforme et qui permet de contribuer. Il est fait pour contribuer à OpenStreetMap, donc il permet d’utiliser les données, mais essentiellement c’est un éditeur qui permet de contribuer. C’est un logiciel qui s’est développé pendant 20 ans, il est extrêmement abouti avec de très nombreux plugins, des possibilités de faire de l’indoor, de la 3D, du multiniveau, d’afficher des fonds de plan très divers et variés, d’afficher des sources photographiques. C’est vraiment très avancé. Et puis le deuxième, je dirais, c’est QGIS, qui est plus lié vraiment au monde de la géomatique plus qu’à OpenStreetMap et qui permet de réutiliser très simplement les données dans un logiciel de géomatique qui est largement utilisé dans le monde de la géomatique.

State of the map 2026 à Paris

Walid : je m’aperçois que dans les actions, il y a des choses dont on n’a pas parlé. Je pense en particulier à deux choses. La première, c’est on a peut-être parlé rapidement, le State of the Map de cette année. Donc je vous laisse plutôt en parler, vous en parlerez bien mieux que moi. Vous êtes axés à ça : en quoi la Fédé participe à l’organisation de cet événement ?

Florian : oui, alors cette année c’est très particulier puisque le State of the Map France est remplacé par un State of the Map Monde. Donc ce sont les contributeurs du monde entier qui vont venir en France cette année, c’est du 28 au 30 août à Paris. Et c’est un événement qui est organisé avant tout par la Fondation OpenStreetMap et puis par le local chapter, par OpenStreetMap France. Donc la Fédé, évidemment, sera très impliquée par ses bénévoles qui participent à l’organisation de l’événement, mais aussi plus directement par du sponsoring. Donc c’est tout naturel pour les entreprises qui se basent sur les solutions OpenStreetMap de contribuer en retour à l’organisation d’un événement qui permet d’échanger tout ce savoir et de fédérer la communauté dans cet événement qui est très important.

Logo State of the Map (source : https://openstreetmap.fr)

Les actions de plaidoyer de la fédération

Walid : et la deuxième chose que vous aviez notée et sur laquelle j’aimerais que vous développiez un petit peu comme action, c’est ce que vous aviez noté : les actions de plaidoyer. Alors là, ça m’intéresse que vous me disiez quelques mots là-dessus : à qui vous parlez ? Quels sont les acteurs auprès desquels vous faites un plaidoyer pour OpenStreetMap ?

Florian : d’accord. Alors là, ça, je ne peux pas tous les citer. À dessein, puisque chacun dans nos métiers, chaque entreprise a ses propres interlocuteurs. Il y a des personnes qui sont dans les réseaux, qui travaillent avec Enedis. Moi, je n’ai jamais eu de contact avec eux, mais il y a du plaidoyer et même des collaborations qui sont montées avec ces entreprises. Chacun sur son secteur d’activité. Donc, je disais SNCF, Île-de-France Mobilités. On peut citer vraiment de très nombreuses collectivités locales. Nous, ce qui nous intéresse, c’est d’être en contact avec tous les acteurs, tous ces acteurs de la société qui peuvent épauler et contribuer à OpenStreetMap. Donc, on va les voir là où c’est possible dans l’intérêt de nos entreprises et dans l’intérêt du projet OpenStreetMap. Donc, ça nous arrive énormément de partager des stands, donc les frais de financement, tout simplement. On partage les frais de financement et la présence des stands sur les salons professionnels. On le fait de plus en plus. Donc ça, c’est une très bonne nouvelle et c’est vraiment une preuve de la vitalité de la fédération, de montrer qu’on est présent dans des groupes de travail, dans des salons, dans des groupes de travail professionnels.

Walid : Marina, est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?

