postmarketOS, Linux pour faire durer vos appareils pendant 10 ans
Walid: Bienvenue sur le podcast Projets Libres, le podcast de LinuxFr.org. Je suis Walid Nouh et aujourd’hui, on va parler de postmarketOS, un système d’exploitation Linux pour vos téléphones mobiles. Je suis très excité de faire cet enregistrement parce que je suis moi-même utilisateur sur un de mes téléphones de postmarketOS et que quand je suis passé au FOSDEM 2026 pour voir l’équipe, on m’a dit qu’il n’y avait pas de francophones. Mais en fait, si, il y en a deux francophones, ils sont avec moi ! C’est Antoine Martin et Ranny Bergamotte qui sont tous les deux des contributeurs de confiance de postmarketOS. Alors Ranny et Antoine, bienvenue sur le podcast. J’espère que vous allez bien.
Antoine: Bien, merci bien Walid de nous avoir invités à participer dans votre podcast. Oui, tout à fait. Mon nom c’est Antoine Martin. Je suis contributeur de confiance, je pense, depuis décembre [2025]. Je suis il et le pronom et lui. Donc, vraiment ravi d’être ici.
Walid: OK, super. Et Ranny, bienvenue à toi aussi.
Ranny: Merci. Oui, je suis Ranny. Je suis contributeur de confiance depuis un an maintenant. À peu près deux ans que je suis dans le projet et je m’occupe principalement de choses autour du marketing et d’art.
Présentation des invités
Walid: Top. On va commencer par vous présenter un peu plus en détail. Donc, je vais vous laisser la parole pour nous dire qui vous êtes. Et puis, quand est-ce que vous avez commencé à découvrir le logiciel libre ? Ranny, je te laisse la parole si tu veux bien commencer.
Ranny: Oui, donc, comme j’avais dit, je fais principalement du marketing et de l’art. Donc, je suis un des contributeurs les moins techniques : le codage, je n’y connais rien du tout. Mais il y a plein de choses à faire quand on est dans postmarketOS. Donc, en ce moment, je gère le répertoire pour le marketing. On a un répertoire pour les œuvres d’art. Donc, par exemple, les stickers, j’en ai fait pas mal. On a eu des trams pour les conférences. Donc, ces petites choses-là, il y a plein de petites choses comme ça qu’il faut faire. Donc, je m’occupe de ça. Et puis, c’était quoi l’autre question ? J’ai oublié.
Walid: Que tu dises qui tu es et puis comment tu as découvert le logiciel libre.
Ranny: Donc, pour découvrir le logiciel libre, j’avais peut-être 14 ans, quelque chose comme ça. Et on m’avait donné un vieil ordinateur qui datait de, je ne sais plus, au moins 10 ans. Et ça marchait avec Windows 7. C’était beaucoup trop long. Et donc, j’ai mis Xubuntu. C’est là où j’ai commencé à utiliser Linux. Et puis, une fois que j’ai utilisé Linux, j’ai tellement aimé que… Ensuite, quand j’ai un autre ordinateur, j’étais retourné sur Windows pour quelque temps. Mais après, il y avait Windows 11. Et ça m’a tellement agacé que j’ai décidé de retourner à Linux.
Et puis, depuis, puisque je ne contribue pas financièrement à mes projets, je me suis mis à contribuer avec mon temps : puisque je suis étudiant, j’avais du temps. Donc je me suis mis à contribuer aux projets de logiciels libres. Et un jour je voulais essayer d’utiliser Linux sur les téléphones mobiles, donc j’ai acheté un PinePhone Pro. Et j’ai mis postmarketOS dessus.
D’ailleurs, c’est un peu une histoire marrante. Le PinePhone Pro, son modem, en fait, je l’ai cassé. Et pendant trois mois, j’ai essayé de le refaire marcher. J’ai ouvert le téléphone, etc. Et à la fin, j’ai pu réussir à le réparer. Par contre, le modem ne marche toujours pas, parce que les réseaux d’Internet ici, en Amérique, ne supportent pas le téléphone… Et donc, je ne l’utilise toujours pas. Mais je me suis retrouvé avec postmarketOS, donc voilà, ça, c’est mon histoire.
Walid: Excellent. Et toi, Antoine ?
Antoine: Oui, en fait, mon histoire de début ressemble beaucoup à celle de Ranny, dans la mesure que j’étais jeune, 14-15 ans, avec beaucoup de temps, puis surtout une frustration profonde avec Windows, qui m’a entraîné à installer Linux pour une première fois. En fait, ça a pris trois tentatives à l’époque, mais la troisième, j’étais vendu. Puis, depuis les années, j’ai continué d’utiliser évidemment Linux.
La question s’est posée pour moi de comment est-ce qu’on pourrait libérer le mobile ? Et moi aussi, mon background, mes expériences ne sont pas très techniques. J’en ai pas étudié en informatique. J’ai vraiment appris, comme on dit au Québec, sur le tas. En fait, j’ai commencé avec Alpine Linux en matière de contribution au le logiciel libre. J’ai beaucoup appris à travers l’administration système.
Et donc, naturellement, je suis devenu mainteneur de paquets. Et éventuellement, je voulais donner mon temps à postmarketOS. Surtout pour on a tout un chantier de gouvernance en ce moment, et j’ai une certaine expertise en la matière. Malgré mes études en sociologie, j’ai eu beaucoup de temps à apprendre comment fonder des organismes, surtout des organismes communautaires. Et donc, je me suis dit, je pourrais contribuer. Et donc, en ce moment, je travaille beaucoup sur la gouvernance, sur la création de l’entité légale de postmarketOS. On en parlera d’avantages tantôt, mais aussi réfléchir à comment nous pouvons rendre nos espaces accessibles pour des personnes de divers profils. Donc, voilà.
Qu’est-ce que postmarketOS ?
Walid: Très intéressant, ces présentations. La première chose qu’on peut faire, c’est commencer par expliquer, pour les gens qui ne connaissent pas, qui n’auraient pas écouté les épisodes précédents, comment est-ce que vous définiriez postmarketOS ? Antoine, est-ce que tu veux commencer ?
Antoine: Je pourrais y aller, tout à fait. A priori, on l’a déjà mentionné, c’est un système d’exploitation basé sur Linux qui vise à s’installer sur des smartphones, des téléphones intelligents, et c’est open source, du logiciel libre, basé sur Linux. En ce moment, le public cible, étant un projet relativement nouveau, en 2017 c’est nouveau, c’est vraiment des développeurs, des hackers, des hobbyistes, des amateurs, amatrices, des personnes qui donc nécessairement vont être plus habiles avec la technologie.
Mais évidemment, dans nos horizons, on veut s’adresser au grand public dans le but que nos téléphones soient vraiment les nôtres. Donc, la mission, c’est vraiment de développer des logiques libres visant le mobile, visant à prolonger la durée de vie des appareils électroniques grand public, et surtout en donnant aux utilisateurs les moyens de contrôler pleinement leurs appareils.
Donc, comme ça s’articule donc sous deux points, le développement durable, on s’entend, les téléphones ne sont pas faits pour durer longtemps, et donc nous, on veut vraiment soutenir des téléphones pour plusieurs années, nous visons 10 ans. Et le deuxième aspect, c’est vraiment l’aspect de souveraineté numérique. Nous pensons que les ordinateurs devraient agir dans l’intérêt de leur personne utilisatrice, donc ne pas contribuer au cauchemar qu’elle représente la publicité ciblée en matière de confidentialité. Et donc, nécessairement, on a une vision émancipatrice des grands GAFAM, les grandes entreprises de technologie qui, on le voit bien aujourd’hui, nous causent bien des problèmes. Donc, ça, je dirais que ce sont les aspects les plus importants.
Walid: En quoi postmarketOS serait différent des autres distributions Linux qu’on va trouver actuellement pour ces téléphones ? Qu’est-ce qui fait vraiment la différence de postmarketOS ?
Antoine: Donc, comment, par exemple, se distingue d’Android (qui est basé sur downstream Linux), qui serait, on s’entend, l’alternative la plus directe ? Très simplement, Android, bien que c’est du logiciel libre dans le sens grand du terme, Google fait le développement direct de ce système d’exploitation. Nous, on voit un enjeu avec ça et on le voit depuis plusieurs années que Google, de plus en plus, encadre le développement d’Android, rend difficile l’accès à son écosystème à des projets libres.
Nous avons donc un rapport critique avec Android, vu que c’est un écosystème qui se ferme de plus en plus, un peu à la Apple. Et de plus en plus, il est pratiquement impossible d’utiliser Android et iOS par extension, sans compte Google ou Apple. Au sein même de ce système d’exploitation, il y a intégration directe de publicité ciblée par des choses techniques comme Advertising ID Client, de choses qui donnent une identité directe à nos téléphones, permettant aux publicitaires de nous cibler directement. Cela cause, pour nous, un problème au niveau de la vie privée, la protection de la confidentialité.
Et donc, de plus en plus, il y a comme cette promotion d’applications qui sont propriétaires, qui collectionnent nos données également. Je pourrais en dire davantage, les problèmes avec Android que nous, on identifie. A partir de septembre 2026, il va devenir de plus en plus compliqué, en fait, impossible, d’installer des applications de tierce partie sur Android, sans passer par Google Play, sans passer par toute la structure de confirmation d’identité des personnes qui développent les applications, et donc d’être obligés finalement, malgré Android comme plateforme dite ouverte, de se conformer à la vision de Google.
Tout en, et ça, le contexte politique plus large peut être introduit, tout en étant dans un contexte politique, surtout aux États-Unis, de fascisation des entreprises GAFAM, ça, c’est les grandes Google, Apple, Amazon, etc., etc. Et donc, on se retrouve vraiment dans un contexte politique où politiquement, en tant que personne utilisatrice, on est rendu vulnérable. Et donc, nous, on s’inscrit là-dedans, en voulant développer, se démarquer d’Android, et vouloir vraiment mettre des bases non seulement techniques, mais aussi au niveau social, politique, pour que, comme on l’a mentionné tantôt, que finalement, les applications, les téléphones, les ordinateurs qu’on utilise sont à nous, et pour nous.
Puis, je pourrais aussi en dire aussi davantage sur comment on s’inscrit dans l’écosystème de Linux plus largement. Bien qu’on se démarque d’Android, un rapport critique ce genre-là de projet, nous voulons aussi s’inscrire très directement dans l’écosystème Linux pour permettre la collaboration avec d’autres distributions de Linux sur mobile. Donc, on travaille explicitement avec d’autres partenaires pour développe, le kernel Linux et d’autres interfaces telles que Phosh](https://phosh.mobi/), Plasma, Gnome, SXMO, ModemManager, ModemManager, donc tous les projets auxquels nous contribuons activement.
Le produit de ces projets-là, on en bénéficie, mais on fait du développement qu’on contribue ensuite upstream. Et aussi au niveau du développement kernel, on a une approche qui vise à contribuer directement au kernel mainline. Le terme francophone m’échappe, mais j’espère que les personnes vont être en mesure de nous suivre. Et donc, ça, ça fait qu’on ne se met pas dans notre coin à faire nos affaires tout seul. On veut s’inscrire, on s’inscrit dans un écosystème plus large qui vise des horizons similaires aux nôtres.
Walid: Je pense qu’on en reparlera peut-être après, mais effectivement, cette contribution avec l’upstream direct kernel mainline, peut-être officielle, je ne sais pas comment on dit en français, mais c’est quelque chose qui est assez différent d’autres distributions Linux. Je pense à des gens comme Ubuntu Touch ou même SailfishOS qui ont pris des branches différentes. Moi, c’est ça qui m’a attiré aussi pas mal sur postmarketOS. C’était le fait de dire que, en fait, si les gens, ils font le travail une fois d’upstream, de remonter au niveau du kernel Linux les modifications, après, en fait, ça bénéficie à tout le monde et puis le travail, il est déjà fait. Donc, voilà, c’est ça que je trouvais intéressant.
Antoine : 100%. Parce que tout à fait, il faut que nos ressources soient partagées avec d’autres projets. Ça, c’est la force du logiciel libre. C’est être en mesure de mutualiser notre temps, notre énergie, nos ressources, notre infrastructure dans une telle manière que l’on puisse tous et toutes en bénéficier. Et c’est pour ça d’ailleurs, que d’autres projets comme le nôtre utilisent plutôt les kernels comme Android. Ou plutôt les kernels qui sont développés par ou qui sont fournis par les fabricants directement. Et donc nous, nécessairement, lorsqu’on commence le port, le développement pour un téléphone intelligent, nécessairement au début on utilise des kernels qu’on appelle downstream, mais très vite, on décourage, en fait, leur utilisation. On a mis une structure de développement en place qui pousse à faire le mainline le plus que possible. Justement, pour éviter un scénario dans lequel on n’a finalement pas vraiment, la capacité à mettre à jour nos propres kernels, nos biens. En tout cas, je m’épargne un peu, mais on va en parler plus tantôt, sans doute.
L’histoire de postmarketOS
Walid : Maintenant, on pourrait commencer par revenir au tout début. Moi, ce que j’aimerais que vous nous expliquiez, parce que moi, je ne la connaissais pas, c’est l’histoire de postmarketOS. Je l’ai découvert à travers les podcasts de postmarketOS, mais ça on en parlera un peu plus tard.
Et donc, Dans le tout premier épisode de podcast, on parle de l’histoire de postmarketOS, ce qui est assez intéressant. Peut-être, Ranny, est-ce que tu veux nous expliquer, si tu sais, comment naît postmarketOS, qui travaille dessus et pourquoi la personne décide de créer postmarketOS ?
Ranny : Oui, postmarketOS a été créé en 2016 par Ollie Paranoid. Donc, ça a été créé en 2016 en privé, puis il a publié en 2017. Donc, c’est Oliver Smith et son pseudo sur internet, c’est Ollie Paranoid.
Il avait mis sur Hacker News et Reddit. Et il y a eu pas mal de gens qui ont trouvé le projet et qui se sont joints. Et donc, ça a créé un communauté. Puis, ca a créé l’équipe qui est devenue l’équipe d’aujourd’hui.
La raison pour laquelle il avait créé ça, c’était parce qu’à l’époque, Il était très frustré avec les offres de logiciels pour téléphone, comme on avait parlé un peu plus tôt. Avec Android, il y a des problèmes de souveraineté digitale et de vie privée. Et iOS n’est pas mieux non plus. Et aussi, à ce moment aussi, Il y avait quelques projets de linux sur mobile qui existaient déjà, mais le problème, c’était qu’ils ne sont que pour des téléphones spécifiques. Et donc, si tu voulais avoir un téléphone différent avec Linux, Il fallait faire une distribution complètement nouvelle. Il était très frustrée avec ça et avait essayé de faire une distribution qui marche sur plusieurs téléphones. La façon dont il a décidé de faire ça, C’est en utilisant des paquets pour les téléphones spécifiques qui permet d’avoir une distribution qui marche pour plusieurs téléphones. Et le tout est assemblé avec pmbootstrap qui est un outil qui permet de générer l’image. Et cela permet aussi de faire des développements beaucoup plus vite en utilisant les paquets d’Alpine. Et donc, oui, Il y a des gens qui ont trouvé le projet intéressant, ils sont joints, Et puis voilà.
Walid : Dès le départ, Ollie avait dans l’idée de supporter pas mal de téléphones ?
Ranny : C’est un peu la raison pour laquelle il avait créé la distribution, parce que tous les autres n’avaient pas cette fonctionnalité.
Walid : Et dès le départ, il avait dit « on va supporter les téléphones pour 10 ans » ?
Ranny : Oui, donc originalement, la question, c’était le nom de la distribution, et il s’est dit qu’on ne peut pas dire « distribution contre l’industrie principale », ce n’est pas un nom normal. Et donc, Il a pensé que le problème, c’est que les téléphones Android ont tendance à ne que recevoir des mises à jour pendant 2-3 ans ou plus. Peut-être des mises à jour de sécurité 3 ans au plus, c’est à peu près tout. Et donc, tu es constamment forcé à acheter un nouveau téléphone.
Donc, du coup, il pensait sur ça, et le nom est devenu postmarketOS : post, qui est après, market, le marché. Donc, c’est les téléphones qui sont après marché. Il a ensuite pensé : c’est quoi un téléphone qui est vraiment après marché et qu’on pourrait supporter ? Le Nokia N900, qui avait déjà 10 ans à ce point-là. Et il a dit, allons, faisons un support de 10 ans. Et donc, Il a ajouté le support pour le Nokia N900.

Walid : Au début, quand il crée postmarketOS, c’est juste un collectif. C’est-à-dire, c’est juste des gens qui viennent et qui commencent à travailler ensemble. Il n’a pas créé de structure particulière. Il n’y a pas d’association. Il n’y a rien au départ ?
Ranny : Au début, je recommande le premier épisode [du podcast] de postmarketOS, les choses s’étaient assemblées, un peu comme ça. Ils en parlent, par exemple, dans le premier [épisode du] podcast. C’était en 2020, donc ça fait trois ans après le début le projet.
Au début, ils avaient mis en place un système pour construire les paquets binaires. Il y avait un serveur qui était dans le placard et c’était une chose qu’il fallait qu’il le fasse fonctionner lui-même. Donc il y avait plein de choses comme ça.
Walid : C’était artisanal, quoi.
Ranny : Voilà, parfait, artisanal. Et donc, oui, au début, C’était vraiment comme ça. Je pense aussi, par exemple, que les deux autres contributeurs qui étaient sur le podcast ont dit, qu’ils ont commencé à travailler dessus. Bon, Ollie était la seule personne qui avait les permissions. Donc, il a dit, « voici tes permissions maintenant ». Bien sûr, maintenant, on fait un peu plus attention. Mais dans ces temps-là… Oui, Ils étaient en train de juste faire du hacking et de construire le système.
Walid : D’après le premier épisode, j’ai l’impression que les toutes premières personnes qui sont arrivées, c’est plutôt des européens ?
Ranny : Oui, Il y avait aussi Clayton qui est de l’Amérique, sur le côté ouest. Mais oui, sinon, principalement, C’est Européens. J’ai l’impression même plus que c’est beaucoup de contributeurs en Allemagne. Mais principalement en Europe et ça, c’est, je pense, parce que les projets libres sont généralement plus connus et faits en Europe qu’en Amérique.
Walid : Antoine, est-ce que tu as des choses à rajouter ?
Antoine : Dans le fond, oui. Même avant, la création d’un processus actuel de se doter d’une entité légale, je pense que ça fait depuis au moins 2-3 ans que les pratiques de gouvernance sont re-questionnées au sein de postmarketos pour que, finalement, on puisse mieux travailler ensemble et intégrer de plus en plus de personnes.
En fait, je pense que ça fait trois ans, ou deux ans que le programme de contributeurs de confiance a été créé, permettant finalement de sortir un peu du collectif initial, et intégrer des nouvelles personnes pour être en mesure d’étendre nos capacités de développement davantage.
Donc, ça, c’est quelque chose qui est quand même, je dirais, pour moi un point critique dans l’histoire de postmarketOS, parce que ce n’est pas tous les projets qui ont. Ce réflexe-là de se questionner à « Ah, mais comment est-ce qu’on peut s’étendre ? Comment est-ce qu’on peut sortir de notre collectif de fondateurs, fondatrices originales ? »
Ranny : Pour ajouter à ça, nous nous sommes agrandi, surtout ces quelques dernières années, grâce à cette structure de gouvernance et à grâce à nos efforts. Le projet est plus visible.
Je pense que, Pablo avait qui a contribué à notre équipe, avait dit « ça nous a pris plus de six ans à avoir six ou huit contributeurs sur l’équipe, mais sur les quatre dernières années, je pense, on a eu ajouté, je ne sais plus, 12 ou 14 nouveaux contributeurs ». Donc, notre projet est toujours en train d’agrandir, surtout, ces dernières années, On a pu vraiment avancer sur des projets, faire de l’automatisation et vraiment faire de nouvelles choses et de nouveaux projets dans postmarketOS.