Marina : oui,

Egalement lorsqu’on voit qu’il y a des webinaires qui sont organisés par des institutions, par des acteurs publics et qui sont sur nos sujets cœur de métier, on va toujours y participer et on va y participer aussi avec la casquette Fédération des pros d’OpenStreetMap et donc poser des questions sur OpenStreetMap, faire du plaidoyer, surtout lorsqu’on voit qu’on va traiter des sujets sans parler d’OpenStreetMap là où, en fait, OpenStreetMap est censé être incontournable. Donc il y a aussi ce travail-là de présence en ligne, aussi de présence auprès d’acteurs institutionnels pour rappeler l’existence, les intérêts, les bénéfices, les applications d’OpenStreetMap pour que ce ne soit pas oublié dans les discussions.

Marina Petkova

Walid : je m’aperçois, parce que tu as dit, Florian, partager les frais pour les stands, je m’aperçois que j’ai oublié de vous poser une question à tous les deux qui est : être membre de la fédération des pros d’OpenStreetMap. Donc, c’est quoi ? C’est payer une cotisation ? En gros, à quoi ça engage en termes financiers ?

Florian : oui, il y a une cotisation annuelle qui est payée. Alors, nous, on trouve que c’est très important d’accompagner les petites structures, notamment celles qui se montent, qui montent des projets d’entreprise. C’est pour ça que pour les auto-entreprises, c’est 60 euros. La cotisation est très réduite à l’année. Et puis après, en nombre de salariés, ça augmente pour que les plus grosses structures apportent la majorité du budget, que tout ça soit très équilibré. Et avec ce budget global qui est assez limité, finalement, on arrive à organiser des événements. Et c’est au-delà de ce budget de base qu’on arrive à se coordonner pour réserver des salons, faire des conférences. Ça, c’est vraiment au-delà de cette cotisation de base.

Marina : ok. Oui, je voulais aussi ajouter par rapport au plaidoyer, il y a un axe complémentaire. J’espère que ça ne va pas paraître hors sujet, mais c’est aussi dans le plaidoyer et dans la communication de la fédération.

Il y a bien sûr la communication autour d’OpenStreetMap, mais il y a aussi la valorisation des compétences des membres et des travaux déjà réalisés par la fédération. Donc ça, ça en fait partie. L’objectif, c’est certes de porter la parole sur OpenStreetMap, mais aussi de montrer toutes les compétences qui existent déjà sur le sol français, qui sont à disposition des collectivités et des entreprises, qui sont détenues par nos membres. Et puis aussi essayer de valoriser les outils existants qui soient développés par la communauté ou par les membres de la Fédé, tant qu’ils sont dans l’écosystème d’OpenStreetMap. Il vaut toujours mieux valoriser l’existant que réinventer la roue. Donc il y a aussi un axe plaidoyer autour de cela.

Marina Petkova

Walid : je vais peut-être dire un truc, peut-être une bêtise, mais ça existe des certifications OpenStreetMap ? Parce qu’en fait, typiquement, comme dans plein d’endroits, être capable de prouver ta compétence en termes professionnels, c’est quelque chose d’important. Je me demande si ça existe.

Florian : le sujet est, je pense, sur deux niveaux. Le premier, c’est celui de la formation professionnelle. Donc nous, on a un membre, 2i2l, pour ne pas le citer, qui propose des formations, notamment liées à OpenStreetMap, qui sont réalisées pour monter en compétence sur ces sujets. Il n’y a pas une certification OpenStreetMap. Ni la Fondation, ni la Fédé n’ont vraiment vocation à faire ce genre de certification. Et puis, côté éducation, tant qu’on est dans le sujet, on a donc une obligation pour les lycéens d’être formés à OpenStreetMap depuis de nombreuses années en cours de… Alors, moi, ça s’appelait la techno. Comment ça s’appelle aujourd’hui ? J’ai oublié le nom.

Marina : le PIX, j’ai l’impression.

Florian : le ?

Marina : dans le module PIX, non ?

Florian : le module PIX, sûrement. ça se trouve, ça a changé…

Walid : mais il y a une obligation à former OpenStreetMap ?