Quels matériels font tourner postmarketOS
Walid : Oui, c’est très intéressant, cette histoire. Actuellement, pour donner une idée aux gens, vous estimez qu’il y a combien de téléphones qui sont supportés ? Et d’ailleurs, est-ce qu’il n’y a que des téléphones ou est-ce qu’il y a aussi des ordinateurs, des tablettes ? Qu’est-ce que vous en savez du nombre d’appareils supportés ?
Ranny : Oui, donc je sais qu’il y a environ une centaine de téléphones qui sont plutôt bien supportés. Il y a pas mal de téléphones qui sont downstream, donc ce sont des contributeurs individuels qui ont mis ensemble un paquet pour faire marcher, mais ils n’utilisent pas nécessairement des versions de Linux les plus récents.
Et puis, bien sûr, on supporte des matériels autres que les téléphones. Donc, postmarketOS n’est pas que les téléphones, ça c’est très important, on veut faire plus que juste les téléphones maintenant. Donc, bien sûr, il y a les téléphones vieux comme Nokia, il y a les téléphones de nos jours. Un de nos membres, Luca [Weiss], en fait partie de Fairphone. Et donc, le Fairphone 5 et 6, quand ils sont sortis, on a reçu support dans postmarketOS dès le premier jour. Donc, on a des téléphones vieux et nouveaux. On a des tablettes, donc on a différentes tablettes.
On a aussi des Chromebooks, parce que pas mal de Chromebooks fonctionnent sur ARM et non pas x86. Donc, on supporte pas mal de Chromebooks. Bien sûr, les laptops et les PC à la base de x86, on les supporte, il n’y a pas de problème là. Il y a aussi les SBC (Single board computer), donc par exemple le Raspberry Pi ou le Radxa, différentes SBC de Radxa. Il y a d’autres choses qui sont aussi supportées. Ce que j’aime beaucoup avec postmarketOS, c’est de voir toutes les différentes façons dont les matériels sont utilisés. Il y a des gens qui utilisent des téléphones pour faire du VJing ou de l’art.

Ah oui, j’avais vu aussi à un moment, Luca avait posté sur comment ils avaient attaché des lunettes intelligentes avec des écrans, attaché à un téléphone qui marchent postmarketOS. Il y a des gens qui ont mis des choses comme un cluster de kubernetes sur leur téléphone. Il y a une personne qui avait utilisé leur téléphone pour faire un serveur pour faire fonctionner leur imprimante en 3D. Il y avait pas mal de serveurs. Il y avait quelqu’un qui avait aussi un serveur de Matrix.
J’avais aussi vu un post où quelqu’un avait utilisé un montre qui faisait marcher le postmarketOS sur la montre. Et la montre était comme un collier pour une petite poupée, c’était très mignon. Et oui, il y a plein de téléphones, plein d’autres petits matériels plus exotiques comme les montres, les lunettes, etc. Et avec tous des fonctionnements différents.
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Walid : Et Antoine, par exemple, quels sont les matériels qui sont le mieux supportés ? C’est-à-dire, si par exemple, je n’ai pas de téléphone encore et que je veux essayer de postmarketOS et que je veux essayer de me trouver, par exemple, en seconde main, un téléphone. Enfin, en seconde main ou si je veux en acheter un. Mais qu’est-ce que le projet recommande comme téléphone pour avoir un bon support ?
Antoine : C’est cette question qui nous a amené à retravailler nos différentes catégories d’appareils que l’on soutient. Nous avons en fait quatre catégories qui nous permettent de communiquer les attentes que les personnes utilisatrices devraient avoir des appareils que nous soutenons. Soit downstream, testing, communauté et main.
La catégorie main est vraiment par excellence pour communiquer que cet appareil-là est le mieux soutenu. En fait, on a retravaillé la catégorie main pour évacuer tous les appareils que l’on n’est pas en mesure de dire que ça, c’est prêt pour être utilisé de façon quotidienne. Et finalement, on a zéro appareil. C’est pour ça qu’on a retravaillé cette catégorie-là. C’est pour se donner des hauts standards pour cette catégorie-là. En ce moment-là, on a zéro appareil que l’on peut dire 100 % tout est utilisable. Mais c’est de cette perspective-là, oui.
Pour répondre à ta question, en ce moment, puisque le projet est à un niveau où c’est plus pour des personnes qui développent, les personnes qui sont des hobbyistes, on n’est pas encore du là. Cela dit, moi, mon dada aussi, c’est de soutenir des appareils plus exotiques. Je suis personnellement le mainteneur pour PineNote, qui est un appareil, une tablette ayant un écran e-ink, donc de liseuse électronique. Je pense que les tablettes, les laptops, c’est des appareils qui sont très faciles à soutenir parce que, justement, il n’y a pas les composantes les plus complexes, comme les modems, qui sont très difficiles à développer pour parce qu’il y a souvent du code propriétaire qu’il faut redévelopper, finalement.
Walid : Les tablettes, ça a un autre avantage aussi, mais peut-être on en parlera plus tard, c’est que l’écran, il est plus grand. Et donc, tu as moins de problèmes avec le côté responsif des applications que tu peux avoir sur le petit téléphone. Il y a plein d’applications où, en fait, tu es obligé de mettre en 100 % parce que sinon, ça déborde de l’écran. Et quand tu mets en 100 %, c’est tout petit, tu n’arrives plus trop à voir parfois où tu cliques et tout. Alors que la tablette, certainement, c’est mieux que ses fins. C’est agréable comme format. Oui, Ranny?
Ranny : Grâce aux efforts des projets upstream, le support pour les écrans plus petits ces dernières années a beaucoup augmenté, surtout dans les projets comme GNOME et Plasma Mobile. Maintenant, on a les applications qui utilisent Kirgami. Le suivant pour GNOME, c’est GTK, les choses qui sont dessus GTK. Zut, j’ai oublié, ce que c’est (Adwaita).
Walid : Bon, ce n’est pas très grave.
Ranny : Voilà, surtout avec GNOME et Plasma Mobile, les applications pour les écrans plus petits, le support a beaucoup augmenté ces dernières années. Donc, on est très contents qu’upstream nous aide avec ça.
Antoine : Oui, puis si je peux me permettre un bémol pour la catégorie communautaire, il y a encore bien des appareils que tu peux utiliser facilement. Le soutien est bien. Mais pour nos standards, on n’était pas encore rendu là. Donc, aussi, dans la catégorie main qu’on a retravaillée, on prévoit justement qu’il y ait comme toute une équipe, que les mainteneurs ne soient pas juste une personne qui peut disparaître, ou devenir occupée, ou avoir des enfants, mais qu’il y ait une équipe entourant ces appareils-là pour qu’on puisse vraiment véritablement offrir une structure de soutien autour de cet appareil-là. Pour que finalement, les personnes qui installent ça, n’aient pas besoin de se soucier qu’une mise à jour va briser quelque chose. Ça, c’est ce qu’on veut éviter.
Walid : Mais si là, aujourd’hui, par exemple, je suis un peu geek, j’ai envie de tester, le projet postmarketOS, il recommanderait de partir sur quel téléphone ? Est-ce qu’il y a des téléphones qui sont… Vous savez que c’est globalement, même si ce n’est pas parfait, c’est bien supporté, et que si je prends ce téléphone-là, ça va fonctionner.
Ranny : Je dirais surtout de regarder un autre wiki, où il y a tous les téléphones listés, mais je sais, par exemple, le OnePlus 6 et le Pixel 3a sont des téléphones qui sont avec de plutôt bons supports. Les choses comme téléphoner avec le modem marchent. Et aussi, Fairphone, parce qu’on a le support de Luca, et aussi ces téléphones ont des très bons supports. Donc les téléphones de Fairphone plutôt marchent bien. Donc, c’est ce que je recommande, mais encore, regardez sur le wiki pour plus de détails.
Antoine : Oui, tout à fait. Dans le fond, on a tout documenté sur nos wikis et documenté de façon très en détail les fonctionnalités qui sont soutenues sur les appareils. Donc, il y a une page juste pour les appareils au niveau soutien communautaire. Et juste en regardant ça, mettons le Purism Libre 5, sur toutes les colonnes, c’est oui, c’est soutenu. Et donc, le OnePlus 6, comme tu avais mentionné, le Fairphone. Après, il y a des fonctionnalités dans lesquelles ils sont partiellement soutenus. Par exemple, ici, je regarde le Fairphone 4 au niveau des appels et de la caméra, c’est soutenu partiel, c’est-à-dire qu’on n’est pas en mesure de dire que ça va toujours fonctionner ou que la qualité va être excellente.
Walid : Pour les auditrices et les auditeurs qui voudront savoir plus typiquement sur pourquoi le OnePlus 6 et 6T, sont des appareils qui sont super bien supportés sous Linux, je vous invite à aller écouter l’épisode avec Arnaud Ferraris d’introduction de Linux sur mobile parce qu’il revient assez en détail sur ces plateformes-là et pourquoi elles sont bien supportées. Voilà, donc c’était un petit aparté.
Si on passe maintenant au fonctionnement de postmarketOS, alors là, comment ça se passe le développement ? Comment ça marche ? Qu’est-ce qu’il y a comme différentes fonctions ? Qui travaille sur quoi ? Comment est-ce que c’est organisé, le développement ?
Walid : comment ça marche ? qu’est-ce qu’il y a comme différentes fonctions ? qui travaille sur quoi ? comment est-ce que c’est organisé, le développement ?
Antoine : ça, c’est mon dada parce que j’adore réfléchir au workflow et comment on travaille ensemble. C’est ça qui fait la différence entre un projet à une personne et un projet à 100. A priori, tout le développement se fait sur notre propre GitLab, notre propre forge de code. le repo central, je dirai, pmaports, est le repo dans lequel on a toutes les définitions de paquets : les kernels, les paquets des appareils. C’est vraiment le cœur du développement.
Toutes les propositions de changement, les merge requests sont faites dans ce cadre-là. On s’organise également de façon synchrone et asynchrone au niveau des décisions. On se rencontre, il y a une rencontre aux deux semaines d’équipe où tous les membres actuellement, les contributeurs au cœur du projet, ainsi que les contributeurs de confiance, sont invités à participer durant cette rencontre aux deux semaines qui durent généralement autour d’une heure. Toutes décisions qui sont présentées dans le cadre de ces rencontres-là sont soumises à des votes de façon asynchrone sur GitLab. ceci permet, à toutes les décisions, que toute personne, qu’elle soit au Japon, aux États-Unis, donc au niveau enjeu de temps, est en mesure de participer dans la gouvernance du projet, que ce soit au niveau gouvernance technique, au niveau gouvernance plus traditionnelle, au niveau des décisions.
On a plusieurs comités de travail, mais qui sont plus ad hoc. il n’y a pas de comité de travail de façon permanente, sauf le comité finance, on pourra en discuter plus tard, au niveau de comment cela fonctionne. Selon les besoins de l’équipe, des comités sont créés. Par exemple, moi, je suis sur le comité de fondation pour aider à faire le travail, finalement, pour la fondation de l’entité légale. Le développement est organisé en attachant des mainteneurs à des paquets, des paquets qui gèrent, finalement, les appareils. Parfois, on a des équipes autour des appareils plus spécifiques. Oui, et puis j’ai ignoré quelques comités plus permanentes
Ranny : il y a l’infrastructure.
Antoine : oui, c’est ça. il y a un comité infrastructure, qui donc s’occupe nécessairement du GitLab et toute l’infrastructure plus technique du projet. La finance, j’ai déjà mentionné. On a aussi un comité qui gère les réseaux en ligne, ainsi qu’un comité qui gère la phase de test des appareils avant de sortir une nouvelle version de postmarketOS.
Finalement on a aussi un comité permanent sur le code de conduite de la communauté, donc intervenir quand il y a des conflits ou quand il y a une personne qui ne respecte pas notre code de conduite.
Walid : une question. donc, ces réunions en ligne, toutes les deux semaines, à quelle heure c’est fait ? parce que si tu as des gens qui sont aux États-Unis, si tu as des gens qui sont au Japon, si tu as des gens qui sont en Europe, quel fuseau horaire vous utilisez ?
Antoine : notre fuseau horaire de référence, c’est Europe centrale. Comme c’est un projet où la plupart des membres se retrouvent donc en Europe, c’est vraiment le fuseau horaire le plus de référence. Généralement, me semble, si je le traduis depuis mon fuseau horaire, c’est en soirée. bon, pour moi, c’est en après-midi, on s’entend, étant à Montréal. Nécessairement, ça veut dire qu’il y a des personnes qui ne peuvent pas participer, d’où pourquoi on a une composante asynchrone au niveau de comment les décisions sont prises, ainsi que comment sont communiquées ces décisions.
Ranny : et maintenant, on enregistre notre rencontre. Comme ça les gens qui ne peuvent pas y assister peuvent aussi entendre. Et puis on a bougé toutes les décisions pour qu’elles soient non synchrones sur Gitelab. Cela permet de faire les décisions sans être dans les réunions. D’ailleurs, toutes nos notes de réunion sont ensuite mises publiquement sur le Handbook. Même le public peut savoir de quoi on a parlé dans chaque réunion parce qu’on veut être à une organisation très transparente. Voilà.
Walid : et pour la communication au quotidien, vous avez un canal Matrix. qu’est-ce que vous avez pour chatter entre vous au quotidien ?
Antoine : oui, oui, je dirais. notre Matrix. On a des canaux IRC, puis Matrix. Nos canaux IRC sont davantage pour le commun des mortels qui contribuent à postmarketOS, tandis que Matrix, c’est plus pour la communication entre les contributeurs de confiance et les contributeurs plus centraux. C’est le moyen par lequel on communique principalement.
Chaque contributeur a aussi un courriel, mais ça, c’est plus utilisé pour communiquer qu’il y a une décision qui est soumise à un vote et qu’on invite tous et toutes à y participer pour qu’on ait un quorum sur cette décision-là. C’est un autre aspect aussi à mettre au clair. on a aussi toute petite décision, elle est soumise à un quorum de 25 %. donc, c’est vraiment pour souligner à quel point on a des attentes envers nous-mêmes relatifs à l’aspect démocratique de notre projet.
Les profils des membres de l’équipe
Walid : dans toute l’équipe, là, par exemple, Ranny, toi, tu as plutôt un profil sur le projet artistique. tu ne fais pas forcément du code. il y a différents types de profis. Qu’est-ce qu’on peut dire sur le profil des gens qui sont là ? Je pense qu’il y a des gens très techniques, des gens peut-être un peu moins ?
Ranny : oui, donc, il y a des gens divers, en effet. La partie artistique est vraiment plutôt petite, mais je sais que, par exemple, on a un contributeur dikasp qui ne fait que les fonds d’écran. Ce sont de très jolis fonds d’écran.
Et puis, de temps en temps, on a des contributeurs qui viennent pour mettre des stickers ou d’autres fonds d’écran. j’avais aussi travaillé avec PastelSolitude pour faire une nouvelle mascotte. En français, je ne sais pas.
Walid : oui, une mascotte, c’est ça.
Ranny : une mascotte, ok. de faire une nouvelle mascotte. Donc nous espérons pouvoir avoir une nouvelle mascotte quand le nouveau nom du projet sortira dans le futur. on ne peut pas dire grand-chose sur ça pour l’instant, mais ça va arriver. Et donc, oui, n’importe qui peut se joindre [au projet]. Je sais aussi, par exemple, côté non technique, Antoine pourrait en dire plus sur cela, mais des gens qui travaillent sur la gouvernance et la finance.
Le futur changement de nom de postmarketOS
Walid : attends, pourquoi vous voulez changer de nom ? pourquoi pas postmarketOS ? pourquoi changer ce nom-là ?
Ranny : on veut éventuellement changer notre nom parce que postmarketOS est un peu long. On trouve que le nom n’est pas très joli, et on veut dépasser l’idée qu’on est coincés sur les appareils qui sont vieux. Maintenant on fait du support pour les nouveaux appareils comme le Fairphone.
On veut éventuellement, dans le futur, peut-être travailler avec des fabricants de téléphones. et donc, on veut dépasser cette idée que postmarketOS est uniquement pour les appareils plus vieux, et on veut un nouveau nom.
Cela nous a pris un peu de temps de décider. On a trouvé un nom : malheureusement, on n’a pas encore finalisé le truc de trademark [marque déposée], mais en principe, ça devrait arriver, j’espère bientôt. On verra. ça prend du temps, ces choses-là.
Le rythme de sortie des versions
Walid : Antoine, tu voulais rajouter quelque chose ?
Antoine : oui, je pourrais aussi mentionner comment on gère les fréquences de sortie, comme c’est aussi un aspect important de notre fonctionnement et puisque notre upstream, c’est Alpine Linux.
On suit donc la sortie d’Alpine Linux. Chaque version de postmarketOS est rattachée à la dernière version stable d’Alpine. Par exemple, en ce moment, on attend toujours la sortie d’Alpine Linux version 3.24 pour ensuite commencer la phase de test de postmarketOS version 26.06, qui nous permet finalement de faire une sortie. Généralement à peu près un mois plus tard qu’Alpine Linux.
Donc, ça, ça veut dire qu’entre les sorties, il se passe six mois, et on a toujours un canal qu’on appelle Edge, qui est toujours en cours de développement. merci.
Walid : je n’ai pas posé la question au départ, mais pourquoi s’être basés sur Alpine Linux ?
Ranny : je pense qu’on l’avait fait avec Alpine Linux parce qu’Alpine Linux est un système qui est très léger. Et pour le téléphone, c’est extrêmement important parce que, surtout les vieux téléphones, quelque chose qui n’est pas léger ne marchera pas.
Antoine : oui, puis je rajouterais là-dessus que, peut-être que c’est le mainteneur de paquets en moi qui parle d’Alpine Linux, mais je trouve le gestionnaire de paquets d’Alpine Linux très élégant. Les définitions de paquets sont très accessibles. c’est mon impression. Ranny, je ne sais pas si tu peux me confirmer, mais mon impression, c’est également que, durant la confection de l’infrastructure, nécessairement une infrastructure qui doit soutenir plusieurs différents types de processeurs, soit x86, ARM, ARM32, ARM64, RISC-V, etc., etc. il y a peu de distributions qui sont en mesure d’offrir une infrastructure si dynamique, puis si accessible, comme le principe KISS, Keep It Stupid, Simple d’Arch Linux. En tout cas, pour moi, c’est une des raisons pourquoi j’ai commencé à contribuer à Alpine Linux, c’est une des raisons de pourquoi postmarketOS semblait très attrayant. Je trouve que c’est très élégant comme infrastructure de compilation et de gestion de paquets.
Les projets portés par postmarketOS
Walid : dans l’épisode général sur Linux sur mobile, à un moment, Arnaud parle de différents projets qui sont portés par postmarketOS. il parle, par exemple, de 81VoltD. avez-vous des sous-projets qui sont créés à travers postmarketOS, qui ensuite, derrière, vont profiter au reste de l’écosystème ?
Antoine : l’idée, c’est que les personnes qui contribuent à postmarketOS aient la liberté de mettre en place des projets qui peuvent être utiles à d’autres projets. 81VoltD, c’est un exemple. Un projet qu’on vient juste d’annoncer, un financement pour, c’est q6voice(d). j’ignore les détails techniques, mais ça permet à des appareils basés sur Qualcomm, je pense, de gérer des appels audio. Donc oui, lorsqu’il y a des développeurs parmi nous qui veulent faire avancer des projets, ils sont en mesure de s’organiser, d’utiliser l’infrastructure au minimum de postmarketOS, ainsi que, comme on l’a vu dans le cas de q6voice(d), de proposer un budget, de débloquer un budget qui permet le développement finalement. Et tout ça dans une perspective que ça soit utile pour d’autres projets.
Les différents repos d’applications
Walid : on reparlera tout à l’heure du financement parce que c’est très intéressant. je voulais parler du packaging des applications. On a parlé d’Alpine Linux : quand tu lances le magasin d’applications de postmarketOS, tu as plusieurs sources pour avoir tes applications. je voulais que vous en disiez deux mots, de savoir quelles sont les différentes sources qu’on a pour récupérer les paquets, que je les installe sur son téléphone ou sur sa tablette.