Florian : eh oui,

ça a été passé il y a de très nombreuses années et on voit arriver maintenant dans la communauté OpenStreetMap des personnes qui ont dit « Moi, j’ai découvert OpenStreetMap au lycée ». Et ça, c’est vraiment intéressant. On les voit non seulement arriver dans la communauté, ça fait longtemps, mais maintenant, ils font partie du conseil d’administration d’OpenStreetMap France. Donc, on voit qu’ils ont grandi. Ils se sont intéressés au sujet et donc ça, c’est vraiment quelque chose de très porteur.

Florian Lainez

Et donc, j’ai l’impression qu’aussi, du côté des professionnels, on a un peu cette mission d’aller vers la formation de la formation supérieure et d’essayer d’expliquer aux futurs géomaticiens comment contribuer au commun numérique, pourquoi c’est important et comment on le fait. Et il y a certains d’entre nous qui prennent cette mission assez au sérieux, qui vont dans des établissements supérieurs pour former les étudiants.

Collaboration et coopétition à l’intérieur de la fédération

Walid : j’aimerais qu’on parle d’un sujet sur lequel, là pour le coup, j’ai pas mal de questions aussi, c’est la coopération à l’inter de la fédération. Donc là, en fait, on a des entreprises qui, de ce que je comprends, ont des compétences qui sont souvent ou parfois ou souvent complémentaires, mais parfois qui vont être aussi concurrentes pour des marchés. Sur quoi ces entreprises collaborent et sur quoi elles sont en compétition ? Ça, c’est vraiment un sujet que je trouve vraiment hyper intéressant d’aborder. Marina, tu voulais prendre la parole. Je te laisse la parole.

Marina : effectivement, on ne s’interdit pas à se mettre en concurrence l’un face à l’autre sur des marchés ou même lorsqu’on parle de gré à gré, c’est-à-dire que chacun est libre de soumettre une proposition de son côté, même si on sait qu’en face de nous, on aura nos collègues membres de la Fédé. Cela étant dit, sur beaucoup de marchés, on a quand même tendance à se mettre en groupement, à se mettre ensemble parce qu’on sera plus forts ensemble, on sera plus complémentaires, on aura une force de frappe, si je peux dire, plus importante que si on se lance tout seul, d’autant plus que pour beaucoup d’entre nous, nous sommes des toutes petites structures.

Donc, lorsqu’on parle de marché à plusieurs dizaines de milliers d’euros, une toute petite structure de personnes, elle va difficilement convaincre à elle seule le donneur d’ordre. Donc, on a tout intérêt à se mettre ensemble. Et c’est également vrai lorsqu’on candidate à des appels à projets ou à des appels à manifestations d’intérêts. Lorsqu’on va présenter un projet, c’est souvent un projet autour d’OpenStreetMap, mais lorsqu’on va présenter un projet ensemble, on a d’autant plus de chances d’être sélectionnés parce que, justement, on joue la carte des compétences complémentaires.

Walid : et là, par exemple, si vous répondez à plusieurs sur un projet, c’est de la co-traitance ? Il y en a un qui est un peu en chapeau et qui sous-traitent aux autres. Comment ça se passe ? C’est assez variable ?

Florian : oui, c’est assez variable. C’est le droit commercial classique qui s’applique. Donc, on fait nos montages en fonction du projet.

Walid : à l’intérieur de la fédération, vous avez tous intérêt à faire en sorte de faire connaître OpenStreetMap parce que finalement, plus il est connu, plus ça vous fait du business. Est-ce que vous faites à l’intérieur de la fédération des retours d’expérience ? Est-ce que vous consultez en fonction de certains appels d’offres ? Est-ce qu’il y a justement de la collaboration autour de ces phases d’avant-vente, par exemple ?