Antoine : oui, je dirais que la source principale, c’est le repository principal d’Alpine Linux. En fait, lorsque tu fais apk add firefox, par exemple, ils vont chercher directement sur les repositories d’Alpine Linux. Et donc, pour tout ce qu’il reste, c’est-à-dire les kernels spécifiques qu’on utilise, là, on va chercher dans nos propres repos que nous, on compile nous-mêmes. Alors, nécessairement, on n’a pas d’autres repos officiels à proposer autre que ça il y a également Flatpak qui est utilisé pour certaines applications qui ne sont pas intégrées dans Alpine Linux. Moi, personnellement, je suis le mainteneur pour le paquet Electron, qui est utilisé par plusieurs applications de desktop comme Signal ou VS Code. Je suis le mainteneur, mais c’est un paquet qui est excessivement difficile à maintenir étant… je vais blâmer Google ici, mais bref, c’est assez complexe comme programme. C’est pour ça que c’est encore dans le testing repository, donc qu’il n’est pas encore finalement soutenu pour les sorties stables. Nécessairement, ça veut dire que postmarketOS dépend aussi de paquets Flatpak pour certaines fonctionnalités end-user comme Signal, par exemple, à moins que du monde veuille tester le paquet Signal. En tout cas, je suis aussi le mainteneur pour ça. Et puis, à date, ça tient très bien, mais parfois, on ne le sait pas parce qu’on invite le monde à dire quand les choses brisent.
Walid : c’est intéressant. il y a un paquet Alpine Linux pour Signal ? C’est ça que tu dis ?
Antoine : oui. en testing, J’essaie d’améliorer l’écosystème, le support pour Electron, puis les applications dérivées d’Electron pour justement être en mesure de soutenir cela directement sur postmarketOS sans passer par Flatpak. Mais ça demande quand même beaucoup de temps parce que le cycle de développement de Electron est très, très rapide. Pour quelqu’un comme moi qui donne son temps gratuitement, je n’arrive pas toujours à suivre.
Note : il semble qu’une version Linux arm64 soit en cours chez Signal.
Walid : dans le cadre de ce processus de packaging, en m’intéressant, par exemple, à Ubuntu Touch, donc aux gens qui travaillent sur Ubuntu Touch, l’exemple de Signal, par exemple, il y a Fla de Framasoft que j’ai interviewé qui m’a pointé vers des commits où ils ont des patches typiquement pour Signal, pour rendre responsive l’interface. Ce n’est pas quelque chose que vous faites sur postmarketOS : vous allez plutôt essayer de travailler upstream directement ou de remonter les bugs pour que ça soit corrigé par l’application ?
Antoine : notre politique, c’est de vraiment s’attacher à upstream le plus possible. Donc, lorsqu’il y a l’intégration de patches qui fait des grands changements, c’est vraiment plus ad hoc, c’est vraiment plus temporaire. Il ne faut pas finalement créer une zombification dans laquelle on crée notre propre version de quelque chose. Puis ça, c’est aussi la tendance de la politique d’Alpine Linux en cette matière.
Ranny : les paquets qu’on a dans le repository, c’est principalement des choses spécifiques pour les téléphones ou certaines machines. toutes les applications, on a tendance de toujours faire upstream dans Alpine. comme ça, tout le monde peut en bénéficier.
Walid : quand on package une application pour Alpine Linux, il n’y a pas de différence entre la version mobile et la version desktop. ce sont les mêmes versions ?
Antoine : exactement, ce sont les mêmes versions. C’est pour ça qu’on encourage vraiment les projets upstream. On travaille dans le sens où les projets upstream puissent justement, de façon dynamique, être plus [tournés] vers le mobile. cela dit, il y a comme une exception, je pense, qui vaut la peine d’être mentionnée : de mémoire, c’est le Firefox Mobile Config, qui est une configuration mobile qu’on soutient pour être en mesure de rendre dynamique Firefox puisse s’adapter à des écrans plus petits. C’est une exception, cette règle-là. mais il me semble que c’est aussi un projet qui est maintenu d’une telle manière que d’autres projets peuvent l’utiliser. d’autres distributions mobiles Linux.
Les environnements de bureaux supportés
Ranny : et puis aussi, les environnements desktop sont aussi dans pmaports, je pense. A part ça, les paquets pour les machines individuelles, toutes ces options.
Walid : tout à l’heure, j’ai oublié de vous poser la question de savoir quels environnements de bureau vous supportez. parce qu’on a parlé de [KDE] Plasma Mobile, on a parlé de GNOME [Shell Mobile]. Qu’est-ce qu’il y a qui est disponible dans postmarketOS ?
Ranny : oui, donc on en a pas mal. On a Phosh, qui est à base de GNOME. il y a Plasma Mobile, qui est à base de KDE, bien sûr. il y a SXMO, qui est un environnement assez intéressant, qui est tiling.
Walid : je ne sais pas comment dire en français « tiling ».
Ranny : il y a GNOME Mobile, qui est basé sur GNOME, bien sûr. il y a d’autres comme Lomiri, XFCE. Après on a ajouté des environnements pour les écrans plus grands : donc il y a Cosmic, Sway, i3wm, Mate. on a même le support pour Plasma Bigscreen, Kodi. Donc on a plein d’environnements pour toutes les différentes fonctions. Ce que j’aime beaucoup avec postmarketOS, c’est que puisque c’est juste un paquet, on peut supporter presque n’importe quelle configuration de téléphone, avec n’importe quel environnement pour faire marcher avec.
Walid : mais il y a quand même des gens qui sont responsables du fait que ça s’intègre bien. Il y a une personne qui est en charge, par exemple, de tout ce qui est KDE Mobile, comme une personne qui est en charge de Phosh, par exemple ?
Antoine : oui.
Walid : ça fait du monde. ça fait du monde pour supporter tout ça.
Antoine : oui, tout à fait. il me semble qu’il y a même des équipes. C’est-à-dire qu’il y a un mainteneur qui a le mandat de maintenir, mettons, SXMO. Mais il y a des équipes qui se développent autour de ces interfaces-là pour être en mesure aussi coordonnées avec l’upstream pour développer, améliorer finalement le projet. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnes autour du projet, d’où la nécessité, il y a quelques années, de retravailler la gouvernance pour être en mesure de nous organiser finalement pour être en mesure d’accueillir un grand nombre de personnes.
Walid : mais tous les environnements, ils sont supportés de la même manière ? ou est-ce qu’il y a des environnements, on va dire, qui sont plus importants que d’autres ? parce que j’avais l’impression qu’il y avait plutôt KDE Mobile, Phosh et SXMO, je ne sais pas. Donc ceux-là, ce sont ceux qui sont les plus maintenus et les plus mis en avant ?
Ranny : oui, généralement, ils ont le meilleur support pour les téléphones. Surtout Phosh, par exemple, parce que c’est travaillé par Purism, je pense. Ils ont vraiment une équipe dédiée à travailler sur le logiciel. Et puis, oui, d’autres, comme Cosmic, qui est juste maintenu par Clayton. Donc, le support est moins bien, mais ça marche aussi.
Je dirais peut-être Phosh, Plasma, Plasma Bigscreen et peut-être un peu de SXMO, ce sont vraiment les environnements principaux qu’on supporte.
Le système de test d’intégration matérielle postmarketOS (hardware-ci)
Walid : je voulais que vous parliez quelques minutes du système de testing. parce qu’au FOSDEM, cette année, il y a eu une conférence dessus qui a été assez incroyable, je trouve, où justement, l’équipe expliquait le système de testing matériel qu’ils ont mis en place. je ne sais pas lequel de vous deux va en parler, Antoine, peut-être ?
Ranny : on a deux parties sur les systèmes. donc, il y a la partie équipe dont Antoine pourrait parler, puis il y a la partie, en effet, comme vous avez dit, de FOSDEM, dont je pourrais parler un peu.
Walid : vas-y, si tu veux commencer, Ranny, et puis comme ça, Antoine continuera.
Ranny : comme vous avez dit, à postmarketOS, on avait cette présentation sur le Hardware CI. C’est une chose qu’on est vraiment content d’avoir faite et qu’on est toujours en train de faire. C’est un système qui permet de tester les téléphones ou n’importe quel appareil avec le GitLab CI.

Comment ça marche ? Disons par exemple pour que chaque téléphone, on veut tester une nouvelle version de Linux dessus avec des patches qu’on a faits. Le téléphone est attaché à un harnais qu’on a créé nous-mêmes. donc, on a un harnais qui est d’ailleurs libre. Donc, si vous voulez commander votre propre harnais, toutes les instructions sont sur Git.

Ce harnais, d’abord, il donne du courant au téléphone parce qu’on ne veut pas qu’en testant le téléphone pendant plusieurs années, on utilise la batterie, parce qu’éventuellement ça va gonfler et c’est un risque d’incendie. Donc, le harnais fournit du courant au téléphone et ensuite se connecte aussi aux ports USB pour délivrer l’image à tester.
Le téléphone lui-même utilise U-Boot ou Fastboot et peut recevoir l’image, le harnais hardware, et ensuite relier un serveur. donc, ça peut être un Raspberry Pi ou n’importe quoi qui est en train de marcher avec CI-Tron. donc, CI-Tron, c’est un programme qui communique entre GitLab et le téléphone. C’est un projet qui est utilisé, par exemple, par Valve pour tester leur SteamDeck.
Ce que CI-Tron fait, c’est que ça reçoit l’image et puis ça la donne au téléphone, et ça reprend les résultats du test et ça donne le résultat au GitLab. Du côté GitLab, on peut faire fonctionner les tests automatiquement, par exemple avoir un nouveau noyau de Linux : si tu mets un nouveau noyau avec un nouveau paquet dans pmaports, ça peut automatiquement le tester. Donc, ça te compile le paquet de Linux, ça l’envoie au téléphone, le téléphone le fait fonctionner : soit ça marche, soit ça ne marche pas. S’il y a des problèmes, ça te dit qu’il y a des problèmes. si ça marche, ça marche.