Florian : on partage beaucoup. Tous les mois, on partage. Alors, il n’y a pas d’obligation de partage, mais on a une habitude et une pratique avancée de partage d’informations sur les dossiers qu’on a en cours, sur lesquels on veut répondre, et ce qu’on veut répondre ensemble. Globalement, on est plutôt entre gentlemen, j’ai l’impression, mais gentledames aussi dedans, mais on est très fair play entre nous. C’est un monde qui est, je trouve, très collaboratif, pas seulement de nom mais aussi en pratique et ça, ça nous aide beaucoup. Donc on travaille beaucoup en réseau. Quand on gagne des marchés, on peut prendre en sous-traitance d’autres membres même après avoir gagné le marché. Ça arrive vraiment en permanence, c’est très souvent.

Walid : ça vous arrive de faire des retours d’expériences publiques, par exemple ?

Florian : sur notre site internet, on a mis quelques références sur le site internet de la fédération fposm.fr. Il y a des références qui expliquent un peu les projets passés qui ont été réalisés et qui donne des axes de réflexion sur le futur, sur quelles prestations peuvent exister, ce qu’on peut nous demander.

Marina : et en termes de retour d’expérience, ce qu’on va faire aussi, c’est qu’on travaille sur une mission et on est amené à développer un outil ou à renforcer un outil déjà existant dans l’écosystème d’OpenStreetMap, on va forcément faire appel à tous les membres à utiliser cet outil, à capitaliser sur ce qui est déjà existant et sur le travail qui a été fait. Et en termes de retour d’expérience aussi, je trouve que pour le coup, c’est excellent parce que pour beaucoup d’entre nous, nos travaux, on peut communiquer librement sur certains grands sujets autour d’OpenStreetMap. Les retours d’expérience vont nourrir encore plus les réflexions qu’on peut avoir autour d’un des modèles économiques et des éventuels services et prestations et outils autour d’OpenStreetMap, mais aussi on va pouvoir communiquer auprès de la communauté et voir ce qui peut être à développer davantage.

Florian : j’ai parlé tout à l’heure du State of the Map France, cette réunion annuelle des contributeurs OpenStreetMap en France, c’est un lieu où de très nombreuses conférences faites soit par les entreprises ou directement par les clients. Il y a des collectivités locales ou alors soit elles sont clientes de membres de la Fédé ou soit elles mènent des projets par elles-mêmes. Les collectivités locales n’ont pas attendu les entreprises pour s’emparer d’OpenStreetMap. Sur ces State of the Map, il y a beaucoup de conférences par des acteurs professionnels qui viennent là au nom de l’institution qu’ils représentent pour présenter des projets très avancés de création de données, de maintenance de données, de création de services numériques qui sont liés à ces données OpenStreetMap.

Walid : je mettrai pareil dans la transcription le lien vers le serveur PeerTube de l’association OpenStreetMap France sur lequel il y a plein de conférences super intéressantes. Oui, Marina, tu voulais rajouter quelque chose ?

Marina : sur la question des retours d’expérience, on a tout intérêt à communiquer le plus ouvertement possible parce que l’un des défis de la Fédé, c’est aussi de donner envie aux agents des collectivités et aux entreprises d’utiliser OpenStreetMap. Et en fait, de un, c’est un travail de longue haleine et de deux, il faut montrer des projets concrets pour créer cette envie auprès des collectivités, surtout qui ne connaissent pas nécessairement OpenStreetMap ou qui sont un peu hésitantes, etc. On a tout intérêt à faire beaucoup de retours d’expérience et à communiquer ouvertement autour de nos compétences, certes, mais surtout de nos projets concrets.

Les défis de la fédération dans les mois et années à venir

Walid : merci Marina. Tu viens de faire la transition vers la dernière grande partie que je voulais aborder qui était les défis pour OpenStreetMap. Donc là, il y en a un dont tu viens de parler. Je voulais justement qu’on continue sur les défis d’OpenStreetMap. Est-ce que vous pouvez m’en dire plus sur qu’est-ce qui vous attend ? Quels sont les grands challenges qui arrivent pour vous dans les mois, années à venir ?