Eventuellement, on veut ajouter des tests pour les choses comme les caméras. L’idée est que tu peux dire, si tu as fait des changements dans la caméra ou quelque chose qui fait marcher la caméra sur le téléphone, ça pourrait prendre la photo et puis ça t’envoie la photo qu’il a prise pour voir si ça marche ou pas. Je sais que quelqu’un avait aussi, par exemple, fait un test pour les appels. Le téléphone envoie un appel, un numéro sur l’Internet et il y a un haut-parleur qui est attaché qui ensuite envoie un enregistrement dans le téléphone et ensuite, on veut comparer si l’enregistrement est bon et voir si l’appareil peut aussi retransmettre un enregistrement et écouter pour voir la qualité du son et si le son marche. Cela permet de faire les tests sur les téléphones physiques d’une façon automatique qui ensuite permettra d’avoir beaucoup moins de bugs et de faire les choses beaucoup plus vite puisque c’est tout automatisé.
Walid : super intéressant. donc, ça veut dire que les gens qui testent, ils ne sont pas physiquement à côté des appareils. ça passe par Internet ?
Ranny : oui, ça passe par Internet. et en plus, puisqu’on peut juste envoyer le PCB, le harnais, n’importe qui peut contribuer son appareil au testing. Par exemple, si moi j’ai un appareil, moi j’ai le PinePhone, je pourrais prendre un harnais, je pourrais mettre le PinePhone. Si quelqu’un veut tester quelque chose sur GitLab, eux, ils n’ont pas de PinePhone, mais moi j’en ai, je peux tester pour eux.
Ensuite, on peut envoyer ça à quelqu’un d’autre qui a un OnePlus 6. je pense qu’on a envoyé des harnais dans quelques hackerspaces en Allemagne qui vont relier à être des téléphones. Cela permet de tester n’importe où dans le monde, avec n’importe qui, avec n’importe quel téléphone. Même si tu n’as pas le téléphone toi-même, tu peux le tester.
Walid : c’est génial parce que ça, c’est un vrai problème. j’ai écouté justement une conférence de gens de Ubuntu Touch [FOSDEM 2024 The Journey to Ubuntu Touch 20.04 on PINE64] où ils disaient que le problème, c’était que si tu n’as pas le téléphone, en fait, tu ne peux pas faire un port parce que tu n’as pas le téléphone physiquement sous la main. donc là, vous avez résolu comme ça le système. ça, c’est génial. oui. Antoine, tu voulais rajouter quelque chose ?
Antoine : pour accompagner cette infrastructure-là, et ça, parce que c’est tout nouveau, cela fait bien longtemps qu’on doit réfléchir aux pratiques de test des appareils. On a une équipe, telle que mentionnée tantôt, on a une équipe qui coordonne les tests à chaque sortie de version. Donc on se prévoit, avant chaque sortie, une semaine complète de tests où est-ce qu’on invite le comité de test à tester la nouvelle version. On a aussi, dans le GitLab, une checklist à compléter et où est-ce que les mainteneurs de ces appareils-là sont inclus. On est donc en mesure de vraiment assurer qu’au minimum, l’appareil est en mesure de s’initialiser. C’est souvent là qu’on découvre qu’on a brisé quelque chose depuis la dernière version, puis qu’on est en mesure d’ensuite mettre en place des fixes [correctifs] avant la sortie. C’est là aussi qu’on teste les interfaces de façon plus délibérée : les mainteneurs de l’interface sont en mesure de la tester, et ainsi d’autres personnes aussi.
Ranny : à chaque sortie, on a beaucoup de gens qui essaient la nouvelle version de postmarketOS et qui testent toute l’interface, etc. Chaque sortie, c’est une grosse coordination entre beaucoup de gens de tester tout ça et de s’assurer que tout fonctionne.
Walid : donc ça, ça veut dire que, lorsque vous décidez que vous faites une espèce de freeze, enfin, je ne sais pas comment ça marche, mais vous dites aux gens, vous prenez la version Edge et vous testez, ou comment ça marche ?
Antoine : oui, donc on fait a priori un freeze. donc, on forke l’état actuel de Edge et on invite les personnes à tester l’image qui ressort de ce premier, on va dire, release candidate. Ensuite, on applique la résolution de ces bugs-là au sein de Edge, qu’on backporte [reporte] sur la version qu’on est en train de tester. Cela permet d’explicitement annoncer à l’équipe qu’on ne développe plus de nouvelles fonctionnalités, on est juste en phase testing. Généralement, comme je disais tantôt, ça dure une à deux semaines, des fois un peu plus longtemps, dépendant de s’il y a des fonctionnalités vraiment brisées qu’il faut être en mesure de résoudre.
La gouvernance de postmarketOS
Walid : j’avais fait une partie sur la gouvernance de postmarketOS, mais je pense qu’on en a pas mal parlé un peu avant. je ne sais pas si vous avez des choses supplémentaires à dire qu’on n’aurait pas dites.
Antoine : je pourrais peut-être partager un peu nos horizons pour la gouvernance. On a déjà dit beaucoup sur comment on fonctionne, mais évidemment, nous, on vise des horizons dans lesquels tous et toutes les utilisateurs de postmarketOS peuvent participer dans la gouvernance du projet.
Donc, ça veut dire qu’on ne veut pas que la condition de participer au projet soit des capacités techniques. On veut être en mesure que la direction du projet soit démocratique et accessible. C’est pour ça qu’en ce moment, on est en train de se créer en tant qu’organisme à but non lucratif au sein de la Belgique. On est dans le processus d’écrire notre première version de notre charte. donc, ça, c’est du travail pour, à priori, répondre aux obligations reliées à une demande de bourse au sein de l’Union européenne, mais aussi pour être en mesure éventuellement d’ouvrir notre base de membres à des personnes du reste du monde. C’est de créer une entité légale qui est au sein de laquelle c’est l’équipe qui est membre pour éventuellement ouvrir. éventuellement, j’aimerais voir ça d’ici un à deux ans, mais on verra. et donc, ça, c’est les horizons qu’on imagine.
Donc, là, on est en train d’intégrer la pratique actuelle au sein d’une charte qui est légalement, évidemment, renforçable avec un conseil d’administration pour créer, finalement, une espèce de pouvoir partagé entre ceux et celles qui ont une capacité technique et une expérience technique pour avancer les choses et un conseil d’administration qui est redevable démocratiquement à la base. Et donc, pour éviter cet enjeu que, du moins, personnellement, j’ai constaté dans l’écosystème où est-ce que, finalement, c’est plus les personnes ayant les capacités techniques qui mènent le projet, ça, ça crée un contexte, une structure plus méritocratique, technocratique, qui n’est pas en soi problématique.
Mais si on veut que la plus grande quantité de personnes qui sont nécessairement, qui vont nécessairement être downstream ou qui vont être nécessairement affectées par les décisions de l’équipe, on veut une contrebalance démocratique. Donc, c’est là, en ce moment, la vision de gouvernance qu’on est en train d’articuler pour, ainsi, finalement, pas juste libérer nos appareils, mais libérer les personnes qui utilisent ces appareils.
Walid : une question et une remarque. Pour la remarque, pour les auditrices et auditeurs qui sont intéressés, on parle des fondations ou des associations en Belgique et le rôle particulier qu’ont les AISBL et ce genre de choses. vous pouvez écouter l’épisode sur le projet Tryton et aussi l’épisode sur la fondation Eclipse [et aussi l’épisode sur la fondation OpenRail]. Voilà, j’en dis pas beaucoup plus, mais il y a pas mal de sujets là-dedans, sur pourquoi la Belgique, pourquoi c’est spécifique, etc.
Ma question, c’est : est-ce que vous vous êtes inspirés ou est-ce que vous vous inspirez, au niveau de la gouvernance, de projets existants ?
Antoine : oui, oui. beaucoup de travail de recherche, avant de travailler sur la charte, vient de FreeCAD, de la GNOME Foundation, de KDE. on s’inspire beaucoup de ce qui se fait déjà. et aussi, c’est d’intégrer nos propres innovations en matière de gouvernance, comme le programme de contributeurs de confiance.
Walid : vous n’avez pas parlé de ce programme-là. en quoi il consiste ? Ranny, peut-être, est-ce que tu veux en dire deux mots ? qu’est-ce que c’est ce « trusted contributors » ?
Ranny : le contributeur de confiance, c’est un programme qui, si tu as travaillé assez dans postmarketOS, te permet de soumettre une demande pour faire partie de ce groupe-là. C’est documenté dans nos docs sur postmarketos.org. cela permet ensuite d’avoir un groupe de personnes qui contribuent à l’organisation, à l’administration, et qui peuvent voter sur les décisions du projet.
Eventuellement, je pense, l’idée, c’est qu’on va faire en sorte que tout le monde soit des contributeurs de confiance, et de plus avoir des contributeurs de cœur. l’idée, c’est vraiment que nous soyons tous démocratiques. et cela permet d’avoir plus de personnes en qui on a confiance, de pouvoir participer et de prendre des décisions.
La communauté de postmarketOS
Walid : l’heure tourne, on va un petit peu avancer, parce qu’il y a encore beaucoup de choses à dire. On va certainement un peu déborder, mais ce n’est pas grave. Je voudrais qu’on parle de la communauté de postmarketOS et de la manière dont vous communiquez aussi à la communauté.
D’abord, qu’est-ce que vous savez de votre communauté ? Est-ce qu’il y a des endroits dans le monde où il y a plus de gens de la communauté ?
Ranny : oui, donc je dirais, en général, j’ai l’impression qu’il y a plus de gens qui viennent de l’Europe, parce qu’il y a une culture plus large sur les logiciels libres. Il y en a un peu sur le côté ouest de l’Amérique. Sur le côté est, où j’habite, il n’y a pas grand-chose. C’est une chose que je dis souvent de moi-même, mais oui, c’est principalement en Europe qu’on a des gens de la communauté. Mais quand même, postmarketOS reste un projet international. Je sais très bien qu’on a des gens au Japon, en Chine, peut-être, je ne sais pas, en Amérique, puis en Europe, et certainement d’autres. Je pense qu’il y a quelques gens de l’Amérique du Sud que je vois de temps en temps. mais oui, n’importe qui peut se joindre à notre communauté.