Marina : c’est vraiment la promotion et le plaidoyer, la défense du commun numérique qu’est OpenStreetMap. J’ai l’impression que ça se joue à plusieurs niveaux, c’est-à-dire qu’on a un niveau politique, on a un niveau métier, on a un niveau business. On en a parlé un peu tout à l’heure, mais par exemple au niveau politique, il y a des questions qui sont plutôt de l’ordre du législateur sur des questions d’ouverture des données, sur la structuration des communs, sur le cadre de protection juridique des communs. Là, il y a un plaidoyer énorme à faire qui est très compliqué à naviguer et qui nous échappe aussi un peu. Au niveau métier, je viens de le dire, pour les collectivités, il faut donner l’envie. Il faut faire connaître OpenStreetMap, oui, mais il faut aussi donner l’envie de faire des projets et de savoir qu’on peut… On n’est pas seul, en fait.

Quand on fait des projets OpenStreetMap, on n’est jamais seul. Qu’on fasse appel à une entreprise ou pas, il y a toujours la communauté bénévole qui est là, il y a toujours le wiki, il y a toujours énormément, énormément de ressources, mais il faut donner l’envie. Et puis, au niveau business, il faut former les nouveaux acteurs économiques pour qu’ils comprennent le mieux possible l’écosystème autour d’OpenStreetMap et pour qu’ils sachent s’intégrer en bonne intelligence dans cet écosystème, qu’il s’agisse de la communauté, qu’il s’agisse des règles, de la licence, tout ce qui est… Comment est-ce qu’on contribue, comment est-ce qu’on utilise OpenStreetMap correctement.

Walid : sur ces questions de plaidoyer, je reviens là-dessus deux secondes. Est-ce que vous vous appuyez ou est-ce que vous êtes en collaboration avec d’autres associations du libre qui travaillent sur ces problématiques de plaidoyer ? Je pense en particulier, on en a parlé plusieurs fois sur le podcast, par exemple des associations comme l’April, qui ont l’habitude de parler aux collectivités, aux gouvernements, etc. Est-ce que vous, sur ces actions de plaidoyer, vous êtes en partenariat avec d’autres associations, d’autres gens qui vont vous aider à porter la bonne parole ?

Florian : notre fédération, maintenant, s’est structurée depuis quelques années autour de quelques entreprises qui avaient une envie et des valeurs communes, une envie de faire la même chose et des valeurs communes. Maintenant, il faut qu’on aille au-delà. Et en effet, c’est le moment, je pense, où on va pouvoir s’ouvrir. Ceci dit, il y en a certains d’entre nous, je pense notamment à Jean-Christophe Bécquet, qui est le vice-président de la fédération, qui est administrateur de l’April. Donc, le monde est petit. On connaît bien les acteurs de l’écosystème, toutes ces associations en particulier. Les entreprises qui font du logiciel libre depuis des dizaines d’années, on les connaît bien. Dans l’open data, c’est pareil, on connaît très bien les acteurs, certains d’entre nous en faisons même partie. Donc, on appelle maintenant à créer des ponts. On n’a pas de préjugés sur comment ça peut se faire, mais en effet, je pense qu’il y a des ponts très importants qu’il va falloir créer dans les années qui arrivent.

Walid : est-ce que vous avez des défis ? Parce que là, on a parlé pas mal du fait de faire du plaidoyer, plutôt vers l’extérieur, mais est-ce que vous avez des défis internes, de structuration interne de la fédération dans les mois années à venir ? Est-ce qu’il y a des choses qui ressortent ? Vous savez, vous allez devoir travailler dessus dans le futur.

Florian :

Oui, ces derniers temps, les questions qu’on se posait, c’est est-ce que ce nouveau membre qui demande à entrer dans la fédération, est-ce qu’on sent qu’il va bien respecter la charte éthique ? Et ça, c’est des questions qu’on ne se posait pas au début, puisqu’on était entre nous, entre les personnes motivées et intéressées, et on n’avait aucun, on n’a jamais eu aucun doute sur les premiers acteurs, sur leur sincérité de nous rejoindre. Aujourd’hui, on voit qu’il y a des acteurs qui ne sont pas issus du monde OpenStreetMap qui s’y intéressent et on est très ouverts à ça, on est très contents que ça soit le cas, que ça arrive. Et maintenant, on a cette problématique, ce challenge de croissance pour savoir où est-ce qu’on définit des lignes rouges. Est-ce que des groupes qui s’intéressent uniquement à OpenStreetMap par intérêt, on leur dira non ?

Florian Lainez

Et ceux qu’on connaît déjà et qui sont très investis, on les connaît déjà, ils sont déjà membres de la fédération. Donc maintenant, il reste les cas intermédiaires où c’est difficile de juger, de se mettre d’accord. Et c’est ça qui est intéressant et c’est ça qui nous attend dans les années qui arrivent.

Marina : je pense également qu’il y a, en plus de ce que Florian vient de dire, un défi de communication. De communication dans le sens où comment en interne, mais aussi à l’externe, on arrive à valoriser tout ce que la Fédé a déjà fait. Comment est-ce qu’on arrive à valoriser les compétences des membres ? Et ça, c’est de la communication, c’est de la communication. C’est un travail de longue haleine. Ce n’est pas toujours évident et facile de le faire, mais il va falloir qu’on s’organise mieux à l’interne pour qu’on ait plus présent à l’externe aussi.

Walid : j’ai une dernière question un peu subsidiaire avant de passer à la conclusion. Avant l’arrivée de la fédération des pros d’OSM, il y avait déjà des acteurs qui faisaient du plaidoyer et qui parlaient à des administrations, des collectivités, etc. Là, il y a la fédération qui arrive, qui a un regroupement, qui parle d’une seule voix. Comment est-ce que les interlocuteurs dans les collectivités ou même au sein du gouvernement, je ne sais pas si vous avez des rapports avec, comment ils voient l’arrivée de ces nouveaux acteurs ? Est-ce que c’est un acteur supplémentaire ? Est-ce que c’est une chance d’avoir un acteur qui parle pour plein de sociétés ? Est-ce que ça rajoute un acteur supplémentaire ? Comment est-ce que ça s’organise par rapport aux gens qui étaient déjà présents avant ?

Florian : de leur côté, les collectivités, en effet, elles ne nous ont pas attendu pour s’organiser. En France, il y a une association qui s’appelle Open Data France, qui a pour membres uniquement des collectivités locales et qui fait de l’open data. Il y a en effet BetaGouv, il y a des programmes gouvernementaux qui sont montés pour faire de l’open data, de l’open source, les faire entrer dans l’administration. Ils sont déjà bien avancés.

Maintenant, comment est-ce qu’on a été vu, comment notre arrivée a été vue ? J’ai l’impression que les gens ne se sont pas rendus compte. C’est compliqué quand même de se rendre compte qu’il y a une fédération alors qu’il y a une fondation OpenStreetMap et il y a une association OpenStreetMap France et là maintenant il y a une fédération. C’est un peu compliqué, c’est un peu difficile comme lisibilité. Donc je pense que l’essentiel de l’intérêt de l’existence de la fédération, ce n’est pas dans le fait d’exister, c’est vraiment dans les actions qu’on mène. Donc dans la création de nos livrets, l’accompagnement de tous les acteurs dans tout ce qu’on va faire. La fédé en elle-même, au final, elle a peu d’importance pour ceux qui sont en extérieur. Tu n’as pas à lever les foules.

Conclusion

Walid : ok. Écoutez, on va arriver à la fin de l’entretien. Ça fait déjà 1h20 qu’on parle. En guise de conclusion, et avant de vous laisser un mot de la fin, j’aurais aimé vous poser quelques questions très rapides. La première, c’était qu’est-ce que vous diriez à une entreprise, une collectivité qui ne connaît pas encore la fédération des pros d’OpenStreetMap ?