Walid : est-ce que vous avez des événements dans lesquels vous pouvez vous retrouver ? Comme là, par exemple, il y avait des gens qui se sont retrouvés à Bruxelles, au FOSDEM. Est-ce que vous avez des événements un peu habituels ? Comment ça s’organise pour pouvoir justement physiquement se rencontrer entre contributeurs ?
Ranny : alors là, je peux dire, grande nouvelle : nous sommes en train en ce moment d’organiser une conférence à l’université d’Aachen, en Allemagne, du 25 au 27 septembre. C’est une conférence de postmarketOS en Allemagne, donc spécifiquement pour nous.
On invite tout le monde à nous rejoindre. Les tickets sont disponibles en ligne sur notre site. C’est la première fois qu’on fait ça à Aachen. Sinon, généralement, on se réunit tous les ans au FOSDEM.
On a toujours un hackathon qui se passe les jours suivant le FOSDEM pour se rencontrer en plus et prendre des décisions sur la direction du projet. Le FOSDEM, ça nous donne une bonne opportunité de se rencontrer, tout le monde.
Nous avons aussi pas mal de membres du projet qui vont à des conférences individuellement. Je sais que récemment, Luca et Pablo sont allés à Nice pour Embedded Recipes. Ils ont fait un talk sur le Hardware-CI. Moi-même, je serai à la DefCon à Las Vegas en août. Donc, si vous êtes à la DefCon, dites bonjour.
D’ailleurs, je vais aussi dire, si vous êtes dans la communauté de postmarketOS, même si vous n’êtes pas un membre de l’équipe, vous pouvez vous-même représenter postmarketOS en conférence. Tout ce qu’on demande, c’est d’être respectueux et de respecter le code de conduite. On peut vous envoyer des stickers pour distribuer. Et là, c’est où je dis que vraiment, postmarketOS est un projet de communauté. Donc, voilà, si vous allez en conférence, on aime toujours rencontrer les gens.
Walid : 25 au 27 septembre, ce n’est pas décembre.
Ranny : oui, septembre.
Walid : oui, sur le site, c’est écrit septembre. parce que tu as dit décembre, c’est pour ça.
Ranny : ah bon, mince.
Walid : je me suis dit, ah, ça a changé. ok.
Ranny : oui, non, le 25 au 27 septembre, oui. désolé.
Walid : super intéressant. et la question que je me posais, c’est, par exemple, Luca, il travaille chez Fairphone. Est-ce que dans la communauté, il y a d’autres gens qui travaillent chez des fabricants de téléphones ou chez des sous-traitants ? Bref, est-ce qu’il y a des gens de l’industrie qui, d’ailleurs, potentiellement ont accès à du savoir-faire, des documents qui peuvent aider, quoi ? Est-ce qu’il y a des gens de l’industrie qui sont dans la communauté de postmarketOS ?
Ranny : là, je ne sais pas trop. Je sais que, certes, Luca fait partie de l’équipe. Après ça, je ne saurais pas trop. Je sais certainement, dans certains projets upstream, il y a des gens qui font partie de l’industrie, ce qui est normal. Nous travaillons aussi avec Sendero Linux, qui est une petite entreprise numérique qui vend des téléphones. Donc, si tu veux acheter un OnePlus 6 avec postmarketOS déjà dessus, tu peux aller chez Second Wind Computers. Mais sinon, pour ce que je sache, non, pas vraiment. donc, oui, s’il y a des gens qui sont intéressés, soyez les bienvenus.
La communication du projet
Walid : vous, en tant que projet postmarketOS, comment est-ce que vous communiquez ? vous utilisez quels réseaux sociaux ? Est-ce que vous avez une newsletter ? Comment est-ce que vous vous organisez pour communiquer vis-à-vis de votre communauté ?
Ranny : donc, les choses, les annonces et les informations, nous les mettons sur Mastodon. On a un compte Mastodon avec certaines choses, par exemple, je pense qu’en ce moment, il devrait y avoir le vote pour le fond d’écran sur Mastodon.
Nous avons aussi un Lemmy, je pense, qui n’est pas très utilisé, mais ça existe. Et puis, bien sûr, Matrix, où on fait beaucoup de notre développement, notre support. Tout ça se passe à travers Matrix. et puis, chaque mois, ou non, chaque deux semaines ? je ne sais plus… chaque mois, je pense, nous avons notre blog qui parle de tout ce qui s’est passé dans le mois précédent dans postmarketOS. C’est précisément Ollie qui l’écrit avec des gens qui l’aident.
Donc, chaque mois, on a ce blog. et puis, bien sûr, on a les podcasts. On a notre propre podcast pour postmarketOS. Cet été, je veux aussi essayer de faire plus de marketing pour postmarketOS.
Donc, s’il y a d’autres gens qui sont intéressés à faire un podcast avec nous, écrivez-moi un message. si tu peux trouver mon adresse mail sur la page team. Et puis les conférences, bien sûr. donc, voilà.
Walid : une petite précision pour les gens qui ne seraient pas au courant, Lemmy, c’est une alternative à Reddit qui fait partie du Fediverse.
Antoine, est-ce que tu as des choses à rajouter ou pas sur cette partie-là de la communauté et des moyens de communication ?
Antoine : non, non. Ranny, je te laisse.
Le financement de postmarketOS
Walid : ok. alors, je voudrais qu’on passe à l’autre gros morceau. c’est le financement. Parce que vous, vous êtes bénévoles, comme je pense tout le monde dans l’équipe. Donc qui finance postmarketOS ? Antoine ?
Antoine : a priori, tout le monde dans l’équipe est bénévole. il n’y a pas de permanence ou d’employés permanents. La totalité de notre financement vient soit de dons, contributions automatiques de la communauté, soit par des subventions.
A cause de ça, finalement, on a des financements assez limités. Cela dit, la totalité de tout ça va soit dans l’infrastructure, soit dans des coûts fixes de ce genre-là, des coûts d’événements, etc., ainsi que pour subventionner des projets où des personnes sont en mesure de débloquer du temps pour être en mesure d’avancer les projets plus spécifiques.
Principalement, tout ça est géré sur une plateforme qui s’appelle Open Collective, qui est une plateforme de gestion de budget collectif, qui adhère au principe de transparence radicale. Tout est à l’air ouvert, n’importe qui qui contribue, soit par un don récurrent ou d’une fois, peut voir finalement comment l’argent est utilisé. Cela résonne beaucoup avec notre approche démocratique.
Cela dit, l’année dernière, on avait eu beaucoup plus de dons que prévus : on avait prévu un budget et puis on avait donc un surplus. La façon dont on a décidé d’utiliser ce surplus-là, c’est en créant un programme de soutien financier aux personnes qui contribuent au projet. Le terme en anglais exact, c’est le Contributor Support Program : c’était un projet pilote. On voulait voir comment ça fonctionnait pour finalement, de notre surplus, soutenir les tâches plus nécessaires pour le fonctionnement du projet, et pour assurer que ce soit toujours fait de façon démocratique, justement au sein de nos blogs par mois, on a un rapport de comment cet argent-là est utilisé, par qui.
Donc ici, on parle beaucoup de projets, justement, beaucoup de gouvernance qui a été menée par Pablo [Correa Gómez], a été faite à travers ce programme-là. Clayton [Craft], à travers le projet Duranium, qui est un projet pour permettre des mises à jour qu’on dit atomiques, c’est-à-dire que s’il y a un bris, on peut retourner une version en arrière, et Stefan [Hansson] sur le pmbootstrap, sur le développement des outils, etc., etc. Ce sont juste quelques exemples, mais c’est quelque chose qu’on a tenté de faire pour permettre de débloquer plus de temps pour les choses lorsque il y a des besoins collectifs que l’équipe identifie.
Bon, le programme a fini parce que là, tout le surplus est utilisé. Pour l’instant, on est en train de faire une réflexion sur ce qu’on a mis dans ce programme-là, ce qu’on peut changer pour, si mettons, on a des surplus pour l’année prochaine.
Walid : vous avez aussi des dons de la fondation NLnet.
Antoine : oui, tout à fait. on fait des demandes de subvention à NLnet. L’année passée, on a eu une subvention importante de NLnet. Et puis là, on a fait une demande également au sein de la Commission européenne, pour finalement qu’on puisse débloquer davantage de temps au sein de notre équipe pour avancer le projet.
Walid : pareil, j’invite les auditrices et les auditeurs, si vous ne connaissez pas NLnet, ça devient un peu dur si vous écoutez depuis longtemps le podcast, parce que je pense que je n’en parle pas à tous les épisodes, mais je vous invite à aller écouter l’épisode que j’ai fait avec Lwenn de NLnet, qui explique tout ça en détail. C’est assez passionnant. Donc des dons qui vous permettent de dégager du temps de personnes pour travailler sur le projet.
Antoine : exact.
Walid : Les financements, ils ne sont qu’européens, ou vous pouvez aussi aller chercher des financements dans d’autres pays ?
Antoine : Actuellement, les subventions que l’on est allé chercher sont davantage européennes, tout simplement parce que l’écosystème européen est beaucoup plus aligné avec soutenir des projets de logiciel libre. Malheureusement, en Amérique du Nord, on est bien en retard à cet effet. On l’a bien vu.
J’aime bien l’Europe. Je pense qu’il y a bien des choses que vous faites mieux qu’ici. Mais je vous épargne mes critiques de chez nous. Par contre, je n’ai pas les nombres au niveau des dons de particuliers. Je ne sais pas. J’imagine que ça va être davantage des personnes en Europe également, puisque le projet a tendance à être plus centré autour de chez vous. finalement.
Walid : on en a parlé en tout début, en introduction, mais est-ce qu’il y a des projets avec lesquels vous collaborez le plus ? Je pense, par exemple, dans un des épisodes précédents, Arnaud disait qu’avec Mobian, il était beaucoup en contact avec les gens de postmarketOS. Je donne aussi comme exemple, j’ai vu passer sur Mastodon en fin d’année dernière, qu’il y avait… alors, je ne sais pas si ça a été libéré, comment ça s’est passé, mais les gens de SailfishOS qui avaient dû libérer la pile USB et qu’elle a été récupérée par postmarketOS, et que dans Edge, quand tu branches ton téléphone, tu as des options supplémentaires que tu n’avais pas avant. comment est-ce que vous avez des grandes contributions avec d’autres projets ?