Marina : peut-être que vous commencez à vous intéresser à OpenStreetMap, mais que vous ne savez pas trop comment vous y prendre ou si c’est pertinent par rapport à vos projets. Dans ce cas, la fédération des pros d’OpenStreetMap peut vous aider à clarifier déjà votre projet et vous mettre en contact avec des personnes dont c’est le métier. Puis, si vous connaissez un peu mieux vos besoins et vos envies, vous trouverez au sein de la Fédé toute la diversité de compétences qui permet de faire vivre un projet autour d’OpenStreetMap de A à Z.

Walid : Florian, tu vas ajouter quelque chose ?

Florian : moi, j’ai un message complémentaire pour ces contributeurs d’OpenStreetMap qui souhaitent monter une entreprise liée à OpenStreetMap et qui ne savent pas par où commencer : venez nous parler. On est passé par là et on a des idées et des billes pour vous accompagner, pour structurer votre projet d’entreprenariat et vous aider à monter cette boîte.

Walid : bon, t’as répondu à ma deuxième question qui était, qu’est-ce que vous diriez à des contributeurs OSM, qui ne connaissent pas, pour présenter la fédération. Tu as à peu près répondu à ça ?

Florian : Ce n’est pas exactement ça, parce que c’était adressé aux personnes qui souhaitent en faire leur métier.

Walid : de manière plus générale.

Florian : et oui, c’est vrai que les contributeurs OpenStreetMap, il y en a beaucoup qui sont bénévoles et qui voient qu’il y a un travail complémentaire avec les entreprises.

Mon message pour ces personnes-là, c’est avec nos entreprises, on peut se permettre de dégager du temps et des ressources pour créer des outils et pour vous accompagner, pour vous aider dans les projets que vous menez de manière bénévole. Je ne dis pas ça en l’air, puisque moi-même, je suis bénévole et je passe mes week-ends et mes nuits à contribuer à OpenStreetMap. Et donc, le jour, quand je réponds à des besoins de mes clients, j’essaye de développer des outils qui permettent aussi à des contributeurs d’avancer et d’être plus efficaces. Donc, tout ça, c’est un petit monde qui est assez complémentaire. Donc, mon message rapide, ça serait on a des activités complémentaires, c’est bien continuant à avancer ensemble.

Walid : ma dernière question, qu’est-ce que vous diriez à des personnes ou des entreprises, enfin, des entreprises qui souhaiteraient vous rejoindre ?

Marina : au plaisir, discutons-en et surtout parlez-nous de vos compétences, de vos projets, de vos envies et surtout de vos engagements autour d’OpenStreetMap qui soient passés ou futurs. On est ouvert à la discussion, on sera ravis d’échanger avec vous.

Walid : Parfait. Alors maintenant, je vous laisse un mot de la fin à tous les deux. Si vous avez quelque chose, une idée, une envie, quelque chose à faire passer comme message avant de se quitter, je vous laisse la parole. Marina, est-ce que tu veux commencer pour un mot de la fin ?

Marina : alors moi,

Je voulais citer ma phrase préférée qui vient de notre guide OpenStreetMap et Territoire, qui est issue d’un témoignage et qui dit « Avec OpenStreetMap, on ne part pas de zéro ». Et en fait, à toutes les collectivités et entreprises, j’ai envie de dire « faites d’OpenStreetMap, déjà ». Vous serez surpris et surprise de la richesse de ce commun. Même si vous pensez voir à peu près ce que c’est, je vous assure que vous serez surpris des potentiels juste énormissimes d’OpenStreetMap et vous serez surpris de tout le travail qui a déjà été fait grâce à plus de 20 ans de contribution. Donc déjà, faites d’OpenStreetMap, ensuite faites-le correctement en respectant ce travail déjà fait, la communauté, les règles, la licence. Faites-le en coopérant avec les contributeurs et avec les éditeurs de logiciels autour d’OpenStreetMap et surtout valorisez l’existant. Je vous promets que c’est absolument extraordinaire tout ce qui est déjà fait avec OpenStreetMap et tout ce qu’on peut en faire. Merci.