Ranny : puisqu’on a cette politique de vraiment travailler upstream, ça veut dire que de manière, on a tendance de vraiment collaborer avec d’autres projets. Je pense que beaucoup de nos contributeurs de postmarketOS, travaillent beaucoup upstream. Bien sûr, on travaille avec les environnements, comme Plasma Mobile. je pense que c’est Bart Ribbers, qui est dans notre équipe, mais il travaille aussi upstream. Phosh, bien sûr, GNOME Mobile. Ensuite, comme vous avez dit, il y a ces projets, des fois sur certains appareils spécifiques, par exemple, il y a une équipe pour le SoC de Snapdragon, le MS, je ne sais plus le chiffre exact, mais il y a comme ça des projets qui travaillent sur certains appareils individuels, pour les bénéfices de tous les projets à base de Linux.
Et puis ensuite, on travaille avec d’autres projets. par exemple, le Hardware-CI, c’était fait avec Martin [Roukala], qui, pour la partie de CI-Tron, on fait d’autres choses avec, par exemple, le libcamera. Il y avait une personne dans notre équipe qui travaillait un peu sur ça.
Donc, puisque postmarketOS a tellement de choses upstream, forcément, en fait, on est toujours en train de travailler avec d’autres.
postmarketOS et l’industrie
Walid : je voulais savoir si vous aviez des contacts avec l’industrie, comme là, tout à l’heure, tu disais qu’il y avait aux États-Unis un magasin ou quelqu’un qui fournissait des téléphones avec postmarketOS installé. Est-ce que vous avez des contacts avec les fabricants de téléphones ?
Ranny : oui, donc, en effet, on a ce petit programme-là avec Sendero Linux, qui est un magasin en ligne pour le OnePlus 6. Ensuite, je sais que dans le passé, on avait un programme avec Pine64, aussi Fairphone, grâce de Luca.
Sinon, je sais, de temps en temps, il y a des fabricants qui nous offrent à envoyer leurs appareils. Il y avait un nouveau appareil qui est apparu il y a peut-être six mois ou un an, je ne sais plus entièrement, mais ils nous avaient proposé d’envoyer des appareils à nos développeurs.
Voilà, c’est à peu près ce qu’on fait. on n’a pas tellement de connexions, mais on essaie de toujours accueillir. et voilà, si vous êtes intéressés, envoyez-nous un message, comme toujours.
Walid : je vous propose de passer à la conclusion. avant de vous laisser le mot de la fin, vous aviez ajouté dans la trame comment contribuer pour celles et ceux qui le désirent. très bonne question, à laquelle je n’avais pas pensé. alors, je vous laisse répondre à comment, si moi, j’ai envie de contribuer, comment est-ce que je fais pour contribuer à postmarketOS ?
Comment contribuer à postmarketOS
Ranny : oui, donc voilà, si tu veux contribuer, on a plein de différents endroits où contribuer. Donc, ça dépend un peu de ce que tu veux faire. Si tu veux faire du testing, tu peux joindre notre équipe de testing. les détails sont, je pense, sur le wiki. Sinon, vous pouvez aller sur la page de postmarketOS pour contribuer. Il y a un bouton pour contribuer. on essaie aussi, en ce moment, de permettre aux gens plus non techniques d’y contribuer. Il y a aussi, par exemple, le packaging. Donc, si vous êtes intéressés par ça, ou des choses autour du hardware, du noyaux Linux, ou des drivers, si vous êtes une personne technique, il y a plein de choses à faire.
Pour les gens moins techniques, en ce moment, je suis en train d’essayer de rendre les contributions non techniques plus faciles. En principe, bientôt, on devrait avoir une section sur notre site pour diverses tâches. Ce sera des tâches comme du marketing, de la communication, de la finance, de la gouvernance. Donc, voilà, si vous êtes une personne non technique, bientôt, on devrait avoir une section sur notre site qui permet de trouver des tâches avec une personne associée avec, qui peut vous aider à faire la tâche. On essaie aussi d’acquérir des profits divers, non seulement sur la partie technique, mais aussi du marketing, de la finance, tout. On essaie vraiment d’agrandir ce qu’on peut faire.
Walid : Antoine, est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
Antoine : oui. en fait, je pense que Ranny a tout dit, mais on invite aussi aux contributions financières. Si vous trouvez que ce qu’on fait est important, Open Collective est la place pour faire des dons récurrents ou des dons unitaires. C’est de même qu’on arrive à finalement soutenir notre infrastructure. Le projet de CI-Tron de testing qu’on met en place va être aussi financé à travers ça. Donc c’est une façon que vous pouvez contribuer si vous n’avez pas nécessairement le temps ou les expertises pour le faire. Il y a aussi donc les dons, et évidemment, aussi, essayez pour postmarketOS de l’installer sur votre téléphone ou votre appareil, de constater que ça fonctionne ou bien si ça ne fonctionne pas, de participer, de signaler finalement les bugs pour qu’on soit en mesure de trouver des… finalement de régler ces bugs-là.
Le mot de la fin
Walid : je vous laisse à tous les deux un mot de la fin. si vous voulez faire passer un message supplémentaire ou dire quelque chose aux auditrices, aux auditeurs avant qu’on se quitte. Je vous laisse la parole. Antoine, est-ce que tu veux commencer ?
Antoine : oui, je n’avais pas préparé un mot de la fin, mais je voulais te remercier Walid pour nous accueillir de même. Moi, je pourrais partager un peu mon ressenti de postmarketOS : je suis rentré en décembre, donc ça fait seulement six mois que je suis parti pour le projet. mais je suis très, très impressionné personnellement avec le projet et j’invite au soutien de toute forme : non seulement au niveau technique, on a des personnes vraiment qui ont une expertise comme je pense que vous pouvez voir à travers nos différents projets, très uniques, mais moi, je suis très impressionné par le travail de gouvernance, les réflexes qu’il y a. Une chose qu’on ne voit pas assez dans notre milieu, c’est qu’on a tendance à, en fait, traiter des problèmes sociaux par des solutions techniques. C’est un peu un biais que l’on a en étant des personnes plus techniques.
Mais je vois ici un projet qui ne fait pas juste ça, qui ne fait pas juste traiter un problème social. Ici on pourrait dire la problématique, c’est Google, puis des monopoles et tout ça, puis tout le rapport de pouvoir qui vient avec. Mais on ne traite pas juste ça comme un problème technique, mais on offre aussi des solutions sociales, à travers la manière dont on s’organise. Moi, en tout cas, je trouve ça très inspirant. Et puis s’il y a des divers profis qui veulent s’y mettre, moi, je ne suis pas informaticien, je suis sociologue. Bon, j’ai pris pause sur ma maîtrise, mais, je vais me dire sociologue, je vais oser dire ça. En tout cas, j’aimerais croire qu’on est, Ranny et moi, la preuve qu’on n’a pas besoin d’être informaticien, informaticienne de formation pour avancer un projet de ce genre. Donc c’est mon mot de motivation : libérez-vous des GAFAM, en tout cas !
Walid : Ranny, ton mot de la fin.
Ranny : oui, encore vraiment, un grand merci de nous avoir, Walid, sur le podcast. Essayez postmarketOS, si ça vous intéresse. partagez avec vos amis. Si vous voulez contribuer, envoyez-nous un message sur Matrix ou trouvez une tâche à faire. On a plein de choses à faire, techniques et non techniques, comme on a dit. Oui, c’est tout.
Il y a la phrase qu’Ollie aime toujours dire à la fin des réunions, qui est : « happy hacking » !
Walid : super. écoutez, merci beaucoup. je dois vous dire que je suis un grand enthousiaste et que j’en parle tout le temps à tout le monde. J’ai toujours mon téléphone pour le montrer à des gens, e je trouve ça vraiment passionnant. Si on y mettait certainement le temps et l’argent nécessaire, ça pourrait peut-être répondre à la question de qu’est-ce qu’on va faire le jour où Android se sera refermé ?
C’est pour ça que je trouve ça important de faire cette série, de parler à tous les gens qui font des distributions Linux pour les téléphones, pour essayer de comprendre chacun ce qu’ils font, quelles sont les différences, où est-ce qu’ils en sont, pour que les gens puissent se faire une idée de où est-ce qu’on en est, est-ce qu’on est loin, ou est-ce qu’on n’est pas loin d’avoir un téléphone de tous les jours sous Linux.
J’étais très impatient de vous parler. Merci beaucoup à tous les deux. Pour les auditrices et les auditeurs, je vous invite à essayer si vous avez un téléphone et que vous ne savez pas quoi en faire et qu’il est supporté sous postmarketOS. Vous n’avez rien à perdre à part certainement pas mal de temps à essayer de flasher, tester, etc. Jai commencé par le KDE Plasma Mobile et puis après, en discutant avec les gens au FOSDEM, il m’on dit « ah, tu devrais quand même essayer Phosh ». et effectivement, avec Phosh, j’ai pas mal trouvé mon bonheur.
Ecoutez, Ranny, Antoine, merci beaucoup. je suis vraiment ravi. j’espère avoir l’occasion de vous avoir en quelques temps sur le podcast à nouveau pour nous raconter où est-ce que vous en êtes. d’ici là, encore merci beaucoup pour vous et le temps que vous avez consacré pour venir parler de postmarketOS.
Production de l’épisode
- Enregistrement à distance le 1r juin 2026
- Trame : Walid Nouh
- Montage : Walid Nouh
- Transcription : Ranny Bergamotte (un grand merci à lui)
Utilisation d’IA
Vous pouvez consulter notre charte IA.
Production :
- Réduction du bruit dans Audacity via OpenVino et le modèle DeepNetFilter2
- Transcription : whisper-medium via mufidiwiwhi en local
- Amélioration de la transcription : gemma4-26b en local via outil interne (21k tokens en sortie)
Publication :
- Traduction en anglais des posts réseaux sociaux : en local avec Jan et Mistral-Small-3.2-24B-Instruct
- Recherche de sources autour du Radxa et d’une conférence Ubuntu Touch : Perplexity
Licence
Ce podcast est publié sous la licence CC BY-SA 4.0 ou ultérieure