Marina Petkova

Walid : Florian, ton mot de la fin ?

Florian : moi, pour le mot de la fin, je pense que je parlerai d’OpenStreetMap sur deux volets. Le premier, c’est tout simplement une base de données cartographiques, donc des données, des cartes qu’on peut utiliser et qui est une solution technique qui fonctionne. Et ça, on l’a prouvé de multiples fois sur de multiples sujets, que c’est une base de données. En fait, c’est quelque chose qui fonctionne et qui fonctionne vraiment.

Et comme le disait Marina, on ne repart pas de zéro et il y a déjà des choses qui sont avancées, qui sont très très loin dans l’avancement. Je pense que le travail, les outils en fait de la communauté OpenStreetMap, il ferait vraiment il donnerait des sueurs froides à beaucoup de personnes qui travaillent dans des entreprises qui travaillent au CAC 40 et qui verraient à quel point on est avancé dans nos réflexions et dans nos travaux. C’est absolument phénoménal et c’est très souvent sous-estimé. C’est le premier volet.

Et le deuxième, la communauté OpenStreetMap, c’est plutôt la communauté, c’est comment on s’organise pour créer des choses. Et moi, j’ai l’impression qu’on est à un point, à un moment où l’open data, en fait, on est arrivé au bout du concept d’open data, de publier les données pour publier les données et puis rien en faire derrière. J’espère qu’il y a de nombreux acteurs privés ou publics, mais essentiellement publics, qui vont prendre la mesure du changement qui est nécessaire pour passer de l’open data, d’une publication pour raison légale, pour suivre la loi, à la création de communautés et de communs numériques qui seront vraiment les vecteurs d’apport de nouveaux bénéfices qui sont très souvent sous-estimés. Il y a beaucoup de décideurs qui prennent des décisions en type « bon, je vais faire ma base de données en interne et puis on va mettre une personne à temps complet pour la maintenir et puis ça va fonctionner. »

Florian Lainez

Dans une nouvelle approche, on pourrait faire ça avec OpenStreetMap. Et tu n’as pas enlevé les ressources parce que ça prend des ressources de créer, de maintenir des données dans OpenStreetMap, mais c’est des ressources qui nécessitent parfois d’animer en fait la communauté, de parler avec la communauté, bref, de co-créer plutôt que de créer chacun dans son silo. Et donc voilà, mon message, c’est un peu sortons de cette dynamique un peu plate de publication de l’open data, une dynamique beaucoup plus intéressante et enrichissante de co-création de commun qui peut au premier abord être difficile d’entrer là-dedans. Et nous, on a créé plein de canaux de communication, notamment la Fédé et des pros, pour justement inspirer, expliquer, accompagner sur toutes les problématiques techniques, légales, humaines, organisationnelles pour parvenir à faire des projets avec la communauté.

Walid : merci à tous les deux. C’était super intéressant. On va continuer certainement à parler dans les mois à venir d’OpenStreetMap puisqu’en fait je voulais parler de Panoramax, mais je me suis dit que d’abord ça serait bien de parler de la fédération des pros d’OpenStreetMap. On reparlera de tout ça dans les mois à venir. Pour les auditrices et les auditeurs du podcast, et bien comme d’habitude, partagez-le autour de vous, dans votre entourage, dans des collectivités et voilà, intéressez-vous à ce que fait la fédération des pros d’OpenStreetMap. Marina, Florian, merci, à bientôt.

Florian : merci pour cette invitation. Au revoir.

Walid : au revoir.

Production de l’épisode

  • Enregistrement à distance le 9 mars 2026
  • Trame : Walid Nouh, remerciements à Alex Bourreau
  • Montage : Walid Nouh
  • Transcription : Walid Nouh

Licence 

Ce podcast est publié sous la licence CC BY-SA 4.0 ou ultérieur

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